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LETTRE XIV

Il est vrai, depuis long- temps je ne t'écris pas. Je consume dans Fennui les jours et les semaines. Heureusement j'ayais entrepris deux tableaux; j'aurais eu honte de les abandonner, et même je vais en comifiencer un pour madame de F. . .

Point de nouvelles d'Amérique. Antoine était exact, il profitait de toutes les occa-

sions; maiss^il lui arrive quelque accident, je ne pourrai plus rien apprendre. Faudra-t-il que moi aussi je passe les mers ?

LETIRE XV.

M'appartient-il de changer cette fatalité qui décide de toutes choses? Si j'abandonnais des résolutions imparfaitement suivies y si je renonçais à i;ne indépendance dont il ne. me reste plus que la tristesse , qui en souffrirait? qui pourrait m^en. blâmer?

Dequoisuis-je maintenant capable? Que

faire sans but et sans appui? Certaine de n'être jamais heureuse, m'agiterai-je afin de parvenir à cesser d'être inutile?

L'amour est dangereux chez le méchant, et ridicule chez Tinsensé; mais faut-il l'interdire aux âmes droites? N'en auront-elles

pas besoin pour retrouver de Tënergie dans les jours fortunés, ou de la persévérance au milieu des peines? Sont-ils incontestables les biens austères que nous nommons les vrai;s biens? Cédons aux besoins visibles, aux lois dont la sagesse d'aucun siècle

n'ajQTranchira le monde .

Jules n'est pas si loin que tu le supposes.

J'ai retrouvé tes traits, et j'ai saisi surtout sa physionomie , celle qu'il a maintenant, celle que le malheur lui a donnée.

C'est la première tête que je termine : je n'aurais pas attendu de moi quelque chose de passable en ce genre.

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