LIVRE V. l
y) mence, histrion à guenilles! je sais me y> contenter de peu. D'avance , j'ai jugé tes )) accords. Apollon forain ! sois sans crainte; » je n'ignore pas que l'animal nourri de )) chardons n'a point la voix du rossignol. )i
Le sang du jouvencel bouillonne. . . et ses transports vont éclater. Izorin s'élance vers lui , s'empare de sa mandore , et sans lui laisser le temps de répondre :
(( — Sire chevalier! dit -il au banneret, )) mon jeune compagnon est souffrant; il ne » pourrait vous obéir 3 permettez que je le )} remplace. »
Le paladin y a consenti par un léger signe de tête ; et le pâtre , après un court prélude , a chanté le couplet suivant :
Gloire à Tillustre chevalier Donl l'honneur guide la vaillance !
Son front porte un double laurier :
He'ros.'... reçois ta récompense!
Amalrie, nonchalamment couché sur l'herbe, relève son front insolent, et, battant des mains , applaudit.
C'en était trop pour Alamède ... Il ne 3' E dit. Tome l. 16
lOD IPSIBOÉ.
peut contenir sa fureur aux éloges qu'lzorin semble adresser à l'mipudente vanité du spadassin goguenard ; il lui arrache sa mandore et continue sur le même air :
ÎMais honte au preux qni lâchement Raille le maîlieur, rindigencel....
Un pygmée abat le géant :
Félon ! . . . . reçois ta re'compense !
En prononçant ce dernier vers , l'orphelin lève sa mandore; et frappant d'un bras Aigoureux, il l'a brisée en mille éclats sur ïa tête nue du guerrier.
Etourdi par la violence de ce coup inattendu, le chef orgueilleux renversé roule au bord de la fontaine. Le sang jaillit de ses narines; mille clartés troublent sa vue; et Izorin, d'un pas rapide, entraîne Alamède vengé loin dn perron aventureux.
Avant qu'Amalric, revenu à lui, ait pu reprendre son épée, le jongleur et le trouiiadour , hors de la vallée périlleuse , étaient à l'abri de ses coups.