‹ IpsiboéChapitre 5 sur 287 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

-L^'étoile du matin scintillait à l'orient; et l'aube printanière, étendant ses froides rosées sur les collines d'Aiguemar, annonçait la belle et tendre Aurore à ses admirateurs. L'amante de Céphale , toujours pemte couronnée de roses et environnée d'harmonies , avait oublié cette fois ses parfums , ses urnes , ses fleurs et. ses concerts d'amour; de son char rembruni tombait , au lieu de rayons d'or et de pourpre, une petite pluie imperceptible et glaciale.

« — Doux printemps ! s'écriait un che- » valier «'arrêtant sur une éminence qui » dommait un vaste marais , printemps si » cher aux troubadours ! nature au mo- » meot du réveil ! où sont vos dons et vos 3* Edit. Tome I. i

» délices?.... Ménestrels dont la lyre em- » phatique a célébré le point du jour , je » ne m'étonne plus de la froideur de vos y> hymnes; ce qui vous inspirait m'a saisi: 3) pour achever de me glacer, il ne me » manque ici que vos chants. »

En achevant ces mots, il diriee son coursier vers une chaumière voisine, et, descendu de sa monture, y cherche u abri momentané. Un jeune villageois a ouvert la porte au voyageur ; et bientôt , auprès d'un bon feu, l'inconnu réchauffe ses membres engourdis.

L'habitant de la cabane, le jeune Izoriii , examine l'étranger, dont la contenance est noble et martiale : âgé d'environ cniq lusires , le chevalier serait parfaitement beau sans l'expression fière et dédaigneuse de son visage. A peine a-t-il paru remarquer les soins attentifs de son liôle ; et lorsqu'il s'est levé pour continuer sa route , il a jeté plusieurs pièces d'or sur la table de la chaumière , avec celte orgueilleuse générosité qui pourrait être qualifiée iudifférem nient du nom d'insulte ou de bienfait.

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