LE PLAN DE L'AUTRE
11 faut bien le dire : Robert de Varey n'était pas le seul à guetter l'innocente proie. Son rival, Godefroi de la Mure, mé-, ditait un projet semblable. Nous le trouvons en conférence avec un homme enveloppé d'un drap blanc qu'il a appelé au moment où il commençait à prêcher au coin d'une borne.
— As-tu appris quelque chose de nouveau sur le tartare ?
— Non, illustre écuyer. Il est en retraite maintenant avec ceux de ses gens qui se disposent à changer de religion comme lui. Je pense qu'il a toute autre chose à rouler dans sa tète que des histoires de mariage et d'amourettes.
— Ne t'y fie pas. Ces mécréants sont fort habiles dans l'ait de dissimuler. Je ne serais pas surpris qu'au moment où l'on,. y songera le moins, il disparût en enlevant sa belle. Cesa sauvages se croient tout permis. 1
— Comme les civilisés. Seulement une femme ne s'enlèv€lj pas tout à fait comme une plume. Il faut des instruments.; des pièges tendus, des asiles prêts, des retraites, mille choses arrangées et concertées que ce prince n'a pas.
— Et qu'en sais-tu ? N'as-tu pas remarqué toi-même de; rapports plus fréquents entre lui et de Ville? Qui nous empêche aloi^ de supposer qu'ils s'entendent entre eux? Per ^ sonne n'ignore que Lutou a pris la ville en dégoût ; il dit qui veut l'entendre qu'il ne laissera point ses os à Lyon.
— C'est vrai. Et pourtant le danger n'est pas là. Saphi abîmé dans l'affaire de sa conversion...