IHKNK KT I-KS KI.MolKS
coups siuci'i'cs. Sondiiiri les fliitii mm?» secoiuW's dnns les lîimjx's (l(;s icoïKîs s'a^iU'iciil ;i\«'c l.i liw'pidatioti du ^lA. Elles s'étcij^iiircnl cmpcslanl 1 ali' du chœur. Alors tous levèrent les liras au ciel, ils proféraient leur d«'*sespoir. Le llieos, par ce si^ne manileste, livrait ii l'odeur du Sathan nauséabond le peuple coupable. Une nouvelle secousse ayant fait trembler les statues des saintes sur leurs socles, dans leurs niches, la plupart s'épouvanta. Chacun protestî» ([u'il avait vu les martyrs, les évangélistes s'animer, vivre et menacer, du geste, la cohue des impénitents.
On se rua dehors parce que les couronnes des lustres oscillaient furieusement au bout de leurs chaînes. Certaines s'abîmèrent avec grand bruit sur les mosaïques du pavage, blessant des catéchumènes et des vieillards maladroits pour fuir le choc. Mais dans les rues, les attelages emportés chargeaient une multitude hagarde, lamentable. Les bras serraient les cassettes précieuses, les icônes tutélaires, les bijoux et les sacs pleins de monnaies. Les femmes protégeaient leurs poitrines dans la bousculade, ou bien élevaient leurs enfants au-dessus des épaules pressées, des têtes méchantes, des poings agressifs. La brise de février poussa sur cette cohue les fumées suffocantes des incendies et les vols éblouissants d'étincelles. Alors chassée de ses maisons en flammes, de ses églises empuanties et frissonnantes, de ses rues qui s'entr'ouvraient, la populace se prit à fuir éperdument vers la porte des Blachernes. Elle donnait accès dans la
campagne nue de Saint-Mamas, par deli» le Chysokéras dont le fléau ravageait les rues riveraines. Pêle-mêle, chevaux, dromadaires, mules et chiens, familles humaines, pies apprivoisées aux mains des écolièrefe, tout ce qui respirait sur ces bords néfastes s'élança dans la campagne.
Puis le cataclvsme ébranla le quartier Sphorakion proche de l'Hippodrome et de la partie du Palais Sacré qu'on nomme Octogone. L'eflVoi gagna les serviteurs des monarques. En Daphné, les femmes du gynécée supplièrent Irène de fuir aussi.
Eutychès présent approuva ce conseil qui donnait à l'impératrice un prétexte pour ne point assister aux châtiments des conspirateurs, pour arracher son fils à ceux qu'on n'avait pu séquestrer, comme Alexis, par crainte d'émeute militaire. Incontinent Irène et Constantin gagnèrent leur château de Saint-Mamas que déjà, dressées au hasard, les tentes des fugitifs entouraient. A se sentir éprouvés ensemble par la même catastrophe, les Byzantins s'apitoyèrent sur leur souveraine, l'aimèrent, témoignèrent de leur loyalisme tumultueusement.
Staurakios profita de cette popularité bruyante, afin d'instruire rapidement le procès de la conjuration. 11 s'avéra que Pierre et Damianos avaient prétendu désigner la Sicile pour lieu d'exil h la Régente. Une lettre saisie confondit le protospathaire même avec Théodore Camulianos. Jugés, condamnés sur l'heure par les magistrats du Prétoire, ils tournèrent autour de la Spina, les épaules nues et sanglantes sous les fouets
M'A IIUNK KT f.KS KrMOlKS
Mclils (-les hrmi i(';m\, aux veux de (jiichjiics Bprctateurs iii(lifl<'i<Mits, loiiL ahriills oncorc par hi catastropliLitaliirrl le, ri hlollis, sliipidcs, le \ou<r dcs gracliiis a (Iciiii vides, i'iiisullc lin iia\ii«' conduisit 1rs i-el^elle» en Sicile dans un lieu triste et décrié.
Irène snppoiia mal l'idée de la cotijui .ilion. l'Llle s'était cru<'. pour toujours, assurée de rincitic de (Constantin, l/événcment démentait cetle confiance. JJu moins, on usait de Tcmpereur pour anéantir le pouvoir de la réf^ente. Dès qu elle connut les détails de l'aventure, elle n'épargna plus son fils. Il lavait honnie, répudiée, ofTerte en dérision à ses parasites, vouée au bannissement. Et non pas une heure, pendant le délire d'une ivresse ou d'un dépit, mais durant de longues semaines, avec opiniâtreté. D'abord elle ne put lui pardonner cette série d'offenses et de haines. L'ambition étouffa le sens de la maternité. Constantin ne lui fut que le rival pernicieux capable de la priver du commandement, de livrer l'empire h l'imprudence des soldats. Irène s'oublia jusqu'à vouloir qu'on enfermât son fils dans une salle du Palais Sacré, jusqu'à l'aller injurier là de la pire façon; et, comme il n'était pas en peine de cracher aussi des invectives, elle le fit, sous ses veux, fustiger par Phares et les cubiculairesqui, entre chaque coup, se prosternaient, implorant le pardon de leur hardiesse docile à la veuve de Léon le Khazar. Elle laissa Constantin en larmes, fou de rage et qui se mordait les poings, et qui cachait, dans les coussins de son lit^ un visage enflé par les ecchymoses.
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... clic sortit de la Grande Ef/Use jianni les prêtres...
Paye 213.
IRÈNE EN LES EUNUQUES 2l3
Personne ne pul le voir de longtemps. Seule Marie d'Arménie obtint l'autorisation de le panser . Les eunuques le disaient en proie ii la fièvre, et soumis aux prescriptions des médecins.
Cette riffueur indigna les Bvzantins. Ils donnèrent raison i\ Tarasios qui, de sa main, nourrissait l'un des conspirateurs ayant requis le privilège d'asyle dans l'église patriarcale. En vain les soldats investirent l'édillce. Uedoulant Texcommunication, ils n'osèrent arrêter le coupable qui finit par s'évader.
Quand Irène revint définitivement de Saint-Mamas, elle se rendit en grande pompe à la Sainte-Sagesse. Elle remercia le lesous de l'avoir sauvée tant de la malice de la terre que de celle de son fils. Cataphractaires, excubiteurs, candidats, scbolaires la suivirent sous leurs armures dorées, leurs casques ii chenilles écarlates, leurs étendards portant brodée l'elligie épaisse et polychrome de saint Théodore. Après le sacrifice d'actions de grâces, l'impératrice sortit de la Grande Église parmi les prêtres élevant, au bout de perches écarlates, un essaim de séraphins dorés. L'armée tout entière acclama sans hésitation. Théodore Camulianos et Pierre s'étaient auparavant aliéné les légions par la sévérité de leurs réformes disciplinaires. Les soldats saluaient leur libératrice.
Phares , Staurakios , Jean estimèrent le moment propice pour dégrader le prince de sa dignité impériale, et soustraire les destins du pavs ii ses dangereux caprices, aux avidités de ses amis. Depuis
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(jiK^lqiics mois un des ciimiqnos ciibiciilaires, Aétios, avait pris rarifr parmi les lo^othètes. C'était un homme (riiiMî lorriquc ruclo et audacieuse, prompt aux décisions cl aux actes. Optimiste, il annonça que jamais le règne de l'Ksprit n'avait eu meilleure chance de s'établir i» perpétuité sur le monde. Inutilement le vieil Kutvchi-s, branlant de la tête, tapant les dalles de sa canne vernie, ramenant sa capuce rouge sur ses rides innombrables, exposait les périls d'un coup d'état, dans un pays où s'apaisaient lentement les agitations de l'ère iconoclaste. Irène aimait Aétios pour cette énergie qu'il montrait, jeune et vigoureux, imberbe, sec, pareil à une svclte paysanne de Sicile, et comme elle, adorné d'une lourde chevelure noire, toujours pressé, nerveux, fécond en éloquences diverses. Il arpentait les galeries et les cours du Palais Sacré, tête nue, en simarre de soie noire bordée d'un large galon vert, en souliers d'argent. Les phalères dansaient sur sa poitrine au bout de leurs chaînes d'or; et leur bruit le précédait au loin. Eutychès trop vénérable, Phares trop avili par des besognes louches, Jean trop ergoteur, Staurakios trop dédaigneux des contradictions furent, un temps, effacés par cette sorte d'ange robuste aux paroles claires et franches. Irène disait de lui qu'il avait toujours l'air d'annoncer à la Panagia la descente du Paraclet, la naissance du lésons, tant il admirait d'enthousiasme ses propres discours. Ce fut ce personnage qui détermina la souveraine à réclamer des troupes la prestation du nouveau serment. Elles promettraient de ne pas
soufFrlr que Constantin régnât, tant que vivrait sa mère. Les légions de la garde amenées de Thrace à Byzance la proclamèrent aussitôt Basilissa et seule digne de l'être. Et, stylés par Bvthométrès, les moines allèrent paraphrasant les prophéties, commentant les écritures saintes où il était prédit ([u\ine femme présiderait seule aux deslins du peuphî élu.
\a\ foule admira, reçut des largesses. Puiscpie le piince ('lait caplii, les favoris en exil, nul enclin à lenler leur délivrance, la multitude jura de n'obéir {[uli cette incarnation de la force intelligente.
Certaine de la soumission générale à l'intérieur, Irène voulut châtier les Sarrasins ([ui, débarqués en Chypre, y manœuvraient. Staurakios arma la fh)tte. Eutychès envoya dans toutes les provinces des mandataires qui rayaient odiciellement des actes publics le nom de Constantin.
Mais cet acte objectif étonna les gens. Eprises de la tradition, les familles s'indignèrent dans les thèmes, et réagirent. Plusieurs archontes écrivirent à rimpératrice, la priant d'éclairer le prince sur ses devoirs, mais la blâmant de le réduire h rien. Quelques magistrats refusèrent de prêter main forte aux radiations imposées. D'autres les imitèrent en protestant. «C'est Constantin seul f[uc le Théos a établi maître sur nous... » Expédiés en toute hâte près de ces irréductibles, les messagers n'obtinrent pas d'autres réponses. Irène ne céda point. Les eunuques considéraient se dédire comme dangereux maintenant. S'ils
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reculaient, leurs îidversaires encouragés par un tel avantage provoqueraient des séditions. Les ministres dirigèrent une troisième mission (Tofliciers vers les camps des provinces.
Le l)i()n<rair(; d(; la Veille qu on n avait pas osé naguèie arrêter avec les (auteurs de la conjuration, simula du dévouement pour l'impératrice. Quand il brigua la légation auprès des légions Arméniaques, Phares crut prudent de le contenter afin de racfjuérir.
Arrivé en Bithynie, Alexis nota vite que tout le monde haïssait Irène, et qu'il ne pourrait évidemment s'acquitter de son ollice sans dillicultés. Devant ces dispositions publiques, il jeta le masque, conçut l'ambition de guider la révolte, et d'être porté au trône par la victoire des soldats. Il trahit cyniquement les eunuques.
Ayant réuni les turmarques, il leur tint ce langage : « Je viens vous annoncer la honte du nom Romain et vous proposer de vous en faire les complices. Une femme audacieuse m'a chargé de vous apporter de 1 or et des fers. » Suivirent quelques propos sur la politique des eunuques et sur leur façon criminelle d'évincer la personne de Constantin. Il acheva : « Les trésors de ce malheureux ont servi h corrompre la cour et les soldats. Voulez-vous vendre sa liberté et sa couronne?... Désormais le sceptre appartiendra nécessairement à qui voudra Tacheter ; et les soldats romains apprendront à trembler sous des mains de femme. »
Avec une certaine prudence les turmarques excusèrent Irène et les ministres; mais les soldats excités par Alexis, promirent des chaînes ii leurs chefs. ()uand on apprit la défaite de la ilotto dans les eaux de Chypre, tous accusèrent l'incapacité d'Irène, les concussions des eunuques, l'ignorance des stratèges choisis par la faveur du pahiis. Us imputèrent à Staurakios la responsahilité du désastre. Le soulèvement conseillé par les meneurs s'opéra. Cet exemple séduisit les légions de Cappadoce qui se joignirent à celles d'Arménie. Alexis prit le commandement et marcha vers les rives du Bosphore. L'armée d'Asie se mit en mouvement sous ses ordres. Les avant-coureurs annoncèrent quels pillages sans pardon puniraient la résistance. Ils incendièrent les bourgs (Idèles aux eunuques.
Dans Constantinople, les milices elles-mêmes s'agitèrent. Les vieux iconoclastes s'assemblèrent sous les feuillages roussis des jardins de septembre. Hissé sur un chameau, Serantopichos déclama des satires abominables. Car la populace de l'Hippodrome n'avait point permis qu'on le gardât longtemps au fond des Noumera. Elle avait même écharpé le bourreau qu'on avait cru, certain jour, coupable d'exécution clandestine. Le cul-de-jatte chantait à tue-tête dans les carrefours les vertus d'Alexis, la sagesse de Constantin, l'ignominie d'Irène et la malice des eunuques. Les patrouilles évitaient une rencontre qui les eut mises dans la nécessité de sévir contre le pamphlétaire, et
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dans le cas crAtre alors accostées par une foule téméraire, avi(l(; tic compter les incendies (jiii, jaillissant autour de Cliiysopolis sur la rive d'Asie, révélaient la marche triomphale des Arméniaques.
Hieii (pTil exagérât son énergie, qu'il passât en revue les gardes réunis dans les cours du Palais, sur ces terrasses qui s'étagent entre (Ihalcé l'opulente et Daphné la mystérieuse, bien qu'il réconlorlàt les ofTiciers des candidats, des scholaires et des excuhiteurs indécis, déjà, par l'esprit, sinon par les mots de leurs protestations ordinaires, Aétios dut secrètement convenir, avec Staurakios et Bythométrës, qu'il était temps de laisser Phares détruire les archives compromettantes, et Eutychès déchirer les registres des impôts. Cela donc s'accomplit dans une cave du gynécée, malgré la colère d'Irène leur disputant les lambeaux de parchemins. Fine et fébrile, osseuse un peu, les yeux foudroyants sous la broussaille de ses cheveux roussatres, elle se démenait en robe de filigrane cliquetante, retenue par une ceinture d'émaux et d'ivoires sculptés. Soudain Marie d'Arménie entra, que Théodote éperdue ne voulait plus quitter. Leur indiscrétion parut intolérable à l'impératrice. Brusque, elle s'élance sur sa bru, la saisit par ses voiles, l'attire contre sa figure insultante, lui crie dans la face que les Arméniens se soulèvent en l'honneur, sans doute, de leur compatriote traîtresse, amoureuse comme une lice en folie, bêtement... Et, à grands coups de ses bras nerveux elle chasse les deux créatures en
Elle tomba essoufflée au bout d'une longue salle...
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effroi vers la hauteur Je Daphné, jusqu'à perdre haleine.
Théodote a couru plus vite. Elle tombe essoufflée au bout d'une galerie, devant le spectacle du Bosphore.
Verte et bleuâtre, luit la mer qu'encadrent les vantaux écarlatcs repliés à Tintérieur. Plus loin que les agitations des eaux, brillent, sur la cote asiatique, les façades des palais et les feuillages des jardins. Entre les collines noires de leurs cyprès, mille incendies se développent. Des fumées tourbillonnent, s'accumulent et planent contre le ciel radieux.
— Comme les iconoclastes avancent vite, avec Tincendie!... pleure Théodote... Là, là, toute la rive de Bithynie pétille ainsi qu'une seule torche...
Marie l'Arménienne se résigna :
— Bientôt ils atteindront les jardins de Saint-Mamas ; et le palais aussi flambera.
Silencieuses, accoudées l'une auprès de l'autre, dans l'énorme baie ouverte sur l'espace, Théodote et iSIarie grelottent. Leurs grands voiles les enveloppent, se mélangent, celui de Marie bleu, sans garniture, celui de Théodote orangé avec une frange d'olives violettes. Leurs robes se confondent, 1 une de losanges en fils d'or, l'autre de lin blanc, où jouent les broderies de licornes rouges. Toutes deux étoufïVnt leurs plaintes dans les plis des étoffes qui serrent leurs épaules sanglotantes, leurs têtes penchées, leurs tailles et leurs hanches secouées de frissons. L'écho d'un gémissement,
IRENK î:t les ELNUOUES
parfois rebondit dans les voûtes comme si les bAte» des mosaïques incrustées lii-haut voulaient répondre.
Alors la jeune fille, elle, ne put contenir des plaintes :
— Oh ! nos jardins, et les pommes d'or des vergers... Mais pourquoi ? Pourquoi le feu aux églises saintes et aux délices des jardins ; pourquoi?
— Afin que le peuple de Byzance, craignant la ruine de la ville, ne résiste plus aux cohortes d'Alexis. Ah, Constantin, ta présomption s'est détournée des paroles de la Mère, et des paroles de l'Épouse! Et voilà...
Son doigt désignait 1 incendie.
— Toutes les nuits,... avoua la suivante,... je Tentends crier dans ses appartements contre Phares et les dignitaires... Il dit qu'on veut l'empoisonner... Notre très pieuse Irène va-'t-elle lui faire ouvrir les portes, enfin ?
— Je l'en supplie depuis tant de jours .. Mais il aurait rejoint les rebelles ; et c'était, plus tôt, la fin de Byzance...
Au dehors, vers la droite, Byzance étale les terrasses de ses maisons, la forêt des mâtures au port, les colonnes élevant des saints de bronze debout sur les animaux symboliques. A 1 horizon, la ville s'élargit, blanche et rousse, emplie des frondaisons de ses parcs, parée de ses coupoles assises, par quatre, par cinq, au faite des églises. Plus près, des lauriers et des orangers arrondis, des ifs taillés en forme de coq ou de dragon, maints buissons de fleurs éclatantes
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montent jusqu'au cintre de la baie ouverte sur l'espace.
— Compte la multitude de harcjues, ... pria Théodote en montrant la mei... (Compte les dromons, les chélandias, les nacelles rapides... (lomme une armée de fourmis actives, cela court et noircit le tapis des eaux!
— Sans doute,... soupiia Marie,... i(»s corporations de la cité portent: leur hommage aux victorieux! Le
rhéos donne au peuple une anie abjecte. Théodote s'épouvanta :
— Que feront de nous les Iconoclastes?... Nous vieillirons derrière les murailles d'un couvent. C'est écrit, à cette heure...
— A moins que le délire des soldats ne se rue ici ; qu'ils ne nous conlondent avec les servantes afï'olées, qu'ils ne nous outragent avant la mort.
Il y a dans la galerie des sièges de bois écarlate recouverts avec des cuirs dorés, des coffres d'ivoire aux serrures d'orfèvrerie, une large table de porphyre chargeant quatre aigles de bronze et qu'encombrent les rouleaux de papyrus, une porte épaisse est close que signale le relief d'une croix grecque.
En face de cet huis, une lampe brille sous l'icône, où le Christ lève deux doigts de sa.dextre, et tient, en la senestre, la sphère des forces universelles.
— Si l'on pouvait fuir?
— Ne viéns-tu pas de l'essayer en vain ? Pour les gens du palais, pour les Candidats, pour les scholaires, pour toute la domesticité impériale, nous sommes les otages ([u'ils livreront au victorieux contre la pro-
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iness(^ (lo places (;l dr larjfcssfs. A tontes les portes tu as heurté les ref^ards des espions, les armes des soldais, les bras étendus des cubicnlaiies.
Théodote, en sanglots, s'ad'aissa contre terre :
— La main du Théos s'alourdit sur ma jeunesse... O mon verger de Patras ; et les cheveux de mu mère !
l^'Arménienne joignait les mains :
— Pleurez, pleurez, les yeux... Sanglotez, les bouches !...
Soudain Théodote se releva. La terreur écarquillait ses pupilles :
— Ecoute la rumeur dans l'Hippodrome... La rumeur de la foule... Si cette populace entrait ici... Notre mort !
Elle se prit h geindre. L'impératrice la recueillit dans ses bras, l'apaisa :
— Petite colombe tremblante. .. Il ne faut pas craindre la mort... Pourquoi crains-tu la mort?... Pourquoi crains-tu la face du Théos?.. Aurais-tu péché ?... Parle, tu pleures, tu pleures. Tu as beaucoup péché ?
Théodote se cacha la figure dans le sein de la consolatrice :
— Vilainement...
— Il faut que tu regrettes, et que tu demandes le pardon à ceux que tu offensas... Le Théos est miséricordieux aux repentants. Accepte mon baiser de paix, petite sœur. Pleure dans mes bras, petite sœur fragile... Nous subirons ensemble La Volonté...
-— Oh! oh! ton âme impériale m'aime... Et si elle
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savait... Si elle savait!... Voilà, je suis au seuil de la mort... Et qui voudra nraccueillir parmi les hiérarchies angéliques... moi, riiifàmc, la mauvaise... moi, la honte. Je fondrai comme une cire dans les feux vengeurs de l'iladès...
— Le Théos pardonne aux enfants imprudentes, petite sœur... Si tu regrettes tes (autes, sincèrement, le Théos te phicera entre ses élus...
L'adolescente avait trop peur de l'enfer. Elle insista :
— Mon crime est grand...
— Contre qui as-tu péché ?...
— Ne me le fais pas dire...
— Oh ! Oh !... Ce que murmuraient les méchants... serait véritable... Toi ! Toi!... Tu as péché... Parle... Contre qui?... contre ([ui.*...
Marie la saisit aux poignets.
La jeune fille se cacha la face dans son voile orangé.
— Ne me le fais pas avouer, si tu te souviens d'avoir chéri une enfant...
Le soupçon mordit le cœur de l'épouse, ravagea ses entrailles :
— Contre ([ui... contre qui as-tu péché?... As-tu péché par la chair?... Non ?
Théodote dans un murmure, avoua :
— Tu Tas dit... par la chair...
Violemment ^hirie la repoussait :
— Vraiment, la iaute immonde ! Contre qui ? Théodote tomba sur les genoux :
■— ' Oh !... oh !.., tu le devines... tu le sais... toi qui