‹ Isabelle et Gertrude, ou les sylphes supposesChapitre 24 sur 103 · BOILEAU ^ MOLIERE , CHAPELLE , BARON · texte numérisé non relu

BOILEAU ^ MOLIERE , CHAPELLE , BARON

Chapelle^

l ; ENS , mon cher Baron , je t'en conjure , cesse de me parier de tragédies.

Air : Mon père étoit pot.

Il est assez d'occasions,

De pleurer dans la vie , Sans chercher des afflictions ^ Dans une tragédie ;

Vive la gaité,

Car c'est la santé.

Ainsi donc je puis dire ,

Qu'il est très-certain ^

Qu'un bon médecin, Est l'Auteur qui fait rire.

î^'est-il pas vrai , Molière ? ^

Molière* Je suis de ton avis , Chapelle.

Baron.

Allons 5 Molière , vous ne pouvez pas être juge et partie.

Chapelle, à Boiieau.

Bon soir , notre ami ; eh bien ! nous feras-tu faire bonnei chère, dis-moi?

Molière.

Quoique Chapelle ait dîné copieusement, je t'annonce qu'il a un appétit formidable. )

Est-ce que mon estoniac a de la mémoire ?

]N"ous tâcherons de te satisfaire.

M o L I E R E , à Boîleau, .

Et tu feras bien , si tu ne veux pas encourir le reproche que Chapelle fit ces jours derniers à un fesse-matnieu de sa connoissance , qui l'avoit invité à diner , et qui le fil mourir de faim.

AVEGSESAMIS. ï3

Chapelle.

Aussi, ai-je fait contre lui. une épigramme !...^

Une épigramme ? bravo ! Chapelle: on ne doit se venger d*un avare, que par le ridicule... et le mépris. Chapelle.

Air : Du vaudeville de l* Opéra Cotnîqueé

Les avares , je te le dis ,

Craignent les traits du ridicule ,

Peu leur importe le mépris...

Molière, l* interrompante

Le mépris est une pillule ,

On l'avale sans se fâcher ,

Mais quoiqu'on dise on bien qu'on fasse ,

On ne peut guères la mâcher,

Sans faire la grimace.

Chapelle, û; Boileau. Ali ça , nous amuserons-noUs bien aujourd'hui chez toi ?

Boileau.

Mais, Chapelle , je ne crois pas que la tristesse soit jamais aux lieux où tu te trouves.

Baron.

Il est vrai qu'il est souvent d'une folie !..

Chapelle.

Mille fois préférable à la sagesse , mon cher Baron.

Air : Du Défi.

La jeunesse de la nature ,

' Se renouvelle tous les ans;

A la saison de la froidure, On Voit succéder le printems ; Mais les hommes, dans leur vieillesse , Doivent dire avec un soupir :

''. Tu nous as fui , belle jeunesse , ^

Hélas ! pour ne plus revenir.

Ainsi, jouîssont de la vïe> ^

Quand on la perd c'est pour toujouts î Amis , ,1e tems nous y convie , Mettons à profit nos beaux jours; Conduisant Bacchus à Cythère , ^Faisons envier notre sort ; Plus l'on prend de -plaisirs sur terre j Plus on se dérobe à la mort.

Boileau, à Chapelle.

C est bien penser, {à Molière.) La fontaine est- il re* Venu de Château-Thierry ?

Ce matin.

Et vous ne l'avez point amené avec vous ? je vous en veux beaucoup.

B A R o N , <i Molière.

Ne nous grondez pas , le voici.

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