‹ IpsiboéChapitre 41 sur 287 · LIVRE IT · texte numérisé non relu

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» Ensuite en des palais somptueux , sous » des vêtemens tissus d'or, je connus mo- » mentanément les jouissances du pouvoir » et les délices de l'amour.,.. Puis éclatè- » rent les tempêtes, et complet fut le grand » naufrage. Alamède, regarde-moi, resjarde » les objets d'alentour.... La beauté, qu'est- » elle devenue ? L'or et les palais , où » sont-ils ?.... »

Le flambeau résineux éclairait sa figure pâle et ses épaules demi-nues. Attisant la flamme mourante avec une branche de cyprès, et appuyée contre un pan de mur, auprès de sa funèbre demeure , elle eût rappelé la sibylle de Cumes , sans l'expression chrétienne de son regard et la teinte mélancolique de ses pensées. Ce n'était point la druidesse accoutumée aux sanglans sacrifices; ce n'était point la magicienne initiée à de sataniques secrets ; ce n'était point une inspirée appelée à des oeuvres saintes : c'était un composé vague de ces trois diverses puissances; un mélange inexplicable d'égarement et de raison , de force et de faiblesse; un vase mystérieux renfer-

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inatit les plantes les plus sauvages et les fruits les plus savoureux.

« — O ma bienfaitrice ! dit Alamède , » votre vie fut battue par les orages ; celle )) de votre fils adoptif aura sans doute un » sort pareil. Déjà sur lui la foudre gronde. » Sans protecteur parmi les hommes , de- » main l'orphelin d'Aiguemar sera peut- » être aussi sans asile. »

A ces mots, Ipsiboé relève son front abattu. A la sérénité triste mais bienveillante de ses traits succède un air dédaigneux et sévère : ce — Enfant timide , ré- )) pond-elle , eh ! qu'importe , parmi les M hommes, qu'un orphelin de plus soit » sans asile!... Tu prévols l'orage lointain, » et , murmurant d'avance , lu trembles ! )) Tu redoutes donc l'infortune? Ah! la )) honte seule est à craindre. Tu désires )) des protecteurs ? Tu choisis donc pour

)) lot le servage? Pauvre abandonné!

» calme-toi. Aimant à te courber, tu trou- » veras plus d'un grand de la terre disposé y) à prendre en pitié ton adolescence dé- » bile. Il est bien peu d'herbes rampantes

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