‹ IpsiboéChapitre 42 sur 287 · LIVRE II. Si · texte numérisé non relu

LIVRE II. Si

)) qui, à force de se traîner, n'arrivent à » trouver un soutien. »

L'irascible Alamède jette un regard indigné sur la dame deSaint-Glirisogone. L'orgueil révolté se peint sur son front; et peu accoutumé à se contraindre , il déploie son caractère fier, indépendant et libre, en cette réponse farouche :

« — Moi choisir pour lot le servage !.. . » Et qui m'a porté au berceau dans l«;Castel » d'Aiguemar? Ai-je sollicité l'entrée du )) manoir féodal ?... Qui m'a courbé dès » l'enfance par des ordres et des leçons » sous la dépendance d'un étranger? Ai-je, » par goût et bassement , plié sous les ca- )) priées d'un maître?.,.

» En quels lieux m'a-t-on vu ramper?

» Ai-je obéi à la volonté despotique qui » me défendait de me rendre au marais de » Saint-Chrisogone ? Moi n'être ici-bas » qu'un protégé , qu'mie plante parasite l » JamaisV^lamède ne sera l'esclave de per- )) sonne, pas même celui d'ipsiboé. Je ne » redoute point le malheur , il n'abaisse que » le lâche, il relève l'âme intrépide. Sans

» honte comme sriis effroi, je puis marcher y) le front levé ; je ne m'entom e point de » mystères , je ne cherche point les ténè- » hres , je hais les prestiges magiques ; et si )) je puis avoir des amis, je les avouerai

» hautement je ne les prendrai point

f> invisibles. »

A cette virulente sortie, Ipsiboé ne répond point. Son sourcil noir s'est froncé , et cependant un éclair de satisfaction a traversé rapidement son regard. Ressaisissant son châle blanc, que le faucon avait laissé retomber des airs sur la grille du sombre édifice, elle en tourne les plis nombreux autour de sa taille élevée; et comme tout entière à quelque invention nouvelle d'ajustement, se drapant à la manière des statues antiques, elle ne semble plus livrée qu'à l'étude du pittoresque.

Le page d'Aiguemar ne résiste point à tout ce que lui offre de plaisant le silence occupé de la dame mystérieuse. sLe rire a reparu sur ses lèvres , et son courroux s'est dissipé. D'un air demi-malin, demi-sérieux, l'orphelin se rapproclie d'elle ; puis rele-

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