LIVRE V
» un assemblage plus enchanteur de grâces,
)> de beauté, de vertus? Heureux qui
)) peut la voir et l'entendre! Gloire à qui » vit et meurt pour elle !
» — Mais la famille des Bôzons? »
dit le suzerain d'une voi.'c ((ue la fureur étouffe.
« — Elle est éteinte, répond Hugues:
)) Fernand Bozon, son dernier prince, est )) mort dans un cloître ignoré.
» — Mais il eut une éj)ouse , un fils. ....
» — Qui tous deux ont cessé de vivre ; et )) d'ailleurs Fernand a renoncé, pour lui et )) ses successeurs, à l'héritage royal. En )) tous cas , qu'il ait eu des héritiers ou non, » la déchéance des Bozons est irrévocable- » ment prononcée. Je ne reconnais d'autre » puissance légitime que celle élevée par la » vaillance, consentie par la liberté, con- » sacrée par la religion , et défendue par la )) vraie gloire. »
Le baron est hors de lui-même, ses membres sont.treniblans de colère. Hugues s'aperçoit qu'il a trop librement exprimé sa pensée 3 pour conjurer l'orage qui le me-
iiace, il change de discours, et se tournant vers Alamède :
(( — Jeune page d'Eral ! lui dit-il , parlez- )) nous de votre protectrice , de votre mys- » térieuse amie , de la charmante Ipsiboé ! . . .
» — Ipsiboé!... sa protectrice!.... s'écrie» )) le châtelain étonné : son amie! est-il bien >' possible?... Il est connu d'Ipsiboé?....
» — Ipsijjoé î » s'écrie à son tour Alamède en se levant brusquement et se frappant le front j <( grand Dieu! ma mandore 7) et ses lettres! »
L'étourdi venait, seulement alors , de se rappeler que dans l'instrument brisé sur la tète d'Amalric étaient renfermés les précieux écrits de la dame de Saint-Chriso-
gone Hélas! que sont-ils devenus! La
mandore est en mille pièces siupas d'armes de la fontaine.
a — Des lettres! » reprend le baron de plus en plus surpris , « vous aviez des lettres » d'Ipsiboé?.... »
Marchant à grands pas dans la salle ; <( — J'en avais deux, dit l'orphelin. Leur » contenu pouvait être d'une grajide im-