‹ Isolement et psychothérapieChapitre 134 sur 198 · OBSERVATION XX XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX XIV

Vomissements, céphalée, consécutifs à un chagrin. — Hypoesthésie droite. — Hyperesthésie du cuir chevelu. — Disparition de la céphalée et des vomissements.

19 ans, entrée 14 janvier, sortie 25 février.

Antécédents héréditaires et familiaux. — Père 55 ans, asthmatique. Mère 45 ans, tempérament nerveux.

La malade a six sœurs, toutes sont très ner it mais jamais elles n'ont eu de crises de nerfs.

Antécédents personnels. — Elle a été réglée à 13 ans et depuis a toujours eu ses règles normalement chaque mois.

Début des accidents actuels. — En janvier 1902, à la suite d’une violente discussion et d’un chagrin d'amour, elle a une première crise de nerfs. Cette crise est suivie d’un état méningitique grave, la malade est restée trois mois au lit et elle fut traitée par des applications de glace sur la tête. Pendant cette période, elle avait une crise nerveuse en moyenne tous les 15 jours. Elle avait presque d’une facon constante la sensation de boule.

. Elle ne pouvait manger, elle vomissait tous les aliments, y compris le lait.

Cet état dure 3 mois, puis la malade s'améliore, elle reprend peu à peu la vie ordinaire en conservant cependant de la céphalée.

En novembre 1902, à la suite d’une nouvelle contrariété, les vomissements reparaissent après chaque repas. Ces vomissements n’ont aucun rapport avec l'alimentation; elle conserve parfois des aliments indigestes alors qu’elle vomit des aliments très digestibles. |

Elle maigrit beaucoup, son caractère change, elle devient très irritable.

Elle entre à la salle Pinel le 14 janvier. Hypoesthésie doite très nette.

La malade est mise à l'isolement et au régime lacté et traitée par la psychothérapie.

Elle prend d’abord 2 litres de lait le premier jour, puis 4 litres de lait au bout de 8 jours.

Le quinzième jour du traitement, elle est mise à l'alimentation ordinaire.

Pendant les 5 ou 6 premiers jours, la malade avoue qu’elle a vomi en allant aux cabinets, elle affirme qu’elle n'a pas vomi depuis. Elle ne parait pas franche, elle nous a fait souvent des mensonges et nous nous défions de ses affirmations. |

A la fin de janvier, alors qu'on avait commencé à ouvrir ses rideaux, elle se plaint de forts maux de tête, élle est remise à l’isolement complet pendant 8 jours et la céphalée disparaît en partie.

8 février. — La malade se plaint de DApsons de céphalée le matin au réveil.

Elle avait à son entrée à l'hôpital de l’hyperesthésie du cuir he qui a maintenant disparu.

Elle a encore de l’hypoesthésie du côté droit ; la pression de l'ovaire gauche révèle une vive douleur. £

Les réflexes rotuliens sont exagérés. Le réflexe pharyngien, le réflexe plantaire sont conservés.

Le 15 février, nous apprenons que, au commencement du mois, la malade a encore vomi quelquefois en cachette. Elle prétend qu'elle ne vomit plus depuis plusieurs jours.

Elle nous trompe encore une fois en faisant parvenir une lettre à ses parents, qu’elle supplie de venir la chercher. Ceux-ci décident de la laisser encore quelque temps.

Elle est soumise à une surveillance de tous les instants et on ne la laisse plus se lever, même pour aller aux cabinets.

Pendant 10 jours, nous sommes matériellement sûrs qu’elle n’a pas vomi, bien qu’elle soit au régime alimentaire ordinaire.

Le 25 février. — Les parents de la malade veulent emmener à la campagne, malgré notre désir d’affermir dav antage sa guérison. Elle nous quitte en très bon état de santé.

Poids: 15 janvier. . ‘1 ..143k8r,»

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Chez cette malade la psychothérapie fut particulièrement ‘à difficile à employer et les résultats peu importants. Elle fit plusieurs tentatives pour nous tromper, et nous l'avons surprise plusieurs fois en flagrant délit de mensonge.

En tout cas il est un fait incontestable, c'est que malgré

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