LIVRE II
vant, avec une humble courtoisie , une longue bande de son voile qui , d'un côté, traînait à terre , et la rejetant sur un bras (ju'eJle levait eu ce moment : « — A peu de )) chose près, murmure-t-il à voix basse, y) telle devait être, j'en suis sûr, la grande » Isis des bords du Nil. »
Mais ni son mouvement ni sa phrase n'ont été remarqués d'Ipsiboé. Les yeux au ciel , elle s'écrie : ce ^ — Je te remercie , Dieu y) puissant .' il aura l'âme de ses pères. Ma )) flèche a rencontré le but • je connais le » son de la cloche, maintenant que je l'ai ï) frappée; de la pierre est sorti du feu; » sous la roche est cachée l'eau vive; non , )) ce n'est point un roseau creux, et l'on ïi peut s'appuyer sur lui. »
Elle s'arrête ; et contemplant avec attention le disque argenté de la lune, le firmament et ses étoiles, elle demeure ensevelie en une méditation profonde. Déjà ses mobiles pensées, à en juger par l'apparence, sont toutes à l'astrologie.
Mais ces mots , « // aura Vâme de ses pères ! » ont vivement frappé le jouvencel.
Plus d'humeur joviale et badine. D'une voix émue et craintive, il hasarde cette prière :
(( — Ma famille vous est connue. Ah ! » daignez exaucer le plus ardent de mes )) vœux; éclairez-moi sur ma naissance; » dites-moi si celle à qui je dois la vie... y)
Ipsiboé pousse un profond soupir : « — Je )) ne puis rompre encore le silence.
» — Parlez ! de grâce ! O ma bienfaitrice ! » nommez-moi celle qui me donna l'être; je » n'ai jamais , autant qu'aujourd'hui , senti » le besoin d'une mère.
» — N'en ai-je pas été une pour toi ?
» reprend Ipsiboé d'un ton de reproche. y) Ingrat! quand je te presse sur mon cœur, » peux-tu me demander une mère!...
)) — Répondez: êtes-vous la mienne?... » interrompt l'élève d'Eral ; et ses beaux yeux s'attachent sur les siens avec une expression inquiète d'espoir , de doute et de tendresse.
« — Heureuse la mère d'un tel fils!... » s'est écriée la dame attendrie. Puis d'un ton grave et solennel : « Celle qui te porta dans