‹ iryah neemanahChapitre 30 sur 35 · CHAPITRE IV. — LES CROYANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES CROYANCES

prononcé qu'une seule fois par an, par le grand-prêtre, quand il entrait, le jour du grand-pardon, dans le lieu <( très-saint ». Siraéon le Juste fut le dernier grand-prêtre qui accomplit cette redoutable cérémonie. On croyait que celui qui connaissait la manière dont se prononce le Tétragramme (1), ou le nom sacré des quatre lettres, pouvait maîtriser à son gré les forces de la nature. La croyance de cette puissance magique du mot mystérieux et redouté passa des ouvrages juifs dans ceux de plusieurs Pères de l'Église (2).

Prenant dans l'esprit mystique de quelques docteurs d'Israël une forme philosophique, cette croyance donnait naissance à ces rêveries spéculatives qu'on désignait par le nom d' « actes de la Genèse » (3), et d' « essence divine » (4).

Ces idées spiritualistes qui se formèrent sur la nature divine appelèrent comme leur conséquence nécessaire la théorie des êtres intermédiaires. Dieu, trop éloigné des choses sensibles, ne devait pas être en communication immédiate avec le monde. Dieu règne sur tout ce qui existe ; mais il gouverne l'ensemble des choses par le ministère des anges auxquels il en a confié la direction.

L'angélologie se trouve déjà dans les livres antérieurs à la captivité de Babylone. Ces êtres divins sont généralement

Vortrœge der Juden, p. 164), il faut déjà voir le procédé de substituer au nom de îTliTi le mot IJIN ou DM! (N^w par les Samaritains) dans le premier livré des Chroniques (XIII, 6). Cf. Oracula Sibyll., liv. III, vers 18 et 1U.

(1) nirP, désigné par le terme de ttFTlSOn D© = nom expliqué', c'est-àdire convenablement prononcé. V. "in~, section VpQ) ch. xi.m.

(2) V. Genêts, Thésaurus, p. 575.

(3) IVttWn TO'2, qui correspond aux termes par lesquels PaiLON omnis probus, .S 12) désigne les spéculations esséniennes : ntù •jTviy:c.); Oeov xoc; Tri; -o~ -Travrôî yzvtçcw; <pc).o<TOtpEÎVa(.

(4) "ZL"'! HWyOi ou explication des visions d'iv.écliiel.

désignés par le mot d' « envoyés » (l), parfois par celui d' « enfants de Dieu » (2). Une fois, l'ange est désigné par le mot « esprit » (3). On les considérait comme étant d'une substance subtile, diaphane, différente de tout ce qui est matériel. L'ange qui apparaît à Manoah et à sa femme n'a pas besoin de nourriture et s'envole dans la flamme qui monte de l'holocauste (4). Ils sont représentés comme les agents de Dieu ; ils apparaissent aux hommes pour exécuter quelque mission divine (5). Parfois ils sont dépeints comme entourant le trône de Dieu (6). Les anges sont représentés comme formant une milice bien organisée. Une fois (7) on parle d'un ange chef des armées de Dieu. Comme dans le système mazdéen Ormuzd est le premier des sept amshaspands, la tradition juive désigne sept anges comme chefs des phalanges célestes. Gabriel est spécialement chargé des révélations divines (8); Michaël, le protecteur du peuple d'Israël (9); Raphaël présente à Dieu les prières des justes (10) et apporte la guérison aux malades; Uriel (11), Jérémiel (12), Sealthiel (13) et Azaël(14) ont d'autres fonctions. La plus importante des fonctions

(1) -jxSo = messager, de même que le mot ange, dérivé de ayyeXoç.

(2) DTlSN *J3. Psaumes, LXXX1X, 7.

(3) rm. ier Rois, xxii, 21.

(4) Juges, XIII, 15-20.

(5) Exode, XXII, 4 ; Nombres, XX, 16 ; IIe Sam., XXIV, 15 et 16 ; le^ Rois, XIX, 5-7 ; IIe Rois, XIX, 35, et ailleurs.

(6) 1" Rois, XXII, 19.

(7) Josué, V, 13-16.

(8) Daniel, VIII, 16 ; IX, 21 ; Luc, I, 19 et 26 ; Oracula Sibyll., liv. II, vers 215.

(9) Daniel, X. 13 et 22 ; XII, 1 ; Jud., 9 ; ApocaL, XII, 7.

(10) Tobie, III, 17 ; IX, 5 ; XII, 15 ; Oracula Sibyll., 1. c.

(11) IV Esdras, IV, 1.

(12) Ibid., IV, 36.

(13) Ibid., V, 16.

(14) Oracula Sibyll., 1. c.

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