‹ Isolement et psychothérapieChapitre 106 sur 198 · WoopworrTu, loc. cit., p. 329, (citation de: Barr · texte numérisé non relu

WoopworrTu, loc. cit., p. 329, (citation de: Barr

BR NE TU TT 1 204 PLRS RUN TT ÉEME PR TER" rie ur . < . T Dre , >

respirer. On peut très bien régulariser leurs mouvements respiratoires, les ramener à la normale par des séances d'inspiration et d'expiration bien rythmées. Le D' Natier nous a donné sur ce point plusieurs exemples très intéressants.

… On pourra lire plus loin dans nos observations un exemple de guérison de paralysie hystérique des muscles de l’œil (p. 253).

Il est connu que l’on peut rééduquer son intestin, et qu'un bon moyen d'éviter la constipation consiste à se présenter à la garde-robe régulièrement chaque jour, à la même heure, que le besoin s’en fasse ou non sentir.

Nous ne comptons plus les rééducations de l'estomac que nous avons pratiquées à la Salpètrière. Ces rééducations peuvent se faire en agissant sur la qualité, sur la quantité des aliments, sur les heures de repas, etc... Il est également possible de rééduquer parfaitement l'estomac au point de vue de sa motricité quand celle-ci est troublée sans lésions organiques. Nous avons dans cet ordre d'idée fait disparaître plusieurs fois .des vomissements qui duraient depuis des mois et des années.

Nous avons en effet une action sur les vomissements : tous ceux qui en ont eu savent qu'on peut les retarder, les diminuer en luttant contre eux; il faut rappeler et bien montrer aux malades cette influence de la volonté sur les vomissements. Sans doute, si l'habitude est invétérée, les premiers efforts ne seront pas entièrement couronnés de succès ; mais peu à peu les vomissements deviendront moins abondants, puis le malade n'aura plus qu’une sorte de rumination qu'il parviendra à surmonter. Nous donnons plus loin entre autres exemples, celui d’une malade quivomissaitrégulièrement après chaque repas depuis dix ans ; en quelques jours les vomissements disparurent. La volonté, le désir de guérir développés par la psychothérapie étaient devenus si forts chez cette malade que pendant les premiers jours elle ravalait ses vomissements pour ne pas manquer à la promesse, qu’elle s'était faite à ellemême et qu'elle nous avait faite, de ne plus vomir (p. 331).

Dans de nombreux cas nous avons fait disparaitre des renvois gazeux très gênants. Les malades étaient convaincues que ces renvois étaient un soulagement pour elles, et qu'ils étaient nécessaires à leur santé. Elles s’ingéniaient à les pro-

d'AaL

PR AD TPE at M € DUC O0 Voter CRE M SUPER PTE RE Li Pa À Se eee ce 7 F 13% ve $ ? * n 7 A ra Ée 7% 7 } Fe PA V£r si: ‘te Lin A D 4 UE 220 ISOLEMENT ET PSYCHOTHÉRAPIE

voquer et passaient, à se tourmenter sur ce point, les heures qui suivaient les repas. | |

Nous leur avons expliqué que ces éructations étaient tout à fait inutiles et même nuisibles à leur digestion : le soulagement qu’elles procurent n’est qu'apparent et trompeur, et nous leur avons montré quelles pouvaient s’y opposer en leur rappelant que, quand elles le voulaient (par exemple en publie) les éructations ne se produisaient pas. Nous les avons prévenues que pendant quelques jours elles auraient une légère pesanteur en luttant contre les renvois, mais cette pesanteur disparaîtrait rapidement et les digestions deviendraient meilleures que par le passé.

Dans tous les cas, les malades à leur Due satisfaction se sont ainsi débarrassées de cette mauvaise habitude. Nous avons fait de même disparaître les éructations de personnes nullement névropathes, mais qui étaient convaincues de cette opinion, répandue parfois par les médecins, que les renvois sont signes de bonne digestion. |

Rhppel de la mA — L'anesthésie des hystériques est, suivant la plupart des auteurs, d'origine purement psychique. Le P' Bernheim a bien mis en évidence sa nature en montrant qu'elle se comportait comme l’anesthésie suggérée. « Une hystérique, dit-il, avec la plante des pieds complètement anesthésiée marchera sans regarder le sol, comme si elle Le sentait, elle le sent sans savoir qu'elle le sent. La sensation est perçue; mais le cerveau la neutralise et crée ce que j'ai appelé une illusion négative’. » M. Dejerine fait des remarques analogues. Il fait observer que l'on ne voit jamais sur les hystériques des cicatrices de brûlures, comme on les voit dans le cas d’anesthésie par lésion médullaire. De même, dit-il, quel que soil le degré de rétrécissement du champ visuel que présentent ces malades, ils se comportent toujours comme des sens à champ visuel normal *. :

Bernheim croit que l’anesthésie des hystériques est beaucoup moins fréquente qu'on le dit, et que souvent ce sont les médecins qui la créent de toute pièce par la manière dont ils la

4. BERNHEIN, Hypnotisme, Suggestion, Psychothérapie. Doin, 1903, p. 251.

2. d. DEJERINE, Sémiologie du système nerveux. Pathologie ÉERÈTEe de BoucHAR»D, (54 NI: P. 983.

recherchent. C'est là une opinion qui s'applique certainement à quelques cas mais que l’on ne peut, selon nous, généraliser.

Il ajoute : « Ceci étant bien établi, que l’anesthésie hystérique sensitive ou sensorielle est une illusion de l'esprit créée par le cerveau comme beaucoup de manifestations de l’hystérie, on conçoit que c’est la psychothérapie seule qui peut la guérir. » |

Janet* admet également l’origine psychique de l’anesthésie hystérique ; il la considère comme un « affaiblissement non de la sensation, mais de la faculté de synthétiser les sensations en perception personnelle qui amène une véritable désagrégation des phénomènes psychologiques ».

Binet* pense de même que l'anesthésie hystérique est une «insensibilité psychique ».

La rééducation de la sensibilité est donc bien du domaine

de la psychothérapie.

. De nombreux moyens, ou agents esthésiogènes, ont été employés dans ce but, tels que la fàradisation”, les métaux, etc..…., tous avec succès. La suggestion simple donne également de bons résultats.

Dans les cas où nous avons été en présence d’une anesthésie, nous l'avons traitée en même temps que les autres symptômes, par l'isolement et la psychothérapie. Quand l’anesthésie est légère et ignorée de la malade, il est inutile d’y insister et de la lui faire remarquer ; en effet, conformément à l'opinion de Bernheim on risquerait ainsi de l’aggraver. Quand l’anesthésie est nelte et que la malade ne s’en inquiète pas, nous l'avons vue plusieurs fois disparaître en même temps que s’amélioraient l’état mental et les troubles de la motilité s’il en existait (ce qui est fréquent). Nous avons vu ainsi des anesthésies étendues guérir en même temps que des paralysies, alors que nous ne nous étions inquiétés que de la rééducation motrice ; il semble, qu'au moins dans certains cas, l’anesthésie n’est pas la cause comme on l'a dit de la persistance des accidents, mais qu’elle leur est simplement concomitante. Néanmoins elle est

1. JANET, L'automatisme psychologique. Paris, F. Alcan, 1889.

2. Biner, Les altérations de la personnalité. Paris, F. Alcan, 1892, p. 85.

3. LeLorr en 1879 avait employé ce procédé avec succès dans le service de Vozpran. LeLoir: Heureux effets de la faradisation localisée dans deux cas d’hémianesthésie hystérique, etc. Compt. rend. et mém. de la Soc. de biologie, 1819, p. 19.

dans ces cas un indice utile, sa persistance avertit que la guérison n’est pas complète et sa disparition, si elle n’est pas la cause de la guérison, en est cependant le signe.

Quelquefois nous avons eu à traiter directement des anesthésies persistantes. Elles peuvent être très rebelles, très difficiles à faire disparaître.

On doit, dans ces cas, essayer d’abord de faire naître des doutes dans l'esprit de la malade sur l’importance de cette anesthésie, .1l faut lui expliquer que son insensibilité n’est que relative, puisqu'elle [ui permet de tenir une aiguille, un crochet, etc., sans les regarder. Il faut ensuite lui dire que sa sensibilité peut revenir si elle le veut, pour cela on attirera fréquemment son attention sur la zone anesthésiée, on yexer-

cera des stimulations, piqûres, etc., la malade elle-même recherchera avec soin, à plusieurs reprises dans la journée, si

la sensibilité apparaît et quand elle existe déjà légèrement, si elle devient plus forte.

Il y à évidemment dans ce procédé une grande part de sug-

gestion, parfois il nous est arrivé de procéder par suggestion pure en disant à la malade: tel jour vous sentirez jusqu'au milieu du-bras, le lendemain jusqu’au coude, puis jusqu'au poignet et la sensibilité reviendra dans tout le membre. Il ne faut pas croire d’ailleurs que cette méthode réussisse toujours, et nous préférons comme résultats les cas où l’anesthésie diminue progressivement, en même temps que les autres troubles s’améliorent sous l’influence de l’isolement et de la psychothérapie.

Dans un cas d’anesthésie rebelle nous avons prié le D' Egger d'employer son procédé de la sommation. Il s'agissait d’une malade venue dans le service du P° Dejerine, pour des troubles hystériques très graves; elle avait à son entrée une anesthésie totale. Très améliorée, mais incomplètement guérie, la malade voulut nous quitter malgré notre avis, elle avait encore le jour de son départ de l'hémianesthésie. Le D' Egger, en une seule séance de sommation, vit la sensibilité revenir. — Nous n'avons pas expérimenté par nous-mêmes cette méthode, mais le D' Egger nous a montré dans le service de notre maître des malades atteintes d’anesthésie par lésions orga-

niques qu'il avait ainsi améliorées.

Bd.

b.” CSS CLR RES ME LR OR CS N PEN 7 nn td Me à 14 nm ' € "b: L Es Ca ER 4e ° Dore à NT" POP y 7 (EE E ; TOM 4 Mgr Era A « « * ; a nl ë a r t : . L 4 a L L . PA | / r vs ; PER \ l

Le D’ Egger emploie son procédé avec succès dans le tabes. Voici brièvement en quoi il consiste :

« L'instrument qui nous sert à déterminer la sommation est un diapason, mis en vibration par un électro-aimant. Au bout de l’une des branches est fixée perpendiculairement à son axe une épingle. Quand le diapason vibre, la pointe de l’épingle donne environ 60 piqüres par seconde. Parmi les nombreux cas d'analgésie, il ne s’en est trouvé aucun qui n'ait fini par accuser la sensation de la douleur sous l'influence de cette sommation. Chez la plupart des malades, la sensation douloureuse devient insupportable ; chez d’autres, elle est mieux endurée, mais tous, nous le répétons, finissent par avoir la sensation de la piqüre douloureuse.

« Dans nos recherches minutieuses, nous n'avons trouvé, jusqu'à présent, aucun territoire de tégument cutané, aussi petit soit-1l, qui n'ait pas répondu à l'irritant. On rencontre parfois, dans la surface d’un centimètre carré, des points peu douloureux, mais quand on y revient quelques instants après avec la pointe vibrante, la sensation douloureuse se montre bien accrue’. »

La sommation diminue encore chez les tabétiques le retard de la perception, elle réveille en même temps la sensibilité thermique. Les effets sont persistants après quelques séances.

Que dans l'hystérie la sommation agisse par suggestion,

: c'est fort possible, mais il n’est pas démontré que son action se borne là, car elle a un effet réel indépendant de [a suggestion dans les:troubles de la sensibilité avec lésions organiques.

| . Le premier point nécessaire pour pratiquer la rééducation d morale, c'est d’abord de croire à la possibilité de l’éducation morale. Cette question a été souvent en discussion parmi les

| philosophes. Helvétius pensait que presque toutes les diffé- - rences entre les hommes proviennent de l'éducation, pour Spinoza, Gall, plus récemment Lombroso et pour beaucoup d’autres, les différences sont héréditaires et l’éducation est à

Æ 1. Eccer, L'effet de la sommation, etc. Comptes rendus et mém. de la Société de 4 biologie, 1902, p. 1750.

Q" ee, A

peu près impuissante. Spencer admet seulement l'influence éducatrice à longue distance, elle ne fait sentir ses effets en modifiant le caractère de l’homme, que lorsqu'elle est prolongée pendant une série de générations. La vérité, comme cela arrive souvent, est probablement entre les extrêmes, et nous admettrons avec Quevyrat et beaucoup d'auteurs modernes, que le caractère, c'est-à-dire cet ensemble qui différencie les hommes entre eux, est «une cristallisation d’habitudes autour d’un noyau central qui est le tempérament primitif" »

Cette conception fait encore la part assez belle à l'éducation et, par conséquent à la rééducation, pour que nous ne néglisions pas cette dernière.

L'éducation morale est presque inséparable de l'éducation physique, les fonctions psychiques et les autres fonctions se développent, en effel, ensemble {ce qui ne veut pas dire proportionnellement).

La scission entre une rééducation morale et une rééducation physique est presque impossible à faire. Si nous avons, par exemple, à traiter une paralysie fonctionnelle, nous agirons sur elle en développant la volonté du malade, et la volonté elle-mème deviendra plus énergique par les exercices physiques répétés. Faisons-nous, dans ce cas, de la rééducation morale ou de la rééducation physique, il est difficile de le dire, l'union est intime, comme est intime l'union du « physique » et du « moral ».

La rééducation morale peut s'adresser à une diminution d'une fonction psychique, l'aboulie, par exemple, ou à une dévia üon, une habitude anormale de cette fonction.

Nous ne reviendrons pas sur les points que nous avons exposés plus haut, relatifs au caractère, à la science du médecin

et à la confiance du malade. Ces conditions sont capitales,

l'influence directrice du psychothérapeute étant ici de première importance.

Lorsqu'il s'agit d'une déviation, d’une habitude mentale à corriger, on met en pratique ce que nous avons dit des lois de loubh. Nous avons montré comment, par le raisonnement, on peut combattre une idée persistante qui cause des troubles

1: Quevyrar, Les caractères et l'éducation morale. Paris, F. Alcan, 1901, p. 34

. * Me à ne , * r 0 « EE à 6 Vos M Fi PME Te) kr: . M2 , e CT 1 FRE"

morbides. Il est possible de l’analyser, de la dissocier et de la faire disparaître en combinant différemment les éléments qui la composent.

Nous avons vu encore quel empire nous avions sur nos sentiments en agissant, sinon sur eux à leur naissance, du moins sur les mouvements qui les accompagnent.

Enfin, nous avons longuement parlé dans les pages précédentes du rôle des images et de leur intérêt pratique dans la rééducation.

Aboule. — Les troubles de la volonté et principalement l’aboulie présentent un grand intérêt dans l'étude de la rééducation morale. Les philosophes modernes discutent sur les éléments de l'acte volontaire, mais ils sont d'accord pour. admettre que le phénomène est complexe. Les maladies de la volonté sont en conséquence sous la dépendance des variations des éléments qui la constituent, et il est ainsi probable, a priori, qu'il en existe plusieurs formes. Vouloir, dit Ribot, «c’est choisir pour agir ». « Réduire, dit-il, comme on l’a fait quelquefois, la volonté à la simple résolution, c’est-à-dire à l'affirmation théorique qu'une chose sera faite, c’est s’en tenir à une abstraction. Le choix n'est qu'un moment dans Île processus volontaire. S'il ne se traduit pas en acte, immédiatement ou en temps utile, il n’y a plus rien qui le distingue | d’une opération logique de l'esprit. Il ressemble à ces lois | écrites qu'on n’applique pas”. »

Y- « L’aboulie pour Billod * est une monomanie de la peur qui

… déprime la volonté. » |

À Magnan, Legrain, Langle, voient dans l’aboulie un élément

inhibitoire qui prédomine sur l'élément impulsif.

Raghi et Paulhan expliquent l’aboulie par une association par contraste : au moment de l’action surgirait automatiquement l’idée opposée à cette action *. À

Ribot voit la cause de l’aboulie dans la faiblesse des motifs d'action. Cette faiblesse existe malgré les protestations des abouliques qui se disent les plus désireux d’agir. « L’ardente envie d'agir que quelques-uns de ces malades croient éprouver

TE. 7 D AE ne Et,

Page 1