‹ IpsiboéChapitre 285 sur 287 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

images désastreuses ! à la place où fut naguère la tour sont entassés des débris de poutres brûlantes, des vitrages pulvérisés , des charbons, des cendres fumantes, puis, parmi ces objets divers, des restes d'alambics et de vases , des enclumes et des marteaux, des creusets, des cornues, des cloches et des instrumens de chimie de toute forme et de tout genre.

Le roi d'Aragon et ses preux examinent attentivement les décombres encore ardens sous lesquels a péri peut-être la dame de Saint -Chrisogone. Pose'e sur un énorme fourneau , une grande chaudière a éclaté ; il leur paraît possible que cette explosion ait été la cause de l'incendie. Ipsiboé a pu être victime d'une expérience alchimique ; cependant , il ne s'offre à eux aucune dépouille mortelle ni aucun ossement humain. Rien ne prouve un trépas tragique, et rien n'indique évidemment que l'étonnante catastrophe ait été imprévue ou réglée.

Ils redescendent à la grande salle d'entrée. Au milieu de cette rotonde voûtée est une statue de la Madeleine sur une table en 3« Edit. Tome IL 25

granit noir. Raymond s'en approche, et découvre un coffre de plomb portant pour adresse ces mots : a Au souverain de Bary) celone. »

11 s'en saisit avidement , l'ouvre . et en tire deux billets : ce sont les réponses d'Alamède et de Zénaïre aux propositions du monarque. Mais quelles extraordinaires lettres!.... Ipsiboé, toujours étrange et mystérieuse, en en supprimant plusieurs phrases , en a effacé le début et rayé les dernières lignes : de manière que, semblables aux œuvres de certains poètes , aux manuscrits dramatiques revenus des bureaux de certaine censure, aux arrêts de certains critiques, et aux articles de certaines gazettes, les écrits remis à Raymond n'ont ni commencement ni fin.

Alamède à Ipsiboé.

De le

Page 1