‹ Isolement et psychothérapieChapitre 123 sur 198 · A SR · texte numérisé non relu

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Le traitement a eu rapidement raison de cette chorée intense, de cette hémianesthésie totale, et de ces crises si nombreuses qui avaient conduit la malade à un état de cachexie alarmant.

Chorée hystérique datant de 7 mois, développée à la suite d’une frayeur, et traitée sans succès par l’hypnotisme avant l’entrée de la malade à la Salpêtrière.— Guérison en 15 jours par la persuasion et l'isolement.

18 ans, entrée le 6 juillet, sortie le 7 août,

Antécédents héréditaires et familiaux. — Père 53 ans, bien portant. Mère 49 ans, a fréquemment des palpitations, des crises de suffocation, est (très émotive, a des tendances à la lipothymie aux moindres émotions.

La malade a deux sœurs de 25 et 20 ans très bien portantes l’une et l’autre, n’ayant jamais eu de crises nerveuses.

Antécédents personnels. — La malade a eu la rougeole à 3 ans, la scarlatine à 10 ans et une fièvre typhoïde légère à 15 ans. — Elle eut ses premières règles à 14 ans et a toujours été bien réglée depuis.

Début des accidents actuels. — Un soir de décembre 1901 elle est accostée en rentrant chez elle par un voyou qui essaye avec violence de relever ses jupes. Elle éprouve une forte émotion et à la suite de cet incident elle a du tremblement et de l’insomnie pendant toute la nuit.

Pendant les 8 jours qui suivent cet incident, son caractère est changé, elle se sent mal à l’aise et peu à peu apparaissent des mouvements choréique, bientôt généralisés à tout le corps. En mème temps elle a plusieurs fois par jour (jusqu’à 8 fois) des crises nerveuses avec sensation de boule ; elle ne perd pas complètement connaissance pendant ces crises.

Cet état dure six semaines ; au bout de ce temps sa famille fait venir un médecin qui l’endort par pression sur les globes oculaires; elle subit plusieurs séances d’hypnotisme sans modification des crises ni des mouvements choréiques. | |

Examen le 6 juillet, jour de l'entrée. — La malade a des mouvements choréiques très marqués et généralisés à tout le corps. Elle a une zone d’hyperesthésie très prononcée dans la région de l'ovaire gauche. Nulle part ailleurs on ne constate de troubles sensitifs ni de stigmates hystériques.

Les urines sont normales.

La malade est mise à l'isolement et au régime lacté. On lui explique, ce qu’elle comprend facilement, que ses mouvements déréglés et ses crises sont la conséquence de la peur violente qu’elle a éprouvée; chez ses parents, lui disons-nous, elle n’avait pas le calme nécessaire à sa guérison et tout au contraire lui rappelait sa frayeur; elle guérira très rapidement si elle veut avoir confiance en nous. Ces arguments associés aux images de guérison évoquées sont acceptés facilement par cette malade docile et confiante. Le jour de son entrée elle a encore une crise nerveuse mais c’est la dernière, aucune ne reparait par la suite.

La malade promet que ses mouvements choréiques disparaîtront dans quatre jours, et en effet ils disparaissent le jour convenu, maisilsreviennent très légers trois jours après pour ne plus reparaitre. = La douleur ovarienne est plus tenace, elle va cependant en s’atténuant et n'existe plus 15 jours après l'entrée de la malade à la Salpêtrière. La malade est conservée encore 15 jours salle Pinel, pour éviter foute rechute, et elle sort complètement guérie le 7 août. À

Il s’agit ici d’une chorée hystérique très nette, développée à la suite d’une frayeur, chez une jeune fille héréditairement prédisposée. Il est à remarquer que chez elle la guérison fut obtenue rapidement par la persuasion et l'isolement, malgré l’ancienneté des accidents et alors que l’hypnotisme n'avait donné aucun résultat.

OBSERvATION XII

Chorée hystérique.— Crises nerveuses. — Hyperesthésie gauche. — Rétrécissement du champ visuel. Guérison.

18 ans, entrée le 24 février, sortie le 20 avril.

Antécédents héréditaires. — Le père a 47 ans, est bien portant. La mère 39 ans. est obèse, albuminurique et diabétique; de plus elle est très nerveuse, elle a des crises de nerfs une fois par mois en moyenne.

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Antécédents personnels. — La malade a eu la rougeole dans son enfance. Elle fut réglée à 11 ans, elle était à cet âge grande et forte. A l’âge de 16 ans, à la suite d’un accès de colère à l’époque de ses règles, celles-ci sont, ditielle, supprimées brusquement et ne reparaissent plus pendant dix mois. Elle devient anémique et garde le lit à l'hôpital pendant deux mois. | |

Début des accidents actuels. — A l’âge de 17 ans, après une violente

discussion, une de ses amies tire sur elle trois coups de révolver. Quelques

jours après cette scène elle a des crises de nerfs et présente de la chorée des bras, de la face et des membres inférieurs. Elle est soignée dans un hôpital pour ces manifestations nerveuses, les crises diminuent et disparaissent, ainsi que les mouvements choréiques, par les douches.

Mais pendant sa convalescence au début de février, ayant appris la mort de sa grand’mère, elle a de nouveau une crise de nerfs et la chorée reparaît. Elle entre à la salle Pinel le 24 février.

Examen le jour de l’entrée. — La malade présente des mouvements choréiques désordonnés et fréquents du bras gauche. Il existe des mouvements semblables mais moins nombreux dans le membre inférieur du mème côté.

Nous trouvons en outre de l’hyperesthésie à la douleur dans tout le côté gauche, sauf à la face; le cuir chevelu présente de l’hyperesthésie qui rend le passage du peigne douloureux.

Le réflexe plantaire est normal à droite, il est aboli du côté gauche. Le champ visuel est très rétréci. Le réflexe pharyngien est conservé. Les réflexes rotuliens sont très diminués.

Il y a un peu d’hyperesthésie à la pression sur Le trajet de la colonne vertébrale.

Elle a en outre les mains et les pieds cyanosés et légèrement GORMANEE

Les urines sont normales.

La malade est isolée, soumise au régime Tue et, malin etsoir dans des conversations psychothér apiques, nous lui expliquons la genèse de ses accidents, nous lui montrons comment guérira la chorée, et plusieurs fois par jour elle s’exerce soit seule, soit devant nous à garder l’immobilité absolue. Au bout de quatre jours, les mouvements choréiques sont disparus. Quelques jours plus tard nous voyons reparaître de légères secousses du bras gauche, qui ne persistent pas au delà de 24 heures.

Le 6 avril, a malade n’ayant eu aucune manifestation nerveuse depuis déjà quelques semaines, est autorisée à sortir avec une dame de ses amies.

Le 7 avril, elle a une crise de nerfs et deux autres crises dans la matinée du 8 avril.

Nous causons longuement avec elle et nous apprenons que les crises ont pour cause une forte contrariété survenue à l’occasion de sa sortie. Elle aimait un jeune homme, elle n'a pusavoir ce qu’il était devenu, mais on lui a affirmé qu’il ne pensait plus à elle ; c’est ce chagrin qui a été la cause de ses crises. À la fin de notre conversation avec elle, après avoir écouté les raisons que nous lui donnons, elle prend la résolution d'oublier ce

chagrin et de maîtriser ses crises si elle en sent venir de nouvelles. Cepen-

dant. pendant deux jours, trompant la surveillance, elle ne prend aucune alimentation. Nous avons de nouveaux entretiens psychothérapiques avec

elle et depuis elle a mangé régulièrement, sa gaîté est revenue rapidement. Elle n’a plus de crises et parait guérie.

Elle nous quitte en très bon état de santé dans la 3e semaine d’avril.

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Chez cette malade les mouvements choréiques ont cédé

rapidement à la cure par l'isolement et la psychothérapie. Nous avons quelques doutes sur la persistance de la guérison, à cause des conditions de vie de cette malade. Sa mère, étant très nerveuse, a fréquemment des crises et ne peut s'entendre ni avec son mari ni avee notre malade. Le séjour à la maison maternelle se passe en une série de disputes, et d'autre part

la malade ne peut par elle-même assurer son existence au

dehors.

Nous avons appris cependant indirectement que la guérison se maintenait encore plusieurs semaines après la sortie de l'hôpital.

OBsErvaTION XIII

Chorée hystérique généralisée. — Anesthésie presque totale. — Nombreux accès choréiques antérieurs ayant duré chacun plusieurs mois. — Guérison du dernier accès en quelques jours.

24 ans, entrée le 29 novembre, sortie le 21 décembre.

Antécédents héréditaires et familiaux. — Père bien portant. Mère bien portante.. |

Elle a 4 frères et une sœur tous en bonne santé.

Antécédents personnels et début des accidents nerveux. — La malade a eu la rougeole à 3 ans. A l’âge de 9 ans, elle est soignée pendant 3 mois à l’hôpital Trousseau pour de la chorée. Au dire de la malade, cette chorée aurait été unilatérale, mais les renseignements qu’elle donne sur ce point sont peu certains. Û

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OBSERVATIONS d'A

À partir de l’âge de 10 ans elle est traitée pendant 28 mois à l'hôpital Saint-Louis pour la teigne.

À 12 ans et demi elle a une nouvelle crise de chorée, pour laquelle elle est soignée à l'hôpital Lariboisière pendant six semaines.

De retour dans sa famille, elle a trois accès de chorée, pour laquelle elle est envoyée à la Salpétrière. Elle y est traitée dans le service de Charcot par de l’antipyrine et des douches.

Après 4 mois de séjour à la Salpètrière, elle est prise de paralysie de la langue.

Cette paralysie ou plutôt ce mutisme dura trois mois. Quand il fut guéri apparut une paralysie des quatre membres avec impossibilité de se tenir debout ; il lui était également impossible de manger seule. Ces accidents disparurent au bout de trois mois, mais la chorée persistait après la guérison de la paralysie des membres.

Elle fut réglée à 15 ans pour la première fois et l’a toujours été depuis normalement chaque mois.

Elle eut à 15 ou 16 ans un autre accès de chorée limité cette fois au côté droit et fut soignée pendant très longtemps à la Salpêtrière.

A l’âge de 19 ans, elle fut opérée à l'hôpital Beaujon d’une hernie étranglée.

A l’âge de 20 ans elle fut opérée d’un kyste de l'ovaire à l'hôpital Tenon.

[IL y a trois semaines elle est reprise de chorée; nous ne trouvons pas la cause de ce nouvel accès. Elle entre le 29 novembre à la salle Pinel.

Examen à l'entrée. -— La malade présente des mouvements choréiques généralisés à tous les membres et à la tête. Ces mouvements sont très accusés.

Elle a souvent des maux de tête qui prédominent dans la région temporale.

Elle a de l’anesthésie au contact et à la piqûre, sur toute la surface du corps, sauf à la face dorsale de la main droite.

Les sensations thermiques sont conservées, mais retardées. Il existe de l’hyperesthésie à la pression dans la région de l'ovaire droit.

Le réflexe pharyngien fait défaut.

Le réflexe cornéen est diminué.

Les réflexes rotuliens sont à peu près normaux.

Les réflexes plantaires manquent.

Les urines sont normales.

La malade est mise à l'isolement et au régime lacté. Nous lui faisons malin et soir des séances de psychothérapie et de rééducation. Nous lobligeons à conserver l’immobilité, d’abord pendant quelques secondes, puis pendant un temps plus long. Elle se livre elle-même plusieurs fois par jour à ces exercices ; puis nous l’habituons à faire des travaux d’aiguille, etc.

Poids: 29 novembre. . . . 55 kilogrammes. 10 décembre. . . . 54 —

Elle nous quitte le 21 décembre complètement guérie,

Nous ferons remarquer que les premiers accidents choréiques dataient de l’âge de 9 ans, et que l'accès que nous avons traité était le cinquième ou le sixième. | . Nous espérons que la malade n'en présentera pas d'autres. : En tous les cas, les accès antérieurs traités dans des services spéciaux, avaient duré plusieurs mois. Le dernier n’a duré que quelques jours après le début du traitement.

Chorée très intense des membres, du tronc, de la face et de la langue. — Hoquet, aboiïiement. — Anesthésie complète. — Rétrécissement du champ visuel. — Accidents datant de 10 ans. — Insuccès de LAyPROUEnerS Amélioration, puis récidive moins sérieuse.

35 ans, entrée le 10 novembre, sortie le 31 décembre.

Antécédents héréditaires et familiaux. — Père mort d’un cancer. Mère a 77 ans, elle est bien portante.

La malade a une sœur de 48 ans bien portante, elle a perdu une autre sœur de tuberculose pulmonaire.

Elle a deux frères, l’un à 46 ans et est bien portant, l’autre, 40 ans et est relativement en bonne santé.

Antécédents personnels. — La malade fut bien portante pendant son enfance et son adolescence, elle fut réglée à 18 ans et l’a toujours été irrégulièrement depuis. Elle a toujours eu des pertes blanches. Vers 33 ans ses règles ont disparu complètement pendant 14 mois.

Début des accidents actuels. — À l’âge de 24 ans, c’est-à-dire il y a 11 ans (en 1891), la malade raconte qu’elle a eu une fuVeu très violente.

Elle travaillait, dit-elle, dans le voisinage de sa maison quand elle entendit une détonation effroyable, c'était sa maison qui venait de sauter par une explosion de dynamite. Elle était persuadée que sa mère était sous les décombres et bien qu’elle vit au bout de quelques instants sa mère saine et sauve, elle fut cependant fortement ébranlée par cette. émotion. Elle y rattache les troubles dont elle a été atteinte.

Depuis cette époque elle devint nerveuse, eut des accès de colère et de - pleurs, son caractère changea mais elle n’eut pas de crise d’hystérie. Elle ne pouvait penser ni raconter la catastrophe sans être très émotionnée et sans pleurer, c’est seulement depuis qu’elle à été hypnotisée, dit-elle, qu'elle peut la raconter.

Elle est bientôt incapable de travailler d’une facon continue, elle devient

paresseuse et grossière ; elle a des idées noires, elle refuse de manger par périodes.

Environ un an après le début des accidents, elle est atteinte d’une chorée très intense, elle ne pouvait ni marcher, ni manger, ni parler.

Depuis elle à toujours eu de la chorée à un degré plus ou moins marqué.

A l’âge de 27 ans, les troubles étant toujours les mêmes, elle est reçue à l'hôpital Saint-Antoine, là elle est traitée par des douches, des bains et de l’antipyrine. Elle reste 3 mois en traitement et se trouvant un peu améliorée elle retourne dans sa famille où elle a une rechute.

Au bout d’un an elle revient suivre le même traitement au même hôpital pendant 5 mois.

De nouveau elle est améliorée, retourne dans sa famille, puis elle est atleinte d’un hoquet très fort et persistant; le médecin de la famille essaya à plusieurs reprises de l’endormir sans pouvoir y parvenir.

De plus apparait une sorte d’aboiement qui se produit jour et nuit.

En 1897 et 1898, la malade est reçue dans le service de clinique de la Salpêtrière. Après plusieurs tentatives infructueuses la malade est endormie. À la suite des séances d’hypnotisme, les aboiements et la chorée s'arrêtent pendant quelque temps puis reparaissent.

La malade fut endormie pendant une période de trois jours consécutifs, à la suite de ce sommeil prolongé, dit-elle, elle eut d’abord de petites crises nerveuses, puis des crises très fortes.

Malgré le traitement et malgré des périodes d'amélioration, la chorée et les aboiements continuèrent et cela dura pendant 5 ans.

La malade devint insupportable, n'avait plus aucun respect pour son médecin, l’injuriait et avoue mêmé qu’elle lui a craché à la figure.

Elle eut des périodes de contracture, des périodes de délire, on lui mit à plusieurs reprises la camisole de force.

En août 1902 la malade eut une période d’accalmie, elle reçut alors la suggestion d’être calme et tranquille pendant 5 jours, puis elle fut CREUSE au train el partit pour son pays.

Le voyage se passa convenablement.

Le médecin de la famille avait été prévenu que la malade était devenue très hypnotisable et que lui-même pourrait réussir à lendormir s’il le croyait nécessaire.

Le médecin l’endormit donc tous les 2 ou 3 jours mais la chorée et les aboiements ne s'améliorant pas, il renvoya la malade au service de clinique de la Salpêtrière.

Elle y resta d’abord pendant 15 jours relativement tranquille, espérant retourner bientôt chez sa mère, mais celle-ci lui ayant écrit pour lui. donner l’ordre de rester plusieurs mois à la Salpêtrière, elle eut de nouveau des accès d’aboiement et de la chorée à tel point que personne ne réussissait à la dominer.

Il importe d’ajouter que pendant son séjour dans sa famille la malade avait entendu parler du traitement pratiqué dans le service de M. Dejerine et des succès qu’on y obtenait. 11

CAMUS ET PAGNIEZz. 18

Au commencement de novembre 1902, M. Sicard, chef de clinique du Pr Raymond, nous demanda d’essayer sur cette malade la méthode de l'isolement et de la psychothérapie.

Le 9 novembre 1902, nous vimes pour la première fois la malade: au milieu d’un très grand désordre de mouvements des membres, de la face et de la langue elle nous manifesta le désir d'entrer à la salle Pinel.

Nous hésitions à la recevoir et elle ne fut acceptée qu'après avoir promis formellement que personne n'aurait à se plaindre d'elle pendant son séjour dans le service.

Le 10 novembre, la malade entre salle Pinel et est aussitôt mise à l’isolement. Il est impossible de l’examiner complètement à ce moment, à cause de sa grande agitation. Sa chorée est excessive, c’est une gesticu-

lation incessante des bras, des jambes, du trone, des muscles de la face,

de la langue. Etat mental de débile, rire et pleurs faciles.

La psychothérapie chez elle consiste à lui rappeler sa promesse d’être sage, à lui affirmer qu'elle guérira si elle fait des efforts pour dominer ses mouvements, et aussi à la menacer de la renvoyer à la première infraction au silence. |

On lui commanda de s'exercer sous nos yeux, puis seule, à rester quelques secondes, puis quelques minutes immobile.

Depuis son entrée elle n’a ni aboiements ni hoquet ; elle se montre docile et fait des efforts réels pour dominer les mouvements déréglés de son corps. |

L’isolement n’est complet que pendant 10 jours; les 20; 21 et 22 novembre, les rideaux de la malade sont ouverts pendant une heure, ce qui lui donne un très grand encouragement.

Le 21 novembre, la malade commence à faire du crochet, travail auquel’

elle n’avait pu se livrer depuis de longs mois.

Le 23 novembre, elle est assez calme pour qu'on puisse l’examiner. La chorée disparaît presque quand la malade est bien étendue dans son lit.

Examen. — Il existe une perte complète de toute sensibilité, au contact, à la douleur, à la chaleur.

La malade accuse seulement de la douleur par la pression au creux épigastrique, sur le sommet de la tête, sous le sein gauche et à la nuque.

Il n'existe pas de réflexes plantaires ni pharyngien; les réflexes rotuliens sont faibles.

Le sens stéréognostique est très troublé, cependant après beaucoup d’insistance la malade arrive à reconnaitre certains objets, les yeux étant fermés.

Le champ visuel est rétréci.

La force musculaire parait intacte.

Les urines sont normales.

Les exercices de marche sont commencés le 23 novembre ; ils ont été précédés par des mouvements des membres inférieurs, commandés dans la position horizontale.

Le 27 novembre, la malade a un accès de tristesse, presque de désespoir. À occasion d’un cauchemar survenu la nuit précédente, elle s’est

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rappelée qu'on l’avait menacée jadis de la mettre dans un service d’aliénés et s’effraye à cette idée. M. Dejerine lui montre que ses craintes n’ont aucun fondement et le mieux continue.

A la date du 30 novembre, chaque jour et plusieurs fois par jour depuis : une semaine, la malade a fait des exercices de marche et maintenant elle marche à peu près d’une façon normale. Elle peut faire du crochet et lire, et elle est décidée à rentrer dans sa famille avant un mois.

Son état mental très altéré à son entrée n’est pas encore normal, elle rit aux éclats avec une grande facilité, et conserve de la chorée de la langue.

Le 21 décembre, l’état général est excellent, la malade a fait un nouveau progrès, elle écrit à peu près convenablement.

Elle ne présente plus que quelques rares mouvements brusques des membres et de la langue qu’elle domine assez facilement.

IL existe encore de l’anesthésie.

Le 27 décembre, la sensibilité revient du côté droit du corps, mais la malade présente toujours une hémianesthésie gauche totale. Son maintien, sa physionomie, sa conversation ont subi une transformation surprenante.

Le 30 décembre, la malade qui a consenti à rester à la Salpêtrière pendant la fête de Noël, veut absolument passer les fêtes du nouvel an. dans sa famille. Nous avons déjà à deux reprises reculé son départ et il nous semble difficile de le reculer davantage. L’hémianesthésie gauche persistant encore, M. Egger fait avec le diapason une séance de rappel de la sensibilité. La sensibilité revient et nous laissons partir la malade qui semble guérie, sans nous faire toutefois beaucoup d'illusions sur la durée de cette guérison, mais il nous est impossible de garder davantage cette malade car elle veut à tout prix quitter la Salpêtrière et revoir sa mère. | Poids : 12 novembre. . . . 4äkgr »

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