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CHAPITRE VIII

Note 1. — Les eaux du Lez plus abondantes ; quoique plus rapprochées de leur source. La rivière du Lez est trèscourte ainsi que nous l'avons déjà dit dans une note du chapitre II, et dans son court trajet, elle est coupée à chaque pas par des chaussées de moulins, par des écluses, ou par des digues. Cette disposition fait que les eaux ayant très -peu de courant, et l’évaporation étant très-active sur leur surface pendant les chaleurs de l'été, ellessont réellement moins abondantes près de l’embouchure qu’à la source. Il faut ajouter que cette source est immense, et que sortant du fond d’un cirque de rochers calcaires, elle fait moë@woir, à quelques pas de son origine, une foule d'usines qui ne manquent jamais d’eau en aucun temps de l’année ;

( 219 ) tandis que les moulins et autres usines élablies dans la partie inférieure de la rivière, n’en ont pendant la saison des chaleurs

qu'une quantité insuflisante.

Note 2. — Le nénuphar. Cette fleur est sans contredit l’une des plus belles que nous ayons dans nos climats, et je.conçois très-bien l'enthousiasme que sa vue doit inspirer à un admirateur des beautés de la nature. Cependant je ne puis m'empêcher de dire que la complaisance avec Jaquelle l'auteur s’est amusé à la décrire, fait perdre du temps au lecteur, impatient d'arriver au château d’Orthus ; et que le parallèle de cette fleur avec la rose, les signes allégoriques tirés de cette comparaison, quelque ingénieux qu’ils puissent étre , sont une divagation à peine excusable dans un poëme.

Note 3.— Pin parusot. D'après la Flore française de M. de Candolle, cette espèce de pin ne se trouve pas en France ; maisles

(: 220 ) pins de Foufrède, qui sont je crois de lespice pinus-silveltris, d'après le même botaniste, ressemblent assez aux pins parasols d’Italie, et: l’auteur les aura, sans doute confondus. Quoi qu’il en soit, lorsqu'un bouquet. de pins: de Foufrède se trouve isolé sur un terrain un pew plat et aride, il ést d’un:effet de paysage .très-beau et donne assez exactement l’idée de l'effet produit dans l’Orient ou‘dansiles pays tropiques par une touffe de palmiers. Il y.a sur la route de Montpellier à Saint-Hippolyte, ‘un peu avant d'arriver à Montferrier, un bouquet de pins qui donne un aspect tout:

à-fait Egyptien au paysage qui l'entoure.

Note 4. — Montagnes coupées à pic. Un savant distingué de Montpellier, M: Gouan, a cru que les deux montagnes d'Orthus et de Saint-Loup avaient été réunies autrefois, et que la vallée qui les sépare aujourd’hui n’avait été creusée que par une de ces révolutions qui arrivent assez souvent

dans le terrain des pays montagneux. Il se fonde sur l’aspect qu'offrent les coupes 0pposées des deux rochers qui ressemblent réellement aux culées d'un pont. Mais il suffit d'avoir: visité quelques pays d’une formation de calcaire secondaire, ou, eomme l’appellent-les minéralogistes , calcaire à Ammonites, pour se convaincre que le naturaliste de Montpéllier à avancé une hypothèse gratuite. Dans toutes les montagnes formées de cette espèce de calcaire, on trouve une face qui présente une pente assez douce, et une autre coupée à pic.

D'ailleurs, les deux énormes rochers de Saint-Loup et d'Orthus ne sont pas vis-àvis l'un de l’autre et appartiennent même à deux chaînes bien distinctes.

Note 3. — Le château d'Ortfius. H n’en existe. aujourd'hui,que des ruines: abandonrées. D'après l'aspect qu’elles présentént on peut croire quelles anciens maître s de ce châtean étaient de très-hauts et de très-puissans seigneurs, car ilest situé dan s

{ 222 une position inexpugnable , et a une élévation prodigieuse.

Je serais assez porté à croire qué le chàteau d’Orthus appartenait aux marauis de Londres ; car, malgré les changemens opérés dans les propriétés par la révolution, les héritiers du marquis possèdent la plupart des garrigues qui avoisinent la montagne d’Orthus. À Dieu ne plaise que je veuille insinuer par là que Migès était. de teur famille... Le caractère de:ce personnage bigot ét vindicatif'est tout-à-fait de ‘invention: de’ Pauteur: Quand: même il serait historique, il n’a guère que les détauts de son siècle, et ses descendans n’en peuvent être responsables. D’ailleurs rien n’est plus aimable et plus philosophe que ie caractère du chef actuel de leur famille.

À la ville le marquis de Roquefeuil est l’un des hommes les plus spirituels; au village tout le monde vante sa bienfaisance et sa franchise. On parcourrait cent lieues à la ronde sans trouver un châtelain plus affable et plus hospitalier. Il accueille si bien ses

hôtes que tous les voyageurs voudraient entrer dans son château. Il les traite si bien

qu'aucun n’en voudrait sortir. Pendant un

séjour de quelques semaines que j'y fis avec

son beau-frère, ilnousrégala chaque jour de quelque pièce de vers desa composition, el de quelquenouveau ragoûl composé de lièvres, perdrix, truffes, etc. Nous fûmes toujours également satisfaits des alimens du corps et de l'esprit. C’estbeaucoup dire, car les vers de M. de Roquefeuil sont excellens.... Mais son cuisinier est si habile !....... Et ce w’est pas seulement dans l’apprèt d’un ragoût qu’:1 montre des talens extraordinaires. Jonquet est le maître-jacques le plus intègre et le plus intelligent qu’on puisse imaginer. Il est tout à la fois valet-de-chambre, sommelier , cuisinier et piqueur. Qu'il manie le fusil ou la casserole, qu'il porte la livrée ou le havresac, il est toujours digne de la confiance de son maître et de l'admiration des amis du marquis.

Note 4 — Les corbeaux attirés. Geci

( 224 ) n’est point un luxe d'imagination. Il yaun

très-crand nombre de corbeaux dans le

voisinage d'Orthus. Il est même rare qu’on

passe par là sans en voir voltiger quelques- UDS, Ou sans entendre des croassemens,

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