LIVRE IV. l6l
» vive voix. Ce papier, écrit de ma main, te )) détaillera les infortunes de ta famille , et » te montrera les destins où la Providence y> t'appelle. »
Alamède a saisi la lettre, et va en briser le cachet- mais Ipsiboé l'arrêtant, ajoute avec solennité : (C — Ce n'est point encore » le moment. Tu ne dois ouvrir ce paquet » que dans la cathédrale d'Aix, à minuit, )> et sous le tableau de la chapelle de saint
« Fernand Là, ta lecture terminée,
» brûle, à la lampe de l'autel, qui nuit et » jour est allumée, l'écrit que ma main te )) confie ; puis regarde attentivement les » objets qui t'entoureront.
)) Alamède ! continue -l -elle avec une » imposante dignité, jure-moi sur celte » croix sainte, en ces champs sacrés de la » mort, de remplir fidèlement mon ordre, )) et de ne point tromper mon attente ! »
L'orphelin a fait le serment, a — Mainj> tenant quitte ces ruines et dirige tes pas » vers Aixj on t'y désire, on t'y altend. ïi "Voici une lettre adressée au duc de Ro- » quemire, l'un des premiers chefs inui- 3^ Edit. Tome 1. i4
l63 IPSIBOE.
y>siblesi prends -la, remets -la -lui toi- )) même.... tu habiteras son palais.
)) — Et que dirai-je à ce seigneur ?
)) Avant d'entrer dans sa demeure ,
)) tu te seras rendu à la chapelle de saint )) Fernandj et mon écrit t'y aura tracé la )) conduite que tu dois tenir, le langage ), qu'il te faut prendre, les signes que tu » dois connaître.
» — Ainsi, aucune question ?...
)) IN'exigera de toi des réponses. Les
» défenseurs de la vraie foi, les soutiens de » la légitimité , les réformateurs des na- 5)tions, se sont interdit entre eux, par » leurs statuts, toutes questions indiscrè- » tes (i). Tu seras admis dans leurs rangs, » imite leur sage retenue. Nulle interroga- » tion curieuse ne te sera faite, n'en fais M de même aucune à tes frères.
» »Et de mes vœux, de ma conduite?...
y^ Tu n'auras point à rendre compte
(i) C'est encore un des premiers articles des statuts de l'ordre.