LIVRE IV
« défense, sais-tu à quels dangers tu t'ex- » poses ?
)) — Jamais je ne songe aux dangers. Je te » remercie néanmoins d'avoir rappelé à ma » mémoire... qu'auprès de toi l'on peut tout )) craindre.
» — Insolente ! je puis abattre. ..
)) — Eh bien , que tardes-tu ! Prends ta )) hache. Tu la lèves bien sur ton Dieu, » il n'est rien de sacré pour toi. Vaillant )) pourfendeur de statues ! quels trophées » de gloire t'entourent! — Complète tes » brillans triomphes en assassinant une )) femme. Ce nouvel exploit te promet un y> laurier digne de ton front. »
Izorin tremblait de tous ses membres; et le jouvencel désolé , blâmant la téméraire sortie d'Ipsiboé , cherchait alors vainement en elle la femme sage, pieuse et sublime qu'il admirait l'instant d'avant.
Mais les phrases de l'exaltée n'ont point produit l'effet que redoutait Alamède. Bruy s sourit ironiquement, et lui répond d'un ton railleur : a — Douce fille des eaux dor- )) mantes! l'on t'avait peinte à moi comme Z^Bdlt. Tome l. i5
y) folle j mais Jamais je n'eusse pensé qu'à ce )) point tu fusses en démence. ))
Puis, croisant ses bras sur son sein, en une attitude hypocrite, il ajoute d'un air austère : « — En vain tu voudrais m'irriter, » et me pousser par tes outrages à qnelque )j action coupaljle, je vivrai pur et sans re- )> proche.... Sibylle furibonde, va-t'en! et )) que le ciel te fasse paix ! ))
Il dit : la dame de Saint-Chrisogone lève ses regards vers la voûte sainte; sur ses traits s'offi^e un singulier mélange d'enthousiasme pieux, de zèle apostolique et de fureur anti-chrétienne. Ces paroles sortent de ses lèvres :
ce — Il vwra pur et sans reproche ! Et y> c'est dans cette église qu'il a profanée , )) c'est sur la croix qu'il a brisée , que le » sectaire sacrilège ose tenir un tel lan- » gage !... ))
Le front du guerrier s'obscurcit : elle allait continuer; mais l'orphelin tremble pour elle; et par ces mots ill'interrompt :
« — Songez à l'heure qui s'écoule; vous )) êtes attendue, appelée ..