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Nous aurions désiré garder cette malade plus longtemps
pour traiter plus complètement son état général et affermir sa guérison, mais 1] lui fut impossible de prolonger davantage son séjour. Elle fut entièrement guérie de ses suffocations, et mème les douleurs dont elle se plaignait dans la fosse iliaque
disparurent. Nous ne pouvons, bien entendu, rien affirmer
sur la nature de ces douleurs, mais il est possible qu'elles aient été de mème nature que les accidents dyspnéiques. Nous avons observé un cas de pseudo-appendicite qui nous a donné à réfléchir sur ce point. I a trait à une malade amenée d’urgence à lhôpital Tenon, alors que l’un de nous y était interne. Cette malade racontait qu’elle avait été prise récemment d’une
violente douleur dans la fosse iliaque droite, son pouls était très
; + : . : ji rapide, sa respiration dyspnéique, son facies angoissé, et elle avait des vomissements. La partie droite de l'abdomen était particulièrement douloureuse et la malade empêchait qu'on y
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portât la main. En l’examinant, l'allure générale de cette malade nous fit penser à la possibilité d'accidents nerveux, et, en quelques minutes, en procédant par suggestion, nous vimes la dyspnée disparaitre, la figure changer, et il nous fut possible de palper l'abdomen en tout sens sans réveiller aucune douleur. Cette malade n'était pas dans notre-service, et nous n'avons pas conservé présents à la mémoire tous les détails de son examen, nous avons appris cependant que les jours suivants elle n'avait plus eu aucune manifestation péritonéale.
Nous avons vu, pendant notre séjour à la Salpêtrière, plusieurs femmes nerveuses présentant des cicatrices de l’opération de l’appendicite, et en réfléchissant au cas dont nous venons de parler, nous nous sommes demandé si l'erreur que nous n'avions évité qu'à grand'peine n'était pas quelquefois commise.
Crises hystériques. — Agoraphobie, céphalée, palpitations, suffocation. — Guérison.
24 ans, entrée le 5 novembre 1902, sortie le 3 décembre.
Antécédents héréditaires. — Son père âgé de 53 ans est bien portant. Sa mère a 52 ans, elle est bien portante.
La malade a une sœur plus jeune qui récemment est devenue nerveuse, impressionnable, irritable, depuis qu’elle a vu les crises de sa sœur aînée. Antécédents personnels. — Elle a toujours été assez bien portante,
elle a été réglée à 13 ans et toujours régulièrement depuis.
Souvent la malade a eu de petites syncopes passagères à la suite de causes minimes.
Début des accidents actuels. — I y a un an, à l’occasion d’une émotion légère provoquée par ses compagnes d'atelier, la malade a eu une forte crise de nerfs avec grande agitation suivie de pleurs.
Depuis cette époque, elle a eu environ une crise par mois. Son caractère s’est également modifié, elle manque de confiance en elle. Elle a des malaises dans la rue, de la crainte de tomber, une sensation de dérobement des jambes.
Examen. — La sensibilité est normale au contact et à la douleur sur toute la surface du corps.
Il existe seulement de l’hyperesthésie du cuir chevelu.
Les réflexes plantaires n'existent pas.
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Le réflexe pharyngien fait défaut.
La cornée a sa sensibilité normale.
Il n’y a pas de rétrécissement du champ visuel.
On ne trouve nulle part de zone hystérogène.
Les organes sont normaux.
Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine.
La malade se plaint surtout de palpitations, de suffocations et de céphalée.
Le lendemain de son entrée, la malade a une crise RATEAUXE par l’agitation d’une voisine atteinte de troubles mentaux.
On institue le traitement isolement, régime lacté, psychothérapie AN nous jugeons inutile de répéter encore les détails).
La malade entrée le 5 novembre, reste au lait (4 litres par jour) jusqu’ au
22 novembre.
Le 23 novembre, elle est mise à l’alimentation ordinaire.
Le 30 novembre, tous les troubles dont se plaignait la malade ont disparu : elle n’a pas eu de crise depuis le lendemain de son entrée. Elle a repris confiance en elle.
Il subsiste seulement un peu d’hyperesthésie du cuir chevelu.
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Elle sort guérie le 3 décembre.
OBsERvVATION VII
Crises hystériques fréquentes. Fausse angine de poitrine. —
Sensations pénibles multiples. — Légère amélioration après un
isolement incomplet. — Guérison par un deuxième isolement.
25 ans, entrée le 19 août, sortie le 10 janvier.
Antécédents héréditaires. — Le père est mort subitement à pu ans. La mère semble névropathe d’après les dires de sa fille.
Antécédents personnels. — Elle a eu la scarlatine à 11 ans. Elle fut |.
bien portante jusqu’à l’âge de 17 ans, puis elle eut des bronchites fréquentes, des rhumes chaque hiver... Ces accidents pulmonaires étaient
probablement de nature tuberculeuse à en juger par lauscultation.
actuelle (signes d'induration ancienne, avec cicatrisation probable).
Début des troubles nerveux.— En juillet 1901 après avoir été souffrante pendant quelques jours, la malade fut prise d’une grande faiblesse, elle eut subitement une tendance à la syncope avec sensation d’étouffement, mais elle ne perdit cependant pas connaissance.
ou
Cette crise larvée fut suivie de crises semblables, apparaissant irrégulièrement à des intervalles de 2, 3, 4 et 6 jours.
La sensation de faiblesse resta permanente.
Au milieu de juillet elle entra à la maison Dubois et fut soignée par des douches écossaises. Elle y resta 15 jours et n’eut pas de crises pendant son séjour, elle partit ensuite à la campagne où elle eut quelques crises dyspnéiques qui, dit-elle, étaient précédées d’une sensation douloureuse dans le bras gauche.
En novembre 1901 elle rentre à Paris, se porte relativement bien pendant quelques jours, puis Les troubles reparaissent.
En janvier 1902 elle peut reprendre ses occupations, et elle travaille avec grand'peine jusqu’en avril.
Le 5 avril elle a une grippe qui dure 8 jours, elle essaye vainement de travailler ensuite pendant deux jours.
Le 14 avril elle a une nouvelle crise d’étouffement avec tendance à la syncope suivie de plusieurs autres les jours suivants; elle en avait parfois deux dans la même journée et restait par contre à d’autres périodes quelques jours sans en avoir.
En mai elle a des hémoptysies et des sensations thoraciques douloureuses; elle est soignée à l’'Hôtel-Dieu, puis elle va au Vésinet. Elle fut considérée à l'Hôtel-Dieu comme atteinte de fausse angine de poitrine.
Le 18 août 1902, elle a une crise beaucoup plus forte et plus longue, elle en a même plusieurs à la suite, entre 10 heures du matin et 6 heures du soir.
La malade entra le 19 août à la salle Pinel.
Femme très nerveuse et très déprimée. Sommeil mauvais, troublé par des cauchemars. Amaigrissement.
On constate des signes d’induration du nes du poumon’gauche.
Les troubles de dyspnée et de suffocation dont elle se plaint à son entrée dans le service ressemblent assez bien à de la fausse angine de poitrine par leur caractère angoissant.
Les renseignements qui précèdent ont été pris à l’arrivée de la malade à l'hôpital.
Entrée pendant la période des vacances, pendant l’absence du Pr Dejerine, la malade ne fut pas soumise à un isolement sévère. Elle continua à
séjourner dans le service sans être guérie.
En novembre elle n’avait plus de crises, mais son état était loin d’être
satisfaisant. Elle conservait un état de nervosisme accentué, elle se plai-
gnait de palpitations, de suffocations, d'angoisse, elle avait des cauchemars fréquents. Elle était toujours triste. Elle passait son temps à réfléchir à sa maladie, ou bien elle lisait des romans et copiait des romances larmoyantes. On essaya sans grand résultat de l’isoler plus sévèrement dans le même lit.
Le 21 novembre, on la changea de lit et elle fut placée à l’extrémité de la salle opposée à celle qu’elle occupait, afin de faire un. changement plus complet.
Un isolement sévère, sans livres, sans lettres, sans visites, fut institué ainsi que le traitement psychothérapique qui n'avait pu être fait jusque-
-[à régulièrement par suite d’une légère désorganisation de ce service survenue pendant les vacances. En quelques jours les symptômes PES dont elle se plaignait continuellement s’amendèrent.
Au bout d’un mois de traitement elle pouvait être considérée comme
guérie. î
Le 4 janvier elle eut, à la suite d’une Snoto quelques moments de suffocation qui ne durèrent pas, et cette on ne se reproduisit plus.
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