‹ iryah neemanahChapitre 10 sur 35 · CHAPITRE II. — LA. LOI · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — LA. LOI

mentaire (1). » Or, il faut faire remarquer que les docteurs ne parlent ici que de la loi traditionnelle. Les lois bibliques doivent être acceptées sans discussion; Dieu seul en connaît les raisons, et l'homme ne peut que les conjecturer. Mais il n'en est pas de même de la loi traditionnelle. Celle-ci ne peut être fondée que sur la charité, l'amour de l'humanité, et l'Israélite doit la rejeter comme apocryphe, si elle ne porte la marque de la bienveillance envers le prochain. « Quelle (2) doit être la ligne de conduite d'un Israélite en cas de divergence d'opinions entre les docteurs au sujet d'une loi ? demandèrent les disciples à Rabbi Elieser. Il faut, répondit le Maître, adopter cette opinion qui est la plus charitable. »

La faute commise contre son prochain, nous apprend la tradition (3), ne saurait s'effacer par la pénitence que quand le pécheur aura donné pleine satisfaction à la partie lésée ou offensée, et en aura obtenu le pardon. Alors c'est une affaire entre Dieu et lui; à lui la prière, les jeûnes, la contrition, le repentir; à la grâce de Dieu la rémission. Les péchés contre les abstinences culinaires, la sainteté des fêtes, la débauche, etc., ne regardant que Dieu seul, peuvent recevoir une rémission pleine et entière par un repentir sincère et un changement complet de conduite, par une vie opposée à celle que le pécheur avait eue auparavant. Et non seulement il sera l'égal du juste parfait, mais par les efforts héroïques de tous les instants qu'il est obligé de faire pour vaincre ses passions et se détourner des plaisirs qu'il avait déjà goûtés, il s'élève à un degré supérieur au juste parfait, qui ne ressent aucune tentation pour les fruits défendus qu'il n'a

(1) Talmud, traité TUXff, 16b.

(2) xnpiDS, m-

(3) rUttfla du traité NQV, à la fia do la vm° section. Cf. Talmud, traité NO"P, 38, et traité IWTpj 4<K 5

jamais connus. Mais celui qui aura péché contre les hommes n'importe de quelle manière, devra reconnaître ses fautes, s'en repentir et chercher atout réparer amplement; s'il y parvient, il recevra de Dieu la rémission de ses péchés et pourra encore prétendre à l'estime des hommes. Mais il ne pourra devenir l'égal, et, à plus forte raison, le supérieur du juste parfait, de celui qui n'a jamais volé, trompé, prêté à usure, frappé, qui a toujours soutenu l'infortuné de sa bourse, de ses conseils, qui a veillé les malades, leur a procuré les médicaments nécessaires, qui a protégé la veuve et l'orphelin, qui a donné des vêtements à ceux qui en manquaient, du bois à ceux qui avaient eu froid, à manger à ceux qui avaient faim; car ce pécheur repentant a donné des preuves d'un mauvais cœur; il en fait le sacrifice par crainte de la punition céleste; c'est fort bien; mais cela n'égale pas la conduite de celui qui avait toujours le cœur bien placé (i).

Commentant ce passage, un Rabbin (2) fait cette remarque judicieuse : « Comment, en effet, un homme capable défaire du tort à son prochain ou- de rester indifférent en présence de la souffrance d'un être humain peut-il jamais exécuter une seule loi qui soit agréable à Dieu, vu que toutes les lois sont fondées sur la charité et la miséricorde ? » On pourrait accumuler par milliers les passages de la tradition juive d'où il résulte avec la dernière évidence que toutes les lois, sans en excepter une seule, quelque bizarres qu'elles puissent paraître, cachent un sentiment philanthropique. Citons encore ces paroles sublimes de la tradition

(1) D"3D1 dans DipIS njlbitf, VI. Cf. vzSttIT, traité OtOl, IV, après la

(2) "©D nb;o, dans le commentaire au blTA lYIÏfi 12D, sect. V, sub ÏWV, n°ll.

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