‹ Isolement et psychothérapieChapitre 118 sur 198 · GÉANT TOP AU ANTON · texte numérisé non relu

GÉANT TOP AU ANTON

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Elle nous quitte guérie le 14 janvier.

Nous avons revu cette malade trois mois plus tard, elle a continué à se bien porter, elle a encore engraissé ; bien qu’encore émotive, sa vie est supportable. Elle déclare même qu’elle est heureuse. En janvier de cette année (190%) elle nous a écrit, nous disant qu’elle se portait très bien.

Hystérie. — Crises datant de quatre mois. — Hemi-hypoesthésie droite. — Rétrécissement du champ visuel. — Guérison.

29 ans, entrée le 1er avril, sortie le 21 avril.

Antécédents héréditaires et familiaux. — Le père est mort à 47 ans d’un cancer pulmonaire. La mère est âgée de 51 ans, elle est bien portante, mais très irascible.

La malade a trois frères et trois sœurs bien portants; elle a perdu cinq frères et sœurs de maladies qu’elle est incapable de préciser.

Antécédents personnels. — Elle à été bien portante pendant sa jeu-

nesse, elle eut ses premières règles à 15 ans et a toujours été bien réglée

depuis.

Elle a à l’âge de 17 ans et demi un enfant qui meurt à 5 mois: à 22 ans, à 26 ans elle a 2 autres enfants.

Elle perd son premier mari, se remarie et a un autre enfant à 27 ans.

Début des accidents actuels, — En mars 1902, elle perd coup sur coup deux de ses enfants, elle est complètement abattue par ce double chagrin, elle pleure longtemps, puis brusquement, elle sent qu'elle ne peut plus pleurer, elle est oppressée, angoissée et garde le lit pendant deux mois.

A trois reprises elle fait un séjour dans un hôpital de province où elle est soignée par des douches.

En décembre 1902, elle a une première crise de nerfs, elle tombe à terre, se débat, a la sensation d’étouffer, elle ne perd pas complètement connaissance.

Depuis cette crise, chaque émotion en détermine une nouvelle avec sensation de boule qui remonte à la gorge.

Depuis un an environ elle ne peut plus travailler. En février, elle esten procès avec son mari qui l’a abandonnée ainsi que l’enfant qui lui reste. A la suite d’une discussion ses règles s'arrêtent et n’ont pas reparu depuis deux mois. , |

La malade vient à Paris pour se faire soigner, elle y arrive sans ressources et couche 4 fois à l’asile de nuit.

Le 1° avril elle vient à la consultation de la Salpêtrière où elle a deux crises de nerfs. |

Elle est reçue salle Pinel.

Examen. — Hypoesthésie légère du côté droit.

Rétrécissement du champ visuel.

Hyperesthésie de la région sous-mammaire gauche et de la zone de l'ovaire gauche.

Pas de clou hystérique.

Les réflexes rotuliens sont forts, surtout du côté gauche.

Les réflexes plantaires sont à peu près normaux, celui du côté gauche est légèrement exagéré.

Il existe une hyperesthésie légère de la région dorsale.

Urines normales.

La malade est soumise à l'isolement, au régime lacté, et matin et soir nous avons avec elle des conversations psychothérapiques (suivant la méthode que nous avons indiquée dans la partie théorique de ce livre et sur laquelle nous ne pouvons revenir à chaque observation).

Elle n’a pas de crise pendant les 10 jours qui suivent son admission.

Le 10 avril à la suite d'efforts répétés pour aller à la selle, la malade se préoccupe, s’énerve à la pensée de prendre un lavement qu'elle redoute beaucoup et a une crise de nerfs.

Ces explications sont celles qu’elle nous donne, peut-être que l’appréhension du départ de l’hôpital dont on vient de lui parler, et des. difficultés qui l’attendent, entre-t-elle pour une part dans la genèse de cette crise.

En tous les cas c’est la seule qu’elle présente pendant son séjour à la salle Pinel.

Nous avons avec elle plusieurs entretiens prolongés, à la suite de cette crise, et nous la persuadons que ses crises sont entièrementsoumises à sa volonté et qu’il lui est possible de les arrêter dès le début ; elle nous promet de ne plus en avoir désormais.

Le 21 avril elle est examinée de nouveau.

Le champ visuel paraît à peu près normal.

La sensibilité est redevenue normale sur presque toute la surface cutanée.

Le réflexe pharyngien est normal.

Elle mange bien, dort bien, elle est calme et paraît avoir beaucoup d’empire sur elle-mème. Malgré les préoccupations qui attendent, elle est résolue à travailler pour élever son enfant et est convaincue qu’elle évitera ses crises si elle le veut.

Elle part en convalescence au Vésinet le 21 avril en bon état de santé.

Poids : 2 avril. . ..:. 52 kilogrammes.

DU Le AE CHA — LES GREN PORPSE —

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