LIVRE II
>■) sans rien entendre, et obéir sans ques- )) tionner.
» — Oui^ sur la croix ils Pont juré
y) Nul traître , ils ne l'ignorent pas, ne peut » échapper à la mort. Néanmoins...
)) — Duc, c'en est assez! Marchons dans » la voie du Seigneur, et point de crainte » puérile!.. La lice est ouverte, attaquons. y) J'élèverai mes accens jusqu'au ciel, et nul )) être ne me comprendra qui ne soit appelé » à me comprendre. Telles que les monstres » de l'Euphrate , qui jadis fuirent à ma vue , )) les puissances liberticides devront reculer )) devant moi. »
Elle dit : ce singulier mélange d'exaltation religieuse et de politique mondaine, de citations saintes et d'appels guerriers, portait au plus haut degré l'étonnement du jouvencel.
a — Que répondrai-je au grand conseil ? » a repris le chef templier. L'homme aty> tendu paraîtra-t-il?
» — Sous peu de temps, je l'a promis.
y> — Prions le ciel pour que ce prince....
» — Des prières ue suffisent point j le ciel
y) veut de plus des actions : a-t-il lieu d'être y) satisfait de notre zèle pour sa cause? )) Quoi! des princes chrétiens gouvernent, » de puissans ordres religieux étendent » leur domination sur l'Europe , et la )) secte infâme de Bruys vient se propager )) sur nos terres et s'accroît jusque sous nos »yeux!....
)) — Que pouvons -nous faire contre » elle ! .... Les factions qui divisent notre y) malheureuse Provence, nous laissent-elles y) les forces nécessaires pour combattre à la )) fois l'usurpatrice, les Toulousains, les )) antipapistes , les Bérengers , les impéy> rialistes , les républicains et les heré- » ti(pies (ij ?
» — Les invisibles sont nombreux , leurs » affiliés sont partout ; ils ont jusque dans » les rangs eniicmis des soutiens, des agens )) et des soldats. En une guerre civile , il vaut » mieux avoir vingt petites factions divi-"- )) sées à aliaquer, qu'un faisceau serré à
(i) Voyez les auteurs déjà cités.