‹ IrnerChapitre 40 sur 47 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Note 1.— A voir l'épileptique se rouler, etc. Il faut que l’auteur aît un grand amour pour la science, ou un grand désir de représenter fidèlement la nature ; ear Le tableau qu’il trace ici de l’épilepsie :est d’une vérité effrayante. Sans doute il a eu souvent le courage d’observer des épileptiques pendant leurs attaques ; je ne sais si tous les lecteurs auront celui de lire en entier la description qu’ildonne de attaque du chäâtelain. Cependant qu’on ne se hâte pas de ie blâmer; qu’on ne l’accuse pas d’avoir sacrifié la délicatesse au désir de produire une forte impression. Le châtelain, justement puni de son crime par l’impossibilité d’en jouir désormais, cessait de nous intéresser. N'est-ce pas un heureux artifice que d’avoir:fait redoubler à ce moment

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même l'intérêt que nous lui portions?

Quels que soient les torts d’un homme ,nous sommes toujours disposés à les oublier quand nous le voyons affligé de quelque souffrance physique. Nous ne pouvons plus être sévères aussitôt que la pitié se réveille dans notre cœur.

En pensaut aux préjugés d’un siècle barbare, on frémit du sort auquel l'épilepsie pouvait exposer le châtelain, Avec les idées que nous y attachons encore aujourd’hui, le spectacle des convulsions d’un épileptique exagère jusqu’à l'horreur la commisération que son état nous inspire : un tableau hardi de cette triste infirmité était donc bien -capable d’exciter en nous la juste proportion de pitié dont le châtelain avait besoin pour faire oublier ses torts.

Mais scrutons plus profondément : une infirmité qu’on est obligé de dissimuler, qui tient à l’exaltation de la sensibilité, et s'accompagne toujours d’une tournure sinsulière dans les idées de l'individu, ne cadre-t-elle pas avec les habitudes mysté-

( 216 ) rieuses du châtelain, avec cette folie tout la fois tumultueuse et tranquille qui a pervérti en lui une foule de belles qualités... et lorsqu'on rapporte à Irner tous les traits que l’auteur a esquissés sur le caractère du châtelain, lorsqu'on reconnaît l'identité de ces deux personnages, on sent mieux la cause de cette angoisse secrète qui poursuit toujours le chevalier. On conçoit qu'il a pu se croire mort à l'élernité comme il pouvait l'être à la vié passagère de ce monde par la découverte du secret de:ses maux; on trouve les motifs de sa haine pour ses contemporains; en un mot, l’idée d’avoir fait le héros sujet à l’épilepsie est un coup de pinceau des plus hardis dans la peinture du caractère de ce pérsonnage bizarre.

Note 2. — Pendant trois nuits de suite.

La cérémonie se pratique encore aujourd’hui telle que l’auteur l'a décrite. Je ne sais s’il a jamais existé sur le pic de Saint- Loup une chapelle-dont les pierres fussent sculptées ; mais on ne trouve à la place

Ci 247.3 qu’une misérable masure composée de quatre murs bâtis en terre-glaise et en cailloux. Il y a sur le plateau une petite bâtisse qui figure grossièrement une chaire à précher, et c’est là qu’un prêtre se place pour faire un sermon le jour dela fête. Les jeunes gens de Montpellier sont très-zélés à assister à celte fête; la chronique dit que ce n’est pas tout-à-fait pour des motifs religieux. Le zèle des jeunes personnes, et particulièrement de la classe appelée grsettes, contribue peut-être beaucoup à stimuler celui de ces messieurs. Par un proverbe qui mêle ensemble les idées du sacré et du profane, on dit que le pélerinage de Saint- Loup est pour les jeunes gens un voyage à Paphos, et les sages-femmes assurent que, pour les jeunes filles il a quelquefois le même résultatquele pélerinage des femmes stériles à Notre-Dame de Lorette. |

Note 3: — Les torts des réligionnaires.

L'époque où l’auteur a placé la’ scène du

il. 10

(Ta roman correspond au commencement de Ia guerre des Albigeois.

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