‹ IrnerChapitre 10 sur 47 · ROUSSEAU · texte numérisé non relu

ROUSSEAU

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I n'est point de douleur que le temps ne puisse adoucir : l'homme

Œui vit au milieu de la société en est

{ r91 ) bientôt distrait par ses occupations journalières; lamitié soulage ses chagrins en les partageant; la politesse s’empresse de lui faire accepter des consolations pour hâter le moment où elle n'aura plus besoin de se contraindre en sa présence. La douleur dure plus long-temps chez celui qui est séparé du monde, et qui se trouve seul avec elle à chaque instant du jour. Cependant la nécessité de satisfaire aux besoins de lanature, l'alternative de la veille et du sommeil, produisent peu à peu une diversion efficace, et le prisonnier finit par voir avec indifférence ce qui auparavant renouvelait sans cesse les chagrins de son ame.

Les égards avec lesquels les enfans de Taher-Ali étaient traités dans le

({ xaar)) château de la Lausa, avaient encore contribué à leur faire supporter leur capuvité avec plus de courage.

Kellamar, qui se rappelait souvent ce qu'il avait éprouvé aprèsla lecture de la déclaration du roi de Majorque, reconnaissait que la nécessité de vivre loin de sa terre natale ne lui eût pas été moins pénible, quand même il aurait pu.errer dans les environs de Montpellier : la campagne n'eût été pour lui qu’une prison moins étroite. Cette pensée n’affaiblissait. pas sa haine pour l’homme qui l'avait séparé de sa sœur. Il desirait ardemment de le connaître, et sentait augmenter ses forces en espérant que le temps amenerait enfin le jour d’une éclatante vengeance.

Aucune passion violente ne s’u-

(139) nissait aux motifs qui avaient at résigner Mirza à son infortune : elle ignorait que son frère füt prisonnier comme elle, et chaque jour lui donnait de nouvelles preuves que le personnage mystérieux qui paraissait le maître du château était guidé par un sentiment auquel les femmes peuvent tout pardonner. Depuis quelque temps de vagues desirs se méêlaient à la douce mélancolie qui avait affaibli en elle le sentiment de ses maux. Elle aimait à s’égarer dans ses pensées: puis, ramenée à ellemême par l'impossibilité d’en connaitre l’objet , elle versait des larmes, et se reprochait doucement de s'être abandonnée à une rêverie qui lui avait fait oublier Kellamar. Mirza

venait d'atteindre cet âge où la femme, commençant une nouvelle existence, s'étonne de trouver dans son cœur des sensations jusqu'alors inconnues. Elle cédait au besoin d’aimer; et maintenant que, privée de ce frère pour lequel elle avait senti redoubler sa tendresse , elle ne pouvait plus donner le change à ses senumens , ils s’élaient augmentés par l'influence active de la solitude et de la méditation. Elle eût voulu pouvoir répondre à l'amour qu’elle avait inspiré au châtelain ; mais le mystère dont cet homme était toujours enveloppe cachait peut-être quelque horrible secret : et quand, le soir , elle le voyait se glisser comme une ombre légère entre Les arbres du jardin,

( 1955 } elle croyait que la crainte et la curiosité étaient les seuls sentimens qui faisaient battre son cœur.

Pendant le sommeil , Pimagination reprenait son empire. Quoique Mirza n’eût jamais vu la figure du châtelain , elle se le représentait dans ses songes , et le parait de tous les charmes d’une beauté céleste. Elle goûtait une félicité pure en s’entretenant avec lui, Souvent, après un échange réciproque de tendres protestations, elle croyait éprouver des sensations profondes et inaccoutumées. Son ame était dans un ravissement dont le souvenir alarmait encore soninnocence,etfaisait palpiter son sein lorsque le jour était venu dissiper lillusion du rêve. D’autres fois elle voyait cet amant mystérieux entouré d’at-

( 126) tibuits bizarres, et semblable à ces vampires mentionnés par les contes orientaux qui avaient effrayé son enfance. Il fixait sur elle dés regards sinistres; marchait en silence a ses côtés... Elle avait perdu la voix, et ne pouvait soulager par des cris l'oppression qui lui serrait la poitrine. Elle aurait voulu fuir pour se dérober au monstre qui la poursuivait ; ses forces l'avaient abandonnée, ses membres refusaient d’obéir à sa volonté : ou plutôt elle était retenue par un pouvoir magique qui mélait des impressions voluptueuses à l'influence de ce charme qui l'avait d’abord repoussée.

Les songes sont, de toutesles opérations de la vie, celle qui prouve le mieux lintimité des rapports qui

(127) unissent l’ame à son enveloppe terrestre. En même temps que l'esprit assemble des idées agréables ou pénibles, le corps éprouve une sensation correspondante de plaisir ou de douleur. Mais cette sensation corporelle n’est pas toujours déterminée par Îa partie fantastique du rêve. Souvent, au contraire, elle existait avant celle-ci, et ce n’est qu'après qu'elle a été transmise à l'ame, que l’hallucination a commencé.

Une nuit Mirza eut un songe qui Jui rappela ce qu’elle avait éprouvé dans la forêt après avoir été mordue par une vipére. Son imagination lui retraçait fidelement toutes les cir= constances de cet événement singulier : seulement elle croyait voir le

( 128 ) châtelain à la place du jeune homme qui avait désinfecté sa plaie. La réalité n'avait pas produit plus d’effet que cette illusion ; c'était le même mélange d'horreur et de volupté.

Enfin impression qu’elle sentait à son bras devint tellement ardente, qu’elle se réveilla en sursaut en fai- Sant un mouvement violent pour le retirer, Une douce résistance s’opposait à sa volonté; la jeune Maure Ouvrit les yeux, et cependant elle Put croire que son rêve durait encore. Le châtelain, agenouillé près du lit, serrait sa main et la mouillait de larmes-: de temps en temps il collait sa bouche sur la cicatrice de la morsure, et alors ses larmes coulaient plus abondantes, ses sanglots devenaient plus forts et plus préci-

(297 pités. C'était la premiére fois que Mirza le voyait d’aussi près. À travers un cristal de couleur azurée, la flamme d’une lampe nocturne jetait encore quelques vacillantes lueurs; mais le châtelain était placé de manière que sa figure demeurait toujours dans l’ombre. Elle ne cherchait pas à l’observer, car, avant d’avoir pu se remettre de sa surprise, il s’éleva dans son cœur des sentimens plus forts que la curiosité. Cet homme paraissait -si malheureux, qu’elle ne pouvait s'empêcher de le plaindre. « Qu’as-tu donc, lui disait- « elle avec cette voix émue qui ap- « pelle les épanchemens? Apprends- « moi quelles sont tes infortunes ?

« Craindraïs-tu que mon ame ne « pût y compätir ? Ah! sois détrom-

(150 ) € pé; mes yeux ont encore des lar- { mes pour les malheureux : mes « propres douleurs n’en ont pas tari € la source. » Puis s’'apercevant que ces paroles avaient fait redoubler les sanglots de l'inconnu :« Pardonne, € J'augmente tes maux en cherchant «à les adoucir; mais la pitié me « donne des droits à ta confiance :

€ parle, dis-moi quel dessein t’avait «amené dans ces lieux ; explique- « moi quelle est cette douleur qui « veille à l'heure où tout dort dans « la nature! — Ne peux-tu le comprendre, répondait le châtelain « d’une voix faible et entrecoupée ?

« Ne vois-tu pas ce qui cause mes

€ maux? J’ai sacrifié à une funeste € passion et mon repos et ton bon-

€ heur..…... Je me reproche d’avoir

("101 «interrompu ton sommeil. Hélas !

j'aimais à venir aupres de toi; jy « suis venu souvent... Ce n’était pas

æs EN

pour adoucir ma peine. .... Crimi- « nel, j'avais condaniné mes yeux à « voirtoujours le spectacle des maux « que J'avais causés ; amant, je m'étais «imposé le supplice de respecter « l'innocence et la faiblesse de celie « que jadore. » En achevant ces mots, sonagitationrecommença avec une nouvelle violence. Mirza, attendrie jusqu'aux larmes, se penchait vers lui, en lui tendant la main qu'il n'avait pas encore saisie. « Cesse de « t’accuser de mes malheurs, lui di- «sait-elle; ils sont plus légers que « les tiens. Ah! puisque c’est pour « moi que tu souffres, qu’il me soit « permis dete consoler!... Eh bien!

(‘18809 € calme-toi; ta douleur me nayre ; « l’adoucir est maintenant le pre- « mier besoin de mon cœur, ....

« Hé quoi ! femme généreuse, tu con- € sentirais à oublier mes torts ! Que € ne puis-je les oublier commetoi! 3 € Ah! pourtant, quoique indigne de € ta pitié, je te remercie de celle que tu me témoignes; ce sentiment € m'est précieux, quoique bien fai- « bleet bien insuffisant pour apai- ‘Cser mes transports. — H élas! reprit € Mirza, j'ignore si ce que J'éprouve

‘(en Ce moment n’est que de la pitié; (€ mais je sens que ton malheur m’ac-

« cable, que je donnerais mon exis- (tence pourlefaire cesser. = Qu’en-

€ tends-je? s’écrie le chrétien; tu ne « Seraïs pas insensible à monamour! »

Îlse relève; l'espérance à succédé

(-163.) dans son cœur aux angoisses de la désolation... La lampeest éteinte, l'obscurité règne dansla chambre...

Mirza , qui n’aperçoit plus rien, sent encore une main qui s'appuie doucement sur son épaule; lair qu’elle respire est échauffé par l’haleine de son amant : son agitation est délicieuse , et. pourtant elle ne peut se défendre d’une secrète terreur. Toutcoup le châtelain s'arrête. & Non, « dit-il avec le râle du moribond, je « ne suis pas digne de son amour ; je « ne la profanerai pas de mesinferna- « les caresses..» À ces motsil s'éloigne précipitamment, ét l'écho de la voûte a cessé de répéter le bruit de ses pas.

Mirza, effrayée par le désordre de ses pensées, par l'obscurité, et par Je silence, ne’put se rendormir que

( 154 ) lorsque les premiers feux de l’aurore vinrent briiler sur les vitraux de sa fenêtre. Quand elle se réveilla, le souvenir de l’événement nocturne se confondit tellement avec celui du songe qui l’avait précédé , qu’elle se persuada que l’un et l’autre n’avaient été que des illusions produites par son imagination en délire.

La journée fut sombre; le soleil demeura caché par des nuages qu’avait accumulés le garbon. Ce vent, qui esttrès doux pendant l’été, rafraichit l'air des côtes de l'Occitanie mais à l'approche des équinoxes il souffle avec une violence qui soulève les flots de la mer et multiplie les naufrages dans le golfe de Lyon. Sur la terre , ses raffales impétueuses déracinent les oliviers et renversent les

(195) cabanes... Les nuages s’épaississaient de plus en plus, et aux approches de la nuit tout annonçait qu’un orage terrible allait éclater : les oiseaux aquatiques s’élançaient des marais en frappant l’air de leurs aigres glapissemens ; le vent- déchirait les branches des arbres, sifflait a travers les crénaux du rempart et dans les fentes des rochers du voisinage; les mugissemens de la mer courroucée se mélaient aux roulemens lointains de la foudre. Mais ce n’était encore que le prélude des sauvages concerts par lesquels la nature annonce à l’homme la colère du Tout Puissant.

La nue qui portait le tonnerre s’avança, et sesflancs se déchirèrentavecun bruit effroyable:;les éclats du météore devinrent si rapprochés, que l'écho

( 136 ) des vallées les répétait en un son conünu. La mer paraissait embrasée par le feu des éclairs, et ses vagues se brisaient avec fracas sur la plage; les animaux féroces sortirent de leurs cabanes en poussant des hurlemens Jamentables; le vent ébranla les cloches de l’églisé de Maguelonne, et fit sonner le béfroi dans le donjon du château.

Mirza, qui s'était approchéé de la fenêtre pour contempler l’orage , ne put résister long-temps au sentiment de terreur qui se mêle à l’admiration qu’un pareil spectacle nous inspire. Encore, si elle avait eu aupres d'elle un frère à qui elle pût communiquer ses pensées, un ami qui l’eût rassurée par un regard ou par un serrement de main !..... Mais elle

(157) était seule; et dans la solitude la pluslégère émotion suffit pour ébranler le courage de la femme. Effrayée par la lumière éblouissante deséclairs et par le fracas du tonnerre, elle se voila la figure, et appuya fortement ses mains sur ses tempes. Si nous cédons à ce mouvement instinctif, ce n’est pas dans la persuasion qu’il fait cesser le péril qui nous menaçait : la réflexion sy oppose ; mais 1} sert a modérer la terreur , en nous privant momentanément de lusage des sens par lesquels l'ame aurait continué de recevoir des impressions pénibles.

Elle ne releva la tête que lorsque le tonnerre eut cessé de gronder. De sombres nuages cachaient encore

, Û Ê , A toutes les étoiles, quoique l’orage eût I. G*

( 138 ) un moment suspendu sa fureur. Lorsque le trouble de la jeune Maure fut un peu calmé, elle distingua les accords d’une harpe, etreconnutune musique pareille à celle qu’elle avait souvent cru entendre pendant son Sommeil. Les cordes de l'instrument ne vibraient que par longs intervalles, et ne rendaient que des sons doux et prolongés. Par degrés ils

devinrent plus forts et plus préci-

pités; enfin il se ralentirent de nou-

Veau pour accompagner ces paroles :

Hier un moment la céleste espérance, De ses rayons vint éclairer mon cœur , Et le fantôme du bonheur Vint m’abuser par sa présence.

Belle Mirza , je m’occupais de toi! .… L’air était pur, le ciel semblait sourire ; De mes sombres pensers j'oubliais Le délire : U

To

Mais déja de mon ame impie

Je sens renaître les transports ;

Le cri terrible du remords

À dissipé ma rêverie.....

Salut, ténébres de la nuit!

Salut, terreurs de la tempête!

Sans m’éblouir à mes yeux l'éclair luit,

Et j'entends sans effroi la foudre sur ma tête.

Dans ses lointains mugissemens Je reconnais la voix d’un frère, Et je voudrais me mêler à la guerre Que se livrent les élémens ! . ..

Malheur à toi, fille de l'Arabie !

Te souvient-il du simoun des déserts ?

Quand son souffle brülant vient embraser les airs, On voit périr la fleur sur sa tige flétrie.

La voix du chanteur était bien appropriée à la bizarre mélopée de sa chanson. Quoique naturellement rude, elle était ferme et sonore dans

le récitatif, et se prétait ensuite avec facilité aux inflexions qui prolongeaient indéfiniment le son de quelques syllabes finales. Mais lorsque, liant rapidement et sans transition les deux extrémités de loctave, elle forma ces modulations que l’on retrouve dans la musique de tous les peuples chez lesquels une civilisation peu avancée entretient un caractère sauvage et une imagina- Hon ardente, le cœur de Mirza battit avec force, et son œil fut humide de pleurs. La pureté, la douceur des sons qu’elle venait d’entendre contrastait avec l’âpreté énergique de ceux qu'elle avait d’abord écoutés, interdite et saisie d’étonnement.

Quand même elle n’eût pas distingué les paroles, elle aurait reconnu

que celui qui les avait prononcées était agité par des passions plus terribles que l’orage qui grondait sur sa tête. Au milieu des accens par lesquels il en exprimait le tumulte, celui qui avait causé à Mirza une émotion soudaine d’attendrissement semblait indiquer linnocence et l'élévation primitive d’une ame aigrie maintenant par les cruels souvenirs du malheur ou du crime. C'était un son d’une mélodie touchante, un cri de désespoir qui devait monter jusqu’au ciel, et tel qu’en eût poussé Satan, s’il eût voulu mêler à ses imprécations un accent capable de fléchir la colère de son créateur.

Les cordesde la harpe résonnéerent encore quelque temps après que la

( 142 ) Voix eut cessé de chanter. Mirza prétaitune oreille attentive, et fixait ses regards vers le lieu d’où partaient les sons, Loin d’être effrayée maintenant par l'orage qui avait recommencé ; elle n’était occupée que du chanteur; elle cherchait à voir cet homme qui l’aimait, et dont la voix l'avait avertie qu'a cette heure solitaire elle n’était pas seule dans sa prison. Tout-à-cou P elle l’aperçut à la lueur passagère d’un éclair : ce qu’elle eut le temps d'observer était bien fait pour augmenter dans son esprit l’étonnement que lui avait causé ce personnage mystérieux. Debout, tenant sa harpe et les yeux élevés vers le ciel, il paraissait jouir avidement du spectacle imposant que lui offrait la nature, et chercher des inspirations dans le

( 143 ) désordre des élémens. À son attutude ferme, au feu que ses regards lançaient , à sa chevelure qui retombait en désordre et dont le vent soulevait les boucles nombreuses, on eût pris pour le génie des tempêtes et non pas pour un simple mortel.

Ün second éclair, plus vif que le premier, permit à la jeune Maure de lapercevoir de nouveau. Cette fois elle crut avoir mieux distingué ses traits, et des souvenirs confus se réveillérent dans sa mémoire. Elle voulut l'appeler ; mais, soit par hasard ou par réflexion, elle proféra le nom du chrétien qu’elle avait connu pendant que Taher-Ali vivait encore, Sa voix produisit un effet plus rapide que l'éclair. La barpe cessa de se faire entendre

(144) comme siun pouvoir magique eût arrêté soudain les vibrations de ses cordes; le châtelain s'enfuit précipitamment, et la double obécurité de la nuit et du bosquet l’eut biéntôt dérobé aux regards de sa prisonniere.

Sans doute qu’il avait de puissans motifs pour rester inconnu, puisque, aprés avoir obtenu les plus tendres aveux de la bouche de son amante, il persistait à lui cacher et son nom et ses traits. Quelque pénible que fût pour lui cette contrainte, la nécessité le forçait à s’y soumettre avec courage. I n’avait pas voulu se faire connaître dès les premiers jours de la captivité de Mirza, de peur que le souvenir récent d’une injure ne Jui inspirât une répugnance invincible

( 145 ) pour un homme qu’elle croyait déja coupable de quelques torts plus légers. Maintenant qu'a force de soins et de précautions il était parvenu à la rendre sensible à son amour , il voulait attendre que ce sentiment eut jeté dans son cœur d'assez profondes racines pour résister à la terrible épreuve qu'il devait subir au moment de la révélation du secret. Cependant la sœur de Kellamar était en proie à une incertitude cruelle; la réflexion détruisait toujours une partie de l'effet produit par les visions nocturnes. Sa curiosité se lassait avant d’avoir été satisfaite.

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