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Sans doute, au moment d'agir, l’idée opposée à l’action peut surgir et tendre à arrêter cette action, mais si l'individu est doué de volonté il agira quand même; si l’idée opposée à l’action prédomine, n'est-ce pas parce que l’aboulie existe déjà ?
Aboulie des neurasthéniques. — En pratique (du moins chez les neurasthéniques que nous avons traités), tous les éléments de l’acte volontaire se font plus ou moins anormalement, sans qu'il soit possible de dire le plus souvent quel a été le primum movens. Dans les formes graves, toute opération intellectuelle les fatigue, ils ne peuvent faire une lecture, suivre une conversation et par conséquent sont incapables de faire un choix pour agir, d’où leurs hésitations, leurs doutes si connus. Leurs motifs d'action sont aussi insuffisants, ces malades sont d'ordinaire plus ou moins indifférents, ne s’intéressent à rien, oublient souvent leurs parents, leurs affaires, tous leurs motifs d'agir pour ne penser qu'à leur maladie. Et si leur appareil moteur, si les centres nerveux, les voies dé conduction et les muscles ne sont pas primitivement touchés, il est évident que le défaut d'action prolongé les met en état d’infériorité.
Pour la rééducation de la volonté nous devrons donc agir sur tous les éléments de l’acte volontaire.
Après avoir supprimé par l'isolement les causes extérieures de fatigue, nous obligerons d’abord le malade au repos intellectuel et physique. Nous rééduquerons ensuite progressivement son attention volontaire. Nous lui demanderons d’abord uniquement quelques instants d'attention dans la conversation. Nous augmenterons ensuite la durée des séances. Puis nous lui permettrons des lectures dont nous préciserons exactement les moments et la durée. L'entraînement se continuera par des séances d'écriture, simple copie d’abord, composition orioinale ensuite. Ces exercices d'attention varieront bien entendu suivant les cas, ils pourront consister en dessin, calculs, travaux d’aiguille, ete...
Nous renforcerons également les motifs d'action, nous Îles associerons à des sentiments puissants que nous essayerons de développer. On emploiera ce que Paulhan appelle l'intermédiaire efficace : « Souvent, dit-il, la volonté ne dispose pas de forces suffisantes. On aurait quelque désir de s'appliquer
à une lecture, à un travail, et on ne peut le faire, L’impulsion effective fait défaut, les sentiments qui poussent à l'attention sont trop faibles, ou les éléments du moi sont trop peu disciplinés pour se coordonner à la moindre velléité. Alors se produisent les combinaisons que M. Ribot a signalées. Elles font profiter l'attention volontaire de la force fournie par un sentiment puissant, qui vient se combiner avec celui qui nous poussait déjà sans y réussir, à être attentifs. On peut, soit chez soi-même, soit chez d’autres, tâcher de susciter ainsi des associations utiles, de trouver l'intermédiaire efficace, qui unira le moi irrésolu ou impuissant à l’acte auquel on désire le décider‘. » Nous ne pouvons répéter les différents points sur lesquels nous avons déjà insisté, ainsi que les données que nous avons exposées sur l'attention, les associations d'idées. |
Quant à l'appareil moteur lui-même, 1l sera excité par des exercices et si cela était nécessaire stimulé par le massage, l’hydrothérapie, mais 1l est rare qu'on ait besoin de recourir à ces moyens qui doivent être considérés, dans la plupart des cas, seulement comme des adjuvants. |
Action “nhabitrice de la volonté. — Nous savons que la volonté doit être envisagée non seulement au point de vue de l’action, mais encore au point de vue de l’arrèt de l’action. Nous venons de parler de son développement en vue d’agir, sa puissance inhibitrice n’est pas moins utile à rééduquer.
Fréquemment, les hystériques ont perdu ce pouvoir inhibiteur et ce qui le prouve bien, ce sont leurs crises de nerfs. Nous verrons plus loin dans nos observations que les hystériques parviennent par la volonté à dominer, à empêcher leurs crises.
Beaucoup d’hystériques ont des crises à la moindre émotion, elles deviennent capables par entraînement de les supprimer complètement. On peut suivre d’ailleurs la disparition progressive des crises ; parfois, il est vrai, cette disparition est assez brusque, mais dans d’autres cas les grandes crises sont remplacées par des crises larvées caractérisées par des larmes, de la suffocation, etc.., qui disparaissent à leur tour. Finalement les