LIVRE XII
5) met des créneaux.... Ah ! si ce héros et les )) siens ))
Alamède n'a pu poursuivre. « — Eh )) bien !oii sont-ils ? quefont-ils ? )) reprend Zénaïre alarmée : mais le prince, sans lui répondre, a couvert ses yeux de ses mains.
« — Ah ! c'en est fait ! » ajoute-t-elle , (( je te comprends , tout est perdu. »
En effet le fils de Bozon a vu Monterolies et ses braves renversés du liant des murailles. Des poutres précipitées sur eux ont mis en pièces leurs échelles. Hugues et les siens n'existent plus.
11 quitte la funeste meartricre, où des images de désolation se succèdent à ses regards ; et tout à sa noble compagne, il cherche encore en sa pensée des paroles consolatrices, (c — Non, » dit-il, <( tout n'est )) point perdu. Un premier assaut a man- » que, mais un second peut réussir. La nuit » vient, c'est demain peut-être....
» — Demain ! » répète Zénaïre, ((vivrons- )) nous encore demain ! »
Ces mots ont glacé le sang d' Alamède :
jusqu'à ce moment la reine avait comprimé
ses souffrances Mais les angoisses de la
faim devenaient plus aiguës d'heure en heure; et , prête à tomber d'inanition , elle voyait s'approcher la mort.
« — La nuit vient, » a-t-elle ajouté d'une voix basse et frémissante ; « oui. la nuit,
)) l'éternelle nuit Alamède , soulève-
)) moi jusqu'à la hauteur de cette meur- » trière... et que je regarde, une fois encore )) avant de descendre au tombeau, cette » terre et cette nature à laquelle il faut » dire adieu. »
Le prince l'élève en ses bras : ce — Qu'il )) doit être pur, )) poursuit-elle , « le souffle » de l'air extérieur ! jXe peut-il, venant jus- » qu'à moi, rafraîchir un inslantmes sens!. .. )) Déjà les ombres me dérobent les vues )) lointaines; je n'aperçois aucun soldat ; je y) ne vois çà et là que des arbres.... »
Puis avec une expression déchirante:
ce— Des arbres ! Te rappelles-tu cette
)i içrêt^où , fuyant, nous nous égarâmes, » ces sapins à l'ombre desquels j'écoutais » l'aveu de ta flamme, cette nuit de féli-