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Trois semaines après son départ, la ANGES nous écrit une lettre très raisonnable où elle nous remercie de sa guérison ; elle émet cependant quelques craintes au sujet d’une rechute.
Depuis, la malade a eu une rechute, elle est revenue dans le service 6 mois après son départ ayant encore de la chorée, cependant dans un état beaucoup moins grave qu’à son premier séjour.
Il est évident que la malade nous avait quittés trop tôt ; ileut fallu aussi pouvoir la suivre ensuite régulièrement et lui con-
tinuer la psychothérapie et l’appui moral. Malgré tout, les résultats chez elle ont été des plus remarquables, surtout si l’on pense que la malade avait déjà été traitée (en particulier par la suggestion hypnotique) pendant de nombreuses années.
A l'heure actuelle, la guérison est très avancée, chose importante, la mentalité est toute autre que lors de son premier séjour ; la malade est calme, elle se sert très bien de ses mains pour plusieurs travaux et elle est heureuse à l’idée de pouvoir bientôt exercer une profession lui permettant de gagner sa vie.
Chorée et tremblement consécutifs à une tentative de viol et datant de 4 ans. — Hémi-hyperesthésie. — Nombreuses zones d’'hyperesthésie du côté opposé. — Rétrécissement du champ visuel. Guérison.
17 ans, entrée le 16 avril, sortie à la fin de mai.
Antécédents héréditaires et familiaux. — Père bien portant. Mère en bonne santé, mais a toujours été très nerveuse el a présenté quelques accidents hystériques.
Deux frères bien portants et trois sœurs très nerveuses.
Début des accidents actuels. — À l’âge de 13 ans, la malade a éprouvé une frayeur violente, un vaurien ayant tenté de la violer dans le bois de Vincennes. A la suite de cette peur, elle a eu du tremblement et de la chorée. :
Elle fut traitée sans succès par des douches, des bains, etc.
Elle n’a jamais eu de crises de nerfs, mais a éprouvé fréquemment la
sensation de boule suivie de celle de suffocation, d’étouffement.
La malade fut réglée à l’âge de 13 ans, un mois après l’incident du bois de Vincennes. j |
Elle n’a jamais pu depuis cette époque entreprendre un travail régulier, à cause du tremblement et des mouvements choréiques. |
Il y a 4 mois, elle fut traitée dans un service de maladies nerveuses sans amélioration notable.
Le 16 avril 1903, elle vient à la consultation de la Salpêtrière, non pas pour elle mais pour accompagner sa mère, dont l’observation est relatée (page 3784).
Nous sommes frappé de sa chorée qui est très marquée, nous lui offrons de la traiter, et elle est reçue à la salle Pinel.
Examen. — Le tremblement est très marqué au membre supérieur droit, il est exagéré considérablement par l’émôtion.
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Les mouvements choréiques sont également plus prononcés du côté droit. ;
Nous notons encore :
De l’hyperesthésie de tout le côté droit ;
De l’hyperesthésie des régions ovariennes, très accusée du côté gauche. La pression dans cette zone provoque la sensation de la boule qui remonte
et une rétraction vive de la paroi abdominale.
IL existe encore de l’hyperesthésie au creux épigastrique, aux régions sous-mammaires, à la région dorsale et sous-scapulaire.
Le cuir chevelu est hyperesthésié et le passage du peigne est douloureux.
Le réflexe pharyngien est absent.
Les réflexes rotuliens et plantaires sont normaux.
Le champ visuel est rétréci surtout à droite.
Le côté droit de la langue perçoit aussi moins bien les sensations gustatives.
Les urines sont normales.
La malade'est soumise à l’isolement et au régime lacté.
Matin et soir nous faisons des séances de psychothérapie et de rééducation.
Nous l’habituons à garder l’immobilité complète pendant quelques secondes, puis pendant quelques minutes; elle s’y exerce elle-même à plusieurs reprises dans la journée.
Nous avons remarqué, ayant eu l'attention attirée de ce côté par le D: Natier, que sa respiration se faisait d’une facon irrégulière; nous l’habituons également à faire de meilleurs mouvements respiratoires.
Les travaux de crochet, d’aiguille de la malade sont surveillés, et nous nous servons de ces occupations pour régler les mouvements de ses mains. |
Dynamomètre : 18 avril. . . . Main gauche — 7 Main droite — 15
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Main droite — 22
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Main droite — 28
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A notre départ de la Salpêtrière le 4er mai, c’est-à-dire en 15 jours,
les mouvements choréiques et le tremblement étaient presque complète-
ment disparus, elle avait engraissé de 1k8r,500. Trois semaines après la malade quittait la salle Pinel complètement guérie.
Mouvements choréiques et tremblement unilatéraux, consécutifs à une frayeur. — Disparition en 4 jours. — Une première attaque de chorée avait duré 2 mois.
20 ans, entrée le 5 novembre, sortie le 19 décembre.
Antécédents héréditaires et (Up — Père bien portant. Mère très nerveuse.
La malade a un frère et une sœur bien portants.
Elle a une cousine qui a eu de la chorée et de la paralysie passagère.
Antécédents personnels.— La malade a eu la rougeole à l’âge de 3 ans.
Sa santé a été bonne pendant son enfance.
Début des accidents actuels. — À l’âge de 14 ans, la malade a eu une période de chorée qui dura deux mois. Cette chorée était unilatérale, siégeait au membre inférieur et au membre supérieur droits et du même côté de la face.
Cette crise avait débuté quelque temps après la chorée de sa cousine
qu’elle voyait journellement.
Les mouvements choréiques cessèrent sous l'influence de douches et
de la liqueur de Fowler.
Elle eut ses premières règles à l’âge de 15 ans et fut réglée depuis normalement.
Le 2 septembre 1902 elle est reprise de chorée à la suite d’une peur, ayant vu écraser un homme dans la rue.
Les mouvements eue siègent, comme à la première crise > du côté droit, en même temps qu’eux apparaît du tremblement.
La malade entre le 5 novembre 1902 à la salle Pinel.
Examen. — Elle présente des mouvements choréiques de tout le côté droit.
Tremblement du même côté.
Sensibilité cutanée à peu près normale.
Réflexes tendineux normaux.
Le réflexe pharyngien fait défaut.
Il n'existe pas de zones hystérogènes.
Les urines sont normales.
La malade est soumise à l’isolement, au régime lacté, au traitement
psychothérapique, à des séances d'immobilité (très courtes d’abord, puis :
prolongées) et de rééducation des mouvements. En 4 jours les mouvements choréiques et le tremblement ont presque complètement disparu. La guérison s’achève les jours suivants.
Poids : 5 novembre. . . . 47 kilogrammes.
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Elle nous quitte le 19 novembre S nbrenrent guérie.
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Tremblement de la main droite datant de l'enfance; exagéré depuis trois mois et empêchant la malade de travailler. Aucun stigmate. — Guérison.
20 ans, entrée le 10 juillet, sortie le 7 août.
Antécédents héréditaires et familiaux. — Père bien portant. Mère a des accès de tristesse sans motif.
La malade a une sœur bien portante, elle a perdu une autre sœur de méningite tuberculeuse.
Antécèdents personnels et début des accidents actuels. — A l’âge de 7 ans, la malade aurait eu une méningite ou tout au moins des accidents méningés, depuis, dit-elle, elle a toujours tremblé de la main droite.
La malade a été réglée à 13 ans, depuis elle a été irrégulièrement réglée mais elle n’a pas eu depuis l’âge de 7 ans de phénomènes morbides sérieux.
Il y a 3 mois, sans que l’on puisse en retrouver la raison, le tremblement ancien s’est accentué dans de très fortes proportions, il est devenu surtout marqué après le déjeuner.
Un médecin consulté à ce moment ordonna du bromure sans aucun résultat.
La malade à également été consulter dans un hôpital où il lui fut ordonné avec du bromure, des douches et de l’électricité. Elle n’a suivi ce traitement que peu de ee et en avait obtenu cependant une légère amélioration.
Le 10 juillet 1902, la malade vient consulter à la Salpêtrière. Le tremblement de la main droite est très intense, la malade en est très affectée, car elle ne peut plus découper avec sûreté le cuir et l’étoffe, dont elle se sert dans sa profession. Elle se préoccupe beaucoup de son état et son caractère est devenu triste.
Examen. — En dehors de ce tremblement on ne trouve nulle part de troubles de la sensibilité, ni anesthésie, ni hyperesthésie; le poumon, le cœur, les reins, etc., sont normaux. La malade reçue salle Pinel est isolée; le premier jour d'isolement lui est très pénible, elle a une crise de larmes et le tremblement s’exagère, EE veut absolument quitter l’hôpital et réclame la visite de sa mère.
On ne peut la maintenir qu’à force de raisonnement, en lui promettant la guérison et la visite de sa mère dans quatre jours, si le tremblement a diminué.
On cherche à lui prouver que ce tremblement peut guérir par sa
volonté, on l’éduque à faire des efforts à plusieurs reprises dans la journée
pour ne pas bouger. Les jours suivants on l’oblige à faire des travaux de crochet ou d’aiguille.
Quatre jours après son entrée, Le tremblement a sensiblement diminué et on lui permet de voir sa mère quelques instants car cette visite lui a été promise.
Les jours suivants elle s’améliore de plus en plus, elle ne craint plus de ne pouvoir gagner sa vie, son caractère redevient gai.
Le 20 juillet le tremblement n’existe plus pendant la journée; il reparaît léger le matin sous l'influence de l'émotion de la visite.
Le 3 août le tremblement n'existe plus qu’au moment d’une émotion et seulement léger.
Le 7 août sortie de l’hôpital complètement guérie.
La guérison a été ici rapidement obtenue et complète, malgré l'ancienneté des troubles qui remontaient à l'enfance; cette observation ainsi que plusieurs autres démontre que la méthode employée n’est pas seulement susceptible d'application aux phénomènes hystériques d'apparence épisodique.
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\ Tremblement de la jambe et du bras gauche datant de plusieurs mois, — Hyperesthésie. Guérison.
37 ans, entrée le 13 novembre, sortie le 17 décembre.
Antécédents héréditaires el familiaux.— Père est mort à 64 ans de maladie infectieuse, Mère est atteinte de bronchite chronique.
La malade a perdu deux frères en bas âge.
Elle a encore deux frères et une sœur bien portants.
Antécédents personnels. — La malade a toujours eu une santé relativement bonne. Elle a eu à l’âge de 24 ans une fille, qui est maintenant âgée de 13 ans; cette enfant est très bien portante, elle n’a jamais eu d'accidents nerveux. | | |
Début des troubles actuels. — Au début de l’année 1902 la malade s’apercut d’une faiblesse progressive de la jambe gauche et du bras du même côté. Elle exerçait un métier très pénible dans une raffinerie. Elle continua cependant à travailler, mais bientôt apparut du tremblement
dans la jambe et dans le bras. Ce tremblement augmenta peu à peu, et.
devint si intense que la malade fut obligée de se reposer cinq semaines pendant l'été.
A la suite de ce repos, le tremblement s’améliora légèrement, mais ne tarda pas à reprendre la même intensité.
En même temps la malade se plaignait de céphalée siégeant au sommet de la tête. *
Elle accusait également fréquemment des pertes de mémoire, gènantes dans son métier et dans son ménage.
Elle éprouvait sous l'influence d'émotions minimes des étouffements, des sensations d'angoisse qui persistaient fort longtemps.
Elle entre à la salle Pinel le 13 novembre 1902.
Examen. — La malade se plaint des troubles que nous venons d’énumérer.
Tremblement à petites oscillations rapides de la main et du membre supérieur gauche.
Parésie accentuée de ce membre.
Hypoesthésie de l’avant-bras et de la jambe gauches.
Réflexes tendineux exagérés mais égaux des deux côtés.
Le réflexe pharyngien fait défaut.
Le réflexe cornéen est normal.
Il n’existe pas de zone d’hyperesthésie.
Il n’existe ni albumine ni sucre dans l'urine.
La malade est soumise à l'isolement, au régime lacté. Matin et soir nous faisons des séances de psychothérapie, des essais de garder l’immobilité (plusieurs fois répétés dans la journée). Des travaux d’aiguille, de crochet sont ordonnés.
Le tremblement disparaît en une quinzaine de jours ; la malade est guérie ; à sa sortie le 17 décembre, elle ne conserve qu’une très légère parésie.
Poids: 13 novembre. . . 54ker »