CHAPITRE PREMIER. — LA FEDERATION D'iSRAEL
pirez. Quant à la patrie, Titus nous assure qu'elle est perdue, qu'a-t-il besoin de s'apitoyer sur elle ? Pour ce qui est du temple, notre Dieu en possède un autre plus vaste : l'univers (1). »
Ni l'invasion étrangère, ni l'investissement de la cité sainte, ni la brèche pratiquée dans les murs, ni le sac de la capitale, ni les flammes réduisant en cendres le sanctuaire de Dieu, ne pouvaient imposer silence aux organes de la parole révélée. Le peuple de Dieu persistait dans sa noble mission sur les ruines de Jérusalem comme sous les saules des fleuves de Babylone.
Précurseur du Christianisme, le Judaïsme est destiné, ainsi que l'enseignent les Pères de l'Église (2), à subsister jusqu'au jour prédit par l'Ecriture (3), où « le Seigneur sera le roi de toute la terre, où le Seigneur sera seul reconnu Dieu, et où son nom seul sera révéré » ; en ce jour-là la barrière disparaîtra, et Juifs et Chrétiens, se confondant en un seul peuple, prendront (4) le nom d' « Enfants de Dieu ».
(1) Flavius, Guerre Judaïqice, liv. V, ch. 29,
(2) Basilics, De legendis Grcecis libris, ch. v ; Clem. Alex. Strom, liv. I, ch. v, § 23, et saint Augustin, De Baptismo contra Donatistas, liv. VI,
ch. LXXXIV.
(3) Zacharie, XIV, 9.
(4) Clem. Alex., ibid., ch. m, § 9.