‹ IpsiboéChapitre 88 sur 287 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

c( — Seigneur! » (dit alors Izorin, toujours épris des citations, et aussi ravi de sa mémoire que l'Académie de son Dictionnaire) (C vous m'avez rappelé Jacob, lors- » qu'un jour, armé d'une échelle , il lutta » contre un mauvais ange. »

11 y avait erreur en ce fait; mais dans l'histoire de Jacob n'était-il pas question. d'un ange, d'une lutte et d'une échelle?... A l'instar des pliraseurs modernes, pourvu qu'Izorin eût les mots, il s'inquiétait assez peu des choses.

Vers la fin du jour, Alamède aperçoit au loin, à travers un groupe d'antiques chênes, les sommités aiguës du manoir de Monterolles. Sur une éminence , au milieu d'une vallée, s'élevaient majestueusement ses pignons dentelés et ses aiguilles mauresques. Ses grosses tours flanquées de massifs de pierre supportaient des espèces de j^eh éders; les fenêtres du bâtiment principal étaient garnies î>r, dedans de volets en simple toile , et au dehors étaient percées de travers, dans lea murailles, en formes

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fl'yeux , d'oreilles et de feuilles de trèfle (i), bizarres in^e'gularités et lignes courbes en iiarmonie avec les idées obliques du siècle.

Le jouvencel remarque avec surprise le peu d'habitations qu'offre la contrée. Beaucoup de tenues sont en fiicbe, et plusieurs maisons en ruine. Des rivières obstruées d'herbes inondent des prés marécageux.

De maigres troupeaux broutent çà et là sur une colline aride quelque mousse ou de la bruyère ; et le monotone bruit d'un moulin féodal trouble seul le silence de la solitude.

« — Cette vallée , aujourd'hui presque » déserte, dit Izorin, était couverte, Il y a 5) peu d'années, d'une population nom- )) breuse.... Mais le baron de Monterolles » étant en guerre avec les seigneurs de » Rians, appela à son aide les comtes de; )) Forcalquier. Ses nobles amis accouru- )) rent- et, selon la coutume antique de

(i) M leville, /^ojrt^e en France j t. U , f. \\2. •Gulll. Guiart, dans Les royaux lignages^ mss.

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