LIVRE I. g
répète Izorin avec une sorte d'indignation. (( Sire chevalier, Ipsihoé a été vue » revêtue d'un manteau écnrlate doublé de » petit-gris ; elle porte à son poing un fau- )) con ; on lui connaît une écharpe brodée )) d'armoiries ; et à son doigt brille un scea u » mystérieux enchâssé dans un anneain » d'or (r).
(i) C'étaient, en ces temps-là, des preuves d'une haute origine. La couleur écarlate ne pouvait être portée que par les phis éminens personnages. Le va ir , l'hermine et le petit-gris étaient spécialement réservés aux grands seigneurs. Le faucon était l'oiseau de la noblesse ; et le sceau gravé en un anneau n'appartenait qu'aux familles illustres. Voyezj siu" ces usages et privilèges , La Roque , Traité de la noblesse j cli. III , page 443. — Eust. Desch. Poés. mss.j fol. 1 35, col. i. — Le Laboureur, Origine des armoiries j jy^ges \3q et i47.— - Ordonnance du Roi, citée par le P. Ménestrier , De la chevalerie j pages i3i et i32. — Histoire de la pairie^ pages 267 et 268, par Le Laboureur.— La Curne de Sainte-Palaye , Mém. sur ^ancienne chevalerie j tome II , etc. Voyez aUsSsi sur le faucon, une des notes du V« livre.
» — Elle est dojic d'une illustre naisy> sance?
y> — Pour moi, j'oserais l'affirmer^ car )^ la dame de Saint-Clirisogone ue cherche y) jamais à tromper. Ses ennemis toutefois » soutiennent au contraire qu'elle était fille » d'un fauconnier j que sa mère était Bolié- » mienne ; et que peu après sa sortie du :» berceau elle gagnait son pain à la ma- )) nière de Noémi, qui, d'après les tradi- )) tions saintes, glanait aU beau milieu des » gerbes d'un suzerain de Jérusalem. »
Elevé près d'Alamède, Izorin avait assisté depuis l'enfance aux leçons données à l'orphelin par le chapelain d'Aiguemar. Ayant retenu une grande partie de tout ce qu'il avait entendu, il employait en ses discours les termes les plus recherchés , et manquait rarement l'occasion de donner à ses auditeurs un aperçu de ses vastes connaissances; mais souvent malheureux dans ses citations, il confondait à la fois les temps , les lieux et les personnes , et se montrait, dans ses jugemens, prestjue aussi ridicule et non moins absurde que certains