‹ Isaac Rousseau, le père de Jean-JacquesChapitre 17 sur 24 · LES COLLÈGES COMMUNAUX · texte numérisé non relu

LES COLLÈGES COMMUNAUX

« Dans le rapport présenté au nom de la Commission du budget pour « l'exercice 1891, il était dit : a Votre Commission, considérant que les u engagements décennaux contractés par les municipalités envers l'État « expirent, sauf de rares exceptions, le !«' janvier 4891, a cru sage de a maintenir purement et simplement le crédit de 4890. »

« La question était donc réservée. On pouvait alors espérer ou craindre, selon les points de vue, la disparition ou la transformation en écoles primaires supérieures d'un certain nombre de collèges.

« Aujourd'hui l'expérience est faite. Ni cette crainte, ni cette espérance ne sont réalisées: sur 244 établissements, 6 (4) seulement cessent d'exister. Les villes ont voulu conserver leurs collèges ; elles y sont attachées par le souvenir des services rendus, par des liens de cœur autant que d'intérêts, par la conviction que la vie municipale s'amoindrirait par la perte ou l'affaissement de ces établissements dont l'histoire est intimement liée à celle de la cité.

« Mais la question de l'engagement décennal se posait cette fois dans des termes nouveaux. Les contrats antérieurs portaient simplement que l'État fournirait des professeurs aux collèges et que la dépense, supportée en principe par les villes, n'incomberait pour partie à l'État que dans la mesure où celui-ci croirait devoir développer l'enseignement, soit en créant des chaires, soit en améliorant, par des compléments de traitement, la situation du personneL

« Cette fois, l'État a entendu, à l'occasion du renouvellement des engagements décennaux, faire un véritable traité constitutif, embrassant dans ses clauses toute l'organisation collégiale, et visant à la fois le matériel et le personnel. L'intervention de l'État dans les dépenses de réfection, d'aménagement ou de construction des collèges, dans la création des chaires, dans le payement des traitements du personnel, sans parler des concessions de bourses nationales, l'a naturellement conduit à vouloir pour ces établissements une organisation régulière.

«Jusqu'ici, il y avait quelque confusion et comme une sorte d'enchevêtrement des éléments collégiaux. Il y avait des chaires entièrement au compte des villes, d'autres entièrement au compte de l'État; il y en avait qui étaient entretenues pour partie par l'un et par l'autre. Les nouveaux contrats sont établis sur cette base uniforme : la ville garantit à chaque professeur le traitement minimum de l'ordre (2) auquel il appartient : l'État se charge des promotions. De cette façon, le cadre du personnel est solidement établi et le professeur voit sa sécurité s'accroître, puisque l'augmentation progressive de sa situation, qui se traduit par

(1) Auray, Courdemanche, Hazebrouck, Landerneau, Landrecies, le Vigan.

(2) Le décret du 44 août 4887 divise les professeurs des collèges en trois ordres comprenant chacun quatre classes.

une promotion de classe, dépend, non plus du bon vouloir variable si'une municipalité, mais de Tappréciation de ses che^fs hiérarchiques, représentants de l'État. D'autre part, les villes n'ont pas à craindre d'être placées entre le désir de conserver im bon professeur et l'impossibilité où la situation budgétaire les pourrait mettre, de faire à ce professeur des avantages capables de le retenir.

« On n'a pas seulement consolidé l'état de choses existant. Il y aura désormais, dans l'ensemble des collèges, 60 chaires de premier ordre de plus que par le passé : progrès notable, et incontestable élévation du niveau de l'enseignement.

« Les professeurs ne sont pas tout le personnel : à côté d'eux se trouvent les maîtres répétiteurs. Ce qu'on a pu dire des maîtres répétiteurs des lycées et de l'insuffisance ou de la médiocrité de leur sort, à combien plus forte raison ne le peut-on pas dire de ceux des collèges ? Il est tels établissements où ils servaient « au pair », comme des commis de magasin, pour le vivre et le logement. Dans d'autres collèges ils recevaient des rétributions humiliantes et dérisoires : 200 300 francs. Par les nouveaux traités, ils sont assurés d'un émolument convenable. Les stagiaires auront 600 francs, les titulaires 700 francs. Ce n'est pas un deig moindres avantages, ni des moins moraux des contrats intervenus.

« Enfin, le matériel, trop livré jusqu'ici à l'arbitraire et au hasard, «st l'objet d'une réglementation exacte ; l'État ne se contente plusd'avoir fourni, pour la plus grande partie, les objets destinés aux laboratoires et aux cabinets de sciences physiques et naturelles, aux salles de dessin, il exige que ces objets soient entretenus et renouvelés en temps utile. En un mot, les villes garantissent, dans des conditions précises, l'outillage et son entretien.

« Ces améliorations étaient nécessaires ; l'administration de l'instruction publique avait le devoir de profiter du renouvellement des contrats pour les réaliser. Mais il devait en résulter non moins nécessairement une augmentation de dépenses. Les villes ont fait, de leur côté, un sérieux effort; l'État doit, de son côté, en faire un. x< Les crédits qui suffisaient tout juste en 4890 et qui ont été inscrits sans changement au budget de 1894 appellent un supplément. « Le gouvernement demande

200 000 francs. » (Extrait du rapport de M. Dupuy, député.)

M. Aulard, docteur es lettres, chargé d'un cours d'histoire de la Révolution française à la Faculté des lettres de Paris, est nommé professeur d'histoire de la Révolution française à ladite Faculté.

Voir aux Actes les décrets relatifs à la nouvelle faculté de médecine <le Toulouse.

Nous avons analysé ici même l'important discours prononcé par M. Berthelot, lors de l'interpellation Combes, au Sénat, sur le rôle des Sciences dans l'éducation. L'éminent professeur vient de reprendre la même thèse dans une étude publiée par la Revue des Deux Mondes (n® du 4o mars) avec des développements étendus et des arguments d'une singulière vigueur.

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