SCÈNE VII
GERME UIL couché, URSULE,
UEL bonlieur !
Il est seul! . . . .11 sommeille Hélas , quelle pâleur !
Gomme il change î Grand dieu , conserve ton ouvrager Défends à la douleur d'altérer ton image ! Quand sous ces traits divins tu t'offres à mes jeux y Je crois te mieux connaître , et je t'adore mieux. Oui y dans ces traits chéris , j'admire ta puissance.
Les mêmes , J U S T I N E , Mme D' O R V I L L E , CONSTANCE, EUGÉNIE , rentrant Vune après l'autre , considèrent Ursule , et se contraignent pour ne pas éclater de rire.
URSULE continuant sa prière.
ussi je ne crains pas que cet amour t'offense. Comment se pourrail-il , mon dieu , qu'il te déplût , Puisqu'il est un moyen de faire mon salut ! Car auprès de personne , autant qu'il m'en souvienne , Je n'ai'si bien senti la charité chrétienne / Jamais mon cœur , suivant ton précepte divin , Ne fut si pénétré de l'amour du prochain. Je forme avec ardeur pour son bonheur suprême Tous les vœux qu'en secret je forme pour moi-même.
( Elle tombe à genoux, ) !Puisse-l-il rencontrer un cœur digne du sien , Un cœur tendre , sensible, aimant.... comme le mien ! Puisse le sacrement unir leur destinée ! Puissent naître , seigneur , de leur chaste hy menée De petits innocens qui bénissent le ciel ! Puissent-ils, embrasés d'un amour mutuel , Et des prédestinés coûtant îa quiétude , Parvenir \\n\ par l'autre à la béatitude !
( Toutes ^ avec un gi-ancl éclat de rire, ) Ainsi soit-il !
URSULE se relevant précipitamment , et touchant de la main Germeuil , que son Q-este réveille en sursaut. Ciel !
0 E R M E u I L éveillé par le geste d'* Ursule , et saisissant sa main qu'ail couvre de baisers.
Ah!
CONSTANCE avec ironie , à Germeuil.
Poursuivez.
E U G É N I E Je même.
C'est charmant l
G E R M E u I -L paiement , tenant toujours la main d'Ursule.
Mesdames , près de vous , le bien vient en dormant.
URSULE pieusement.
Dans le sein des douleurs quand la Vertu sommeille , Il est bien naturel que la Charité veille. Cette main s'élevait , durant votre repos , Vers celui qui dispense et les biens et les maux ? Et , tandis que ma voix implorait avec zèle Pour un enfant chéri sa bonté paternelle , Ces dames se joignaient à moi d'intention Pour attirer sur vous sa bénédiction.
GERMEUIL vivement, en baisant la main d'' Ursule, Ah , mesdames que j'ai de grâces à vous rendre î
URSULE rougissant.
Ménagez donc ma main !
EUGÉNIE avec dépit.
Il fallait la reprendre Depuis. . . . une heure !
Hélas , le seigneur nous défend De reprendre aucun bien , si l'on ne nous le rend.
GERMEuiLa Ursule.
Je vous le restitue.
CONSTANCES part.
On n'en est pas pressée.
Mme D'ORViLLEà Justine.
Que de ce côté-ci la table soit placée. ( Toutes s'empressent de préparer le déjeûner , et de pla^ cer la table devant Germeuil. ) GERMEUIL voulant se lever.
Ah , mesdames , je vais vous aider.
Mme d' o R V I L L E le faisant rasseoir.
l^on 5 Monsieur.
De quoi vous mêlez-vous ?
JUSTINE en servant.
Oh , quel petit bonheur î
EUGÉNIE
Quoi donc ?
JUSTINE gaiement»
Nous n'avons point madame de Courtmondea