‹ Isolement et psychothérapieChapitre 119 sur 198 · LE 5 2 MR TUE · texte numérisé non relu

LE 5 2 MR TUE

Crises de suffocation d’origine hystérique. Douleurs dans la fosse iliaque droite. — Disparition des crises. — Considérations à propos des douleurs de la fosse iliaque.

30 ans, entrée le 14 février, sortie le 4 mars.

Antécédents héréditaires et familiaux. — Père 69 ans, tuberculeux. Mère morte à 64 ans de maladie de cœur et de tuberculose pulmonaire.

La malade a perdu un frère de 19 ans de tuberculose et une sœur à l’âge de 13 ans de la même maladie.

Antécédents personnels. — Elle a eu dans son enfance la variole etla rougeole.

Elle a été réglée à l’âge de 9 ans. Pendant les premiers mois, les règles furent très abondantes et Ia malade eut en même temps des épistaxis. Vers ce moment on remarqua que la malade était hémophile ; elle eut toujours un certain degré d’anémie depuis son enfance jusqu’à l’âge de 20 ans.

Elle s’est mariée à l’âge de 20 ans et fut atteinte ainsi que son mari de fièvre typhoïde le lendemain de son mariage. Cette maladie fut très grave pour elle, et son mari en mourut.

Elle se remaria à l’âge de 23 ans, fut très malheureuse en ménage el se sépara de son mari.

A l’âge de 24 ans elle eut un enfant qui est bien portant.

A 25 ans elle fut atteinte de bronchite accompagnée d’hémoptysies légères.

La malade a un passé assez chargé au point de vue du système nerveux. Elle a eu des crises de nerfs depuis l’âge de 17 ans jusqu’à 20 ans. Ces crises consistaient en sensations d’étouffement, suffocations, puis elle perdait connaissance sans se débattre. Elle avait des crises semblables

.tous les deux ou trois mois.

Depuis son second mariage, elle eut de nouveau des crises nerveuses.

À l’âge de 26 ans elle à été très ébranlée par une violente frayeur, elle a eu des hallucinations et a fait une tentative de suicide.

Le 31 décembre 19902, elle est opérée pour des accidents d’appendicite (l’appendice fut enlevé, il était, lui a-t-on dit, peu malade).

Le lendemain de l'opération, elle eut une Hoanse abondante qui dura 3 jours.

Le 21 janvier, elle quitte, par un coup de tête et avant d’être guérie l'hôpital où elle avait été opérée. Elle se présente à la Due se plaignant de la fosse iliaque droite et ne pouvant marcher qu’en souffrant et se tenant courbée.

La malade est reçue en chirurgie dans le service de M. Segond. Elle y

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est traitée par le repos, la diète et des applications de glace sur l’abdomen. À aucun moment depuis son entrée elle n’a présenté de fièvre.

Bientôt apparaissent des crises d'étouffement assez bizarres et assez inquiétantes ; chaque crise dure quelques heures et la malade en a jusqu’à 3 par jour. En même temps elle s'énerve beaucoup et s’agite dans son lit.

Le 13 février, nous examinons la malade dans le service de chirurgie, et pensant après examen que sa dyspnée est purement nerveuse nous la recevons salle Pinel le 14 février.

A l’examen nous constatons de l’hémi-hypoesthésie droite, elle n’a pas de rétrécissement du champ visuel, ni d’hyperesthésie du cuir chevelu, ni de la colonne vertébrale, ni des régions ovariennes. Les réflexes plantaires manquent, de même que le réflexe pharyngien. Les réflexes rotuliens sont normaux. — Les urines sont normales.

La malade est soumise au traitement habituel de l’isolement.

Dans un examen chirurgical qu’elle a subi antérieurement, elle a entendu

dire qu’elle avait un rein mobile et elle est persuadée que ce rein en

remontant lui occasionne ces crises de suffocation : il est facile de la convaincre de cette erreur.

Les crises d’étouffement persistent pendant quelques jours, puis peu à peu diminuent de nombre et d'intensité. La malade conserve un peu d’agitation la nuit et reste émotive.

Elle quitte la salle Pinel le 14 mars complètement débarrassée de ses crises de suffocation, mais conservant un peu de nervosisme.

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