‹ IpsiboéChapitre 6 sur 287 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Rejetant son manteau sur ses épaules, et prêt à remonter son destrier, il porte ses regards vers la vallée ; « — Quel est , )) dit-il , ce manoir gothique dont j'aperçois » au loin les tourelles ?

» — Sire chevalier , c'est Aiguemar.

)) — Aiguemar ! répète l'inconnu. Le su- » zerain de ce castel , le marquis Eral , » vit-il encore ?

» — Oui , répond le villageois ; mais de- » puis quelque temps bien des chagrins » l'ont accablé : les maladies , la discorde , » la tristesse, la méfiance , les haines et la » confusion, sont en résidence au manoir; )) et qui faut-il en accuser?.... Ipsiboé de » Saint-Chrisogone. «

Le piîjjadin sourit. « — Ipsiboé de Saint- » Chrisogone ! Quel nom remarquable et » bizarre ! Je n'en ai pas ouï prononcer de M plus étrange, même aux rives du lac As- » phalte (i). /psiôoe.^ Serait-ce un moine, » un pieux ermite ?

(i) Mer Morte.

» — Lu iijoine, un ermite? non celles,

)) — Serait-ce une belle ?

)) — Encore moins.

)) — Est-ce un diable , un esprit follet ?

)) — Pas davantage.

» ■ — Et Fas-tu vu ?

» — Certainement.

» — A-t-il une forme ?

» — Assez laide.

)) — Parie-t-il ?

» — • Dti matin au soir.

» — C'est donc une femme ?

» -— Sans doute.

» Sire chevalier, poursuit Izorin, on voit » facilement, d'après vos questions , que )) vous êtes étranger ici ; car qui n'a ouï pai- )> 1er en ces lieux de la fameuse Ip^iboé '

;) — Je ne suis point un étranger, je suis » Hugues de MonteroUes , liis d'un des ban- )) nerets de ces contrées; mais, absent du » manoir paternel depuis plus de dix ans , y> je commis, comme presque tous les cheï) valiers croisés , toutes les villes de la Pa- » lestine, et pas un hameau de mon pa ys. »

Les réponses d'izorin relatives à Ipsiboé

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