CHAPITRE IV. — LES CROYANCES
de l'essence de l'àme, de la récompense et des châtiments, du Paradis et de l'Enfer (1), ainsi que de la métempsycose (2). Nous ne saurions donc mieux terminer ce chapitre qu'en donnant un aperçu des idées psychologiques contenues dans cet ouvrage.
Le Zohar (3) nous entretient de notre origine, de nos destinées futures et de nos rapports avec l'Etre divin. « L'homme, dit-il, est à la fois le résumé et le terme le plus élevé de la création; c'est pour cela qu'il n'a été formé que le sixième jour. Sitôt que l'homme parut, tout était achevé, et le monde supérieur et le monde inférieur, car tout se résume dans l'homme; il réunit toutes les formes. Mais il n'est pas seulement l'image du monde, de l'universalité des êtres, en y comprenant l'Être absolu; il est aussi, il est surtout l'image de Dieu considéré seulement dans l'ensemble de ses attributs infinis. »
Le voici d'abord représenté sous le premier de ces deux aspects, c'est-à-dire comme microcosme (4) : « Ne va pas croire que l'homme soit seulement de la chair, une peau, des ossements et des veines ; loin de là ! ce qui fait réellement l'homme, c'est son âme, et les choses dont nous venons de parler, la peau, la chair, les ossements, les veines, ne sont pour nous qu'un vêtement, une carapace, un tégument, mais elles ne sont pas l'homme et ne sauraient le constituer. Quand l'homme s'en va de cette terre misérable, il se dépouille peu à peu de tous les vices qui le couvrent. » Nous verrons bientôt de quels éléments il se compose; l'un passager et transitoire approprié à la vie d'ici-bas, les deux autres immortels, l'un changeant et devenant plus éthéré à
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(3) 1,17, section n"W rn, ch. xxiv ; section nW3, ch. xvx, et section "pnfona, ch. xi.
(4) Id ., section inpFQ, ch. xxvi.
mesure que l'àme monte, l'autre, l'étincelle divine, l'âme, le moi, durant au milieu de toutes les transformations, tantôt avec le souvenir de son passé, tantôt privée de toute mémoire antérieure, en raison des nécessités de l'épreuve et des liens grossiers qu'elle a dû contracter ; mais partout et toujours l'union intime persiste de l'âme (1) avec l'esprit (2) « supérieur de tous les voyages », son inséparable compagnon.
Quant à l'alliance momentanée de ces deux principes élevés avec celui des sens, c'est-à-dire, quant à la vie elle-même par laquelle ils sont enchaînés à la terre, elle n'est point représentée comme un mal. On ne veut pas, à l'exemple d'Origène et de l'école gnostique, la faire passer pour une chute ou pour un exil, mais pour un manque d'éducation et une salutaire épreuve. Aux yeux des cabbalistes, c'est une nécessité pour l'àme, une nécessité inhérente à sa nature finie, déjouer un rôle dans l'univers, de contempler le spectacle que lui offre la création pour avoir la conscience d'elle-même et de son origine, pour rentrer, sans se confondre absolument avec elle, dans cette source inépuisable de lumière et de vie qu'on appelle la pensée divine. D'ailleurs, l'esprit ne peut pas descendre sans élever en même temps les deux principes inférieurs, et jusqu'à la matière, qui se trouve placée encore plus bas ; la vie humaine, quand elle a été complète, est donc une sorte de réconciliation entre les deux termes extrêmes de l'existence considérée dans son universalité, entre l'idéal et le réel, entre la forme et la matière, ou, comme dit l'original, entre le roi et la reine. L'Adam céleste étant le résultat d'un principe mâle et d'un principe femelle, il a fallu qu'il en fût de même de l'homme terrestre, et cette distinction ne s'applique pas seulement
(1) HDW3.
(2) rrn.