SCENE III
Me. GERTRUDE, Me. FURET.
Madame G E R T R U D E.
V^'EST VOUS , madame Furet! vous alarmez toute ma mailon. Qui vous amène fi tard ?
Madame FURET.
Si tard.' il n'efl pas encore dix heures; c'eft 1© temps de la promenade & nous avons jufqu'à minuit.
Madame G E R T R U D E ,à/7a rt.
Que vient-elle faire ici ? (Haut) Je vous deman de pardon ; mais nous nous recirons de très -bonne heure; & vous avez bien vu que mon vieux Jardinier a été obligé de fe relever pour vous ouvrir la porte.
Madame FURET.
J'en fuis bien fâchée pour votre vieux Jardinier ;
mais il eft des cas
Madame G E R T R U D E.
Quoi.? quelque nouvelle hiftoire fcandaleufe?
la ISABELLE ET GERTRUDE,
Madame FURET.
Très-fcandaleufe , je vous en allure.
Madame GERTRUDE.
Eh! madame, pourquoi s'embarrafler des affaires d^autrui ? N'avons-nous pas allez des nôtres ? '
Madame FURET.
ud R I E T T E,
Eh ! non , non, non , dame Gertrude , y Vous ne pouvez , fans bien penfer, Vous ne pouvez vous difpenfer De féconder l'exaftitude Dont j'ai toujours fait mon étude.
Eh! ntjn , non, non, dame Gertrude, Vous ne pouvez , fans bien penfer , De ce devoir vous difpenfer :
Car c'eft enfin Pour le bien du prochain, Que je vais, que je vien , ^
Que je cours, que j'agis, que je veille. Je viens d'apprendre à l'inftant,
Un fecret important :
Je vais vous le dire à l'oreille, Tout bas , tout bas.
N'en parlez pas.