ÉPILOGUE
fille. La pénitence que le prince religieux avait imposée par contrat, non à lui-même, mais à ses héritiers , fut médiocrement agréable aux congrégations apostoliques, qui trouvèrent son sacrifice fait avec trop peu ô^ahandon.L.e testament dnroi , direntelles, n'a pu changer pour lui les destins^ Dieu , pour faire droit à ses plaintes , voulait donations entre vifs.
Enfin le père repentant, convaincu par l'inutilité de ses recherches que sa fille n'existe plus , commande un service funèbre digne de sa haute naissance. La pompeuse solennité attire tous les peuples du royaume; les places, les rues, les maisons, les monumens et les palais de ia capitale sont tendus de noir. Jamais convoi plus magnifique n'avait mieux célébré la mort.
La procession funéraire traverse les mêmes carrefours où peu de jours auparavant s'évertuaient les diables et les anges, le dieu Momus et saint Christophe, les mages, le Veau d'or et Bacchus ; mais des chants joyeux cette fois n'accompagnent point le cortège. A différentes stations , selon les rè-
glemeus tracés par l'autorité compétente aux nombreux figurans du drame , les guerriers devaient pousser des gémissemens plaintifs , les artisans se tordre les bras , les vieillards se rouler sur terre, et les femmes s'arracher les cheveux (1). L'exécution quelquefois répondait mal à l'ordonnance : des éclats .de gaité inconvenans partaient du milieu même du désespoir; puis le silence solennel qu'il fallait garder par intervalles était prolongé outre mesure; enfin souvent, se rappelant trop brusquement de quoi il était question , la gent larmoyante et éperdue , paf une subite explosion de douleur mal calculée , communiquait un rire électrique à la nuiltitude assistante. Hélas ! en ce vallon de sottises , qu'il a toujours été difficile de bien remplir un rôle quelconque!... Qui sait si dans la création, notre terre , globe de fous , n'est point une charge burlesque? Le grand maître de
(1) Voyez j sur les anciens usages de nos pères , les auteurs cités dans les notes du 1. V.