LE ES DOVE
Elle nous quitte le 14 janvier For leon ee elle est calme, en possession d'elle-même. Sa douleur morale cilomar de paraît presque disparue.
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CHORÉES. — TREMBLEMENTS.
Chorée hystérique généralisée et extrêmement intense. — Hemianesthésie droite totale. — Crises répétées plusieurs fois par jour. — Impossibilité de parler et de s’alimenter. — Amaigrissement considérable. Guérison complète.
18 ans, entrée le 3 décembre, sortie le 2 janvier.
Antécédents héréditaires et familiaux. — Père mort à 46 ans des suites d’une laryngite chronique. Mère âgée de 46 ans, atteinte d’une affection cardiaque avec œdème fréquent.
La malade a 3 sœurs et un frère bien portants, elle a perdu 2 sœurs en bas âge.
Antécédents personnels. — Elle a eu la rougeole à 3 ans et une angine diphtérique à 10 ans. Elle eut ses premières règles à 12 ans et fut toujours mal réglée. À l’âge de 15 ans elle a eu des hémoptysies légères qui se sont
répétées pendant deux mois, Elle toussait beaucoup à ce moment et elle
a toujours toussé depuis jusqu’en septembre 1902, époque à laquelle la toux a complètement disparu. s
Début des accidents actuels. — En mai 1902, la malade recoit une giffle dans le cours d’une discussion violente. Elle se met à pleurer, puis perd à demi connaissance, et tombe par terre en se débattant. Cette crise dure environ trois quarts d'heure. La nuit suivante, le sommeil est troublé par des cauchemars. Le lendemain la malade se sent brisée de fatigue et ne peut travailler à son atelier.
Elle devient très émotive, pleure facilement, cependant son état général reste bon.
En août, la malade ressent des douleurs dans la cheville droite sans gonflement, ni fièvre, en même temps des mouvements désordonnés apparaissent dans la jambe droite, puis ces mouvements choréiques se propagent successivement au bras droit, à la face, à la langue et au cou.
En septembre, la malade a de nouveau des douleurs (toujours sans gonflement, ni fièvre) dans le pied droit, puis des mouvements choréiques dans la jambe gauche et dans le bras gauche. De telle sorte que vers le 15 septembre tout le corps est agité de mouvements choréiques.
En octobre, la malade se plaint de fortes douleurs d'estomac dès qu’elle
a mangé. Ces douleurs provoquent des crises de nerfs, la malade a une sensation de serrement au creux épigastrique, elle s’allonge, crie et se débat. Elle à eu pendant certaines périodes, des crises toutes les deux heures. Jamais elle n’a perdu complètement connaissance ; elle a eu des crises pendant la nuit, mais jamais pendant le sommeil.
Cet état duré depuis octobre jusqu'à décembre 1902. La malade est obligée de garder le lit, ne peut s’alimenter, ni parler, elle arrive à un degré de maigreur inquiétant.
Elle est envoyée à la Salpêtrière par notre collègue et ami Roussy, qui a été appelé à l’examiner à la fin de novembre.
Elle entre salle Pinel, le 3 décembre 1902.
Examen: La malade a une agitation choréique extrême, des membres, du cou, de la face, de la langue ; elle ne peut pas articuler les mots et est complètement incompréhensible; il lui est impossible de marcher. Elle se plaint par gestes, de sensations fréquentes, de constriction au creux épigastrique. Amaigrissement, teinte pâle des téguments.
Elle a de l’hémianesthésie droite totale au contact, à la chaleur et à la douleur. Ovarialgie gauche.
Elle est soumise à l'isolement, au régime lacté et à la psychothérapie. Nous lui apprenons surtout à faire plusieurs fois dans la journée l'essai de rester immobile pendant quelques secondes. Peu à peu elle réussit à dominer ses mouvements et devient plus calme. Elle n’a pendant son
séjour salle Pinel, aucune de ces crises qu’elle avait si souvent chez elle. Après quelque temps nous lui faisons faire des exercices de prononcia- .
tion, des mouvements réguliers des mains et des bras et des exercices de marche.
Le 19 janvier elle est relativement calme et nous pratiquons un nouvel examen. Tous les modes de la sensibilité qui étaient abolis du côté droit sont reparus; de ce côté il n’existe plus qu’un peu d’hypoesthésie.
La région de l'ovaire gauche est toujours douloureuse.
Une simple pression ou attouchement de Pabdomen provoque une série de mouvements spasmodiques des muscles abdominaux.
Il n’y a pas de zone d’hyperesthésie dans les régions sous-mammaires, ni sur le cuir chevelu, ni sur le trajet de la colonne vertébrale.
Les réflexes rotuliens et plantaires sont normaux. Le réflexe pharyngien est très atténué.
L’auscultation permet d'entendre un léger souffle nains extracardiaque.
Le sommet du poumon droit donne à l’auscultation un murmure vésiculaire diminué. S
La constriction épigastrique a complètement disparu.
Le 25 décembre, la malade qui prenait 5 litres de lait par jour jusque-là
est mise à l’alimentation ordinaire; elle reçoit le même jour une visite de sa mère.
Le 8 janvier, quelques mouvements choréiques reviennent dans les doigts et disparaissent après une courte période d'isolement complet.
Nous continuons la rééducation de la marche, de la parole et des mou-
vements des membres supérieurs, par des séances faites matin et soir, et par des travaux divers auxquels se livre la malade. En même temps nous pratiquons la psychothérapie comme nous l’avons indiqué.
Le 21 janvier, la malade est complètement guérie, elle est transformée et fait l’étonnement des médecins qui assistaient à la consultation du Pr Dejerine le jour où elle a été reçue dans le service.
Poids : 3 décembre. . . ‘43kgr »
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