ÉPILOGUE
dans ses appartemens, vaquait aux soins iraportans du royaume , quand le templier Saurin lui est annoncé. 11 a couru à sa rencontre :
c( — Où donc est-elle? » s'écrie-t-ii , ce quoi ! vous êtes de retour , et seul !
)) — L'inconnue vous est amenée. Sire , » j'ai devancé ses pas , et vous allez la voir y) paraître.
» — Est-ce la reine? est-ce ma fille?
:» — Elle n'a point levé son voile , et )) nous n'avons pu voir ses traits.
» — Mais sa voix?
)) — Nous est inconnue. Arrivés à sa mys- )) térieuse habitation , nous l'avons respec- » tueusement informée du sujet de notre )) message : elle a d'abord paru surprise , a f) dédaigné de nous répondre , puis nous a )) suivis en silence.
« — En quel lieu l'avez-vous trouvée?
)) — En un laboratoire chimique , en- )) tourée de creusets, de mortiers, de four- » neaux , de soufflets et d'herbes.
» — Se peut-il ! et qu'y faisait-elle ? )) — Si cette inconnue est la reine, sire, 3^ Edit. Tome II. ^3
» Sa Majesté travaille, à ce qu'il nous a » paru, à la transmutation des métaux : » toute aux secrets de la nature , elle s'oc- » cupe à compléter ses imparfaites concoc- » tions.
» "i— Quoi ! Zénaïre aurait quitté la » royauté pour l'alchimie, et le -sceptre » pour l'alambic !
:» — Le troc en effet est bizarre , y> répond le noble templier, « d'autant que, » sans l'aller chercher dans de sombres d is- » tilleries , savoir bien porter la couronne » est le véritable graiid œupre.
ï) — Trêve k vos réflexions déplacées , )) interrompt l'orgueilleux monarque ; a sans )) ma permission souveraine nul ne doit » penser devant moi : s'il l'ose, dw moins » qu'il se taise; mais on vient, on entre": » c'est elle. » ; r W:'
Environnée d'une troupe de templiers à jnanteaux blancs, une grande figure noire | , s'avance à pas comptés et solennels; sa dé- •marche, étrangement majestueuse^ est non moins théâtrale que celle des victimes dramatiques pQfi^^tes en cadence 'au snj^plice