CHAPITRE II
La Loi
Après s'être occupé à prévenir les effets d'une dispersion, depuis longtemps prédite, après avoir réuni sous le titre de Halakhâ (dogme) tous les règlements de l'État, toutes les interprétations des lois primitives, tous les moyens de nature à empêcher que les livres sacrés ne se ressentissent des orages auxquels la nation allait être en butte, le zèle de la Judée vaincue et captive finit par se consumer dans les plus stériles discussions ; l'esprit du casuiste qui avait flétri les dernières époques de la République succéda à l'esprit du moraliste et du législateur éclairé. Aussi n'est-ce pas aux docteurs amoraïths qu'il faut demander l'esprit de la loi juive, mais aux tlianaïths.
Quelle est la base fondamentale de toute la loi ? demanda-t-on à Rabbi Aqiba(;). Cette base, répondit l'illustre docteur, n'est autre que le commandement d'aimer son prochain comme soimême. Cette opinion s'appuie sur l'autorité de Hillel, dont on connaît la réponse faite au païen qui lui demandait d'apprendre toutes les lois pendant le court moment où il se tiendrait debout sur un seul pied, c'est-à-dire d'en connaître la base unique et fondamentale : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît ; voilà toute la loi, le reste n'en est que le com-
(1) .""UT B?na, section ni^Nia, ch. xxiv.