‹ iryah neemanahChapitre 33 sur 35 · CHAPITRE IV. — LES CROYANCES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — LES CROYANCES

au corps, mais aussi, mais surtout à l'âme, dût-on la considérer dans son élément le plus pur. « Toute forme, dit le Zohar (1), dans laquelle on ne trouve pas le principe mâle et le principe femelle, n'est pas une forme supérieure et complète. Le Saint (Dieu), béni soit-il, n'établit pas sa demeure dans un lieu où ces deux principes ne sont pas parfaitement unis ; les bénédictions ne descendent que là où cette union existe, comme nous l'apprenons par ces paroles (2) : « il les bénit, et il appela leur nom Adam le jour où il les créa » ; car même le nom d'homme ne peut se donner qu'à un homme et à une femme unis comme un seul être. » De même que l'âme tout entière était d'abord confondue avec l'intelligence suprême, ainsi ces deux moitiés de l'être humain, dont chacune, du reste, comprend tous les éléments de notre nature spirituelle, se trouvaient unies entre elles avant de venir dans ce monde, où elles n'ont été envoyées que pour se reconnaître, et s'unir de nouveau dans le sein de Dieu. Cette idée n'est exprimée nulle part aussi nettement que dans le fragment qu'on va lire (3) : « Avant de venir dans ce monde, chaque âme et chaque esprit se compose d'un homme et d'une femme réunis en un seul être ; en descendant sur la terre, ces deux moitiés se séparent, et vont animer des corps différents. Quand le temps du mariage est arrivé, le Saint (Dieu), bénit soit-il, qui connaît toutes les âmes et tous les esprits, les unit comme auparavant, et alors ils forment, comme auparavant, un seul corps et une seule âme. Mais ce lien est conforme aux œuvres de l'homme et aux voies dans lesquelles il a marché. Si l'homme est pur et s'il agit pieuse-

(1) in*, section N"1N1, en. vu, et section -jnbvnz, 1. c.

(2) Genèse, I, 28.

(3) in~, section KtM, ch. v.

ment, il jouira d'Une union tout à fait semblable à celle qui a précédé sa naissance. »

Nous trouvons dans le passage suivant (1 ) la doctrine de la réminiscence. « De même qu'avant la création, toutes les choses de ce monde étaient présentes à la pensée divine, sous les formés qui leur sont propres, ainsi toutes les âmes humaines, avant de descendre dans ce monde, existaient devant Dieu, dans le ciel, sous la forme qu'elles ont conservée ici-bas ; et tout ce qu'elles apprennent sur la terre, elles le savaient avant d'y arriver. » On regrettera peut-être qu'un principe de cette importance ne soit pas suivi de quelques développements, et ne tienne pas plus de place dans l'ensemble du système ; mais on sera forcé de convenir qu'il ne peut pas être formulé d'une manière plus catégorique. « Tous ceux qui font le mal (2), dans ce monde, ont déjà commencé, dans l'univers, à s'éloigner du Saint (Dieu), dont le nom soit béni ; ils se sont précipités à l'entrée de l'abîme, et ont devancé le temps où ils devaient descendre sur la terre. Telles furent les âmes avant de venir parmi nous. »

C'est précisément pour concilier la liberté avec la destinée de 1 ame, c'est pour laisser à l'homme la faculté d'expier ses fautes, sans le bannir pour toujours du sein de Dieu, que les cabbalistes ont adopté, mais en l'ennoblissant, le dogme pythagoricien de la métempsycose. Il faut que les âmes, comme toutes les existences particulières de ce monde, rentrent dans la substance absolue dont elles sont sorties. Mais, pour cela, il faut qu'elles aient .développé toutes les perfections dont le germe indestructible est en elles ; il faut qu'elles aient acquis, par une multitude d'épreuves, la conscience d'elles-mêmes et de leur origine. Si elles n'ont pas

(1) "1H7, section 'Z^Nn, ch. xxxn. Cf. Franck, La Kabbale, p. 135.

(2) in", section WD 1TO, ch. xxv.

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