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La malade revient nous voir Le 19 mars, elle est toujours en excellente
santé et doit prochainement reprendre une occupation.
Elle a augmenté de plus de 12 livres depuis le commencement du traitement.
Cette observation est à retenir à plusieurs points de vue, d’abord par la guérison de la morphinomanie, mais surtout par la guérison des troubles gastriques. Ces troubles réalisaient
le tableau classique de la sténose du pylore avec tumeur
(tellement apparente que la malade la délimitait avec la main), avec dilatation énorme de l'estomac et crises d’hyperchlo-
rhydrie. Etant donnés l’amaigrissement énorme et rapide de la
malade, l'absence d’antécédents et de stigmates d'hystérie, une opération chirurgicale paraissait une indication formelle et nous-mêmes nous sommes arrêtés quelque temps à cette idée.
L'isolement et la psychothérapie ont eu raison de ces trou-
bles et cette observation dojt donner à réfléchir sur l’oppor-
tunité de beaucoup d'interventions chirurgicales, car rarement
on rencontre en clinique une indication aussi précise d'opérer.
Remarquons également à la fin de l'observation, l’intervention de la psychothérapie pour mettre en jeu l’action de la volonté pendant le somméil naturel. vs
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Osservarion XXXVI
Vomissements consécutifs à chaque repas, datant de dix ans. — Pas ou peu de stigmates. — Ictère émotif. — Disparition complète des vomissements.
24 ans, entrée le 6 novembre 1902, sortie le 24 décembre.
Antécédentis héréditaires et familiaux. — Père âgé de 63 ans, très bien portant. Mère morte à 49 ans de tuberculose pulmonaire, En eu des vomissements fréquents pendant deux ans.
La malade a perdu une sœur de tuberculose pulmonaire. Elle a une autre sœur qui est chlorotique et deux frères qui sont bien portants.
Antécédents personnels. — La malade raconte que pendant deux ans, à partir de l’âge de 6 mois, elle aurait été complètement aveugle, puis sa vue serait revenue brusquement.
Jusqu'à 14 ans sa santé s’est maintenue bonne.
A l’âge de 14 ans, elle eut ses premières SRE pendant deux périodes,
. puis elles furent ner supprimées jusqu’à l’âge de 18 ans. Depuis
l’âge de 18 ans les règles sont revenues mais très irrégulières, apparaissant tous les 15 jours ou tous les 2 mois. Elle a eu en outre des pertes blanches fréquentes.
Début des accidents actuels. — A l’âge de 13'ans, la malade perd sa mère qu’elle avait vue en proie à des vomissements fréquents pendant environ 2 ans. Elle éprouve un très violent chagrin, devient nerveuse, irritable, perd l'appétit et commence à vomir après chaque repas. Elle
- vomit ainsi 2 ou 3 fois par jour, un quart d'heure à 20 minutes après
avoir mangé.
L’anorexie n’a cependant duré que quelques mois; vers 14 ans et demi la malade mangeait de bon ANSE mais vomissail toujours.
Depuis l’âge de 14 ans jusqu’à maintenant, — c’est-à-dire depuis 10 ans, puisqu'elle a maintenant 24 ans— la malade a vomi au moins une partie de chaque repas. L’ingestion non seulement des aliments solides, mais encore des liquides et en particulier du lait était suivie de vomissements.
Malgré ces vomissements la malade conservait sans doute une certaine partie de ses repas, car, bien qu’étant un peu délicate et remplissant péniblement le métier facile de femme de chambre, elle ne fut jamais
obligée de s’aliter.
, Cependant entre 18 et 19 ans elle semble avoir eu de la chlorose et a dû garder le lit pendant un mois.
Depuis un an la malade remplit les fonctions d’infirmière.
Le 22 octobre 1902, une malade lui fait peur en courant après elle à la nuit tombante et le lendemain matin elle entre à l’infirmerie avec un ictère très prononcé.
La malade ne parle à personne de ses vomissements, considérant que ces accidents qui duraient depuis 10 ans étaient incurables. C’est seulement quand elle est installée dans le service que l’on s’en aperçoit. La nature nerveuse de ces vomissements durant depuis 10 ans, sans lésion d'estomac et avec un état général relativement bon ne fait aucun doute et la malade est transférée à la salle Pinel. Elle commence par refuser de se laisser traiter, disant que ses vomissements ne l’empêchent pas de vivre et de travailler et que l’on ne peut arriver à aucun résultat à ce Us elle demande à être seulement débarrassée de son ictère.
Examen. — La sensibilité est intacte sur toute la surface du corps, au contact, à la douleur, à la chaleur.
Il n'existe aucune zone d’hypoesthésie ni au niveau des ovaires, ni sous les seins, ni sur la tête, ni sur la colonne vertébrale.
Les réflexes plantaires sont faibles.
Les réflexes rotuliens sont très faibles, presque abolis.
Le réflexe pharyngien est aboli.
Il existe du strabisme de l’œil gauche, les pupilles réagissent bien à la lumière.
L’estomac paraît normal.
Le foie est un peu diminué de volume.
Le sommet du poumon droit a une respiration un peu faible.
Les urines sont normales.
L'état mental ne présente rien de bien particulier, un peu d’émotivité. Pas de stigmates d’hystérie.
On affirme à la malade que ses vomissements disparaîtront si elle le.
veut, on lui dit que son estomac est absolument san, car s’il en était autrement elle n’aurait pas survécu depuis 10 ans à une affection grave
de l’estomac, etc., etc. La cause initiale de ces vomissements est une
cause morale, c’est le chagrin de la mort de la mère et peut-être l’idée d’avoir la même maladie, les mêmes vomissements que la défunte.
La malade est mise au régime lacté, on commence par deux litres de lait par jour.
Elle prend la résolution formelle de ne plus vomir, elle tient sa promesse, cependant elle a souvent des régurgitations, cependant elle se domine assez pour ravaler son lait.
Le 19 PPS elle prend 4 litres de lait sans vomir depuis quelques jours.
Le 20 novembre, elle prend 2 litres de lait, 100 grammes de viande crue, un peu de poisson, du potage et de la purée de pomme de terre.
Le 22 novembre, elle prend en plus 2 œufs.
Le 30 novembre, la malade arrive à manger un bifteck (ce qu’elle redoutait beaucoup), 200 grammes de purée de pommes de terre, 100 grammes de viande crue et 2 litres de lait.
Les digestions sont assez pénibles, elle a une sensation de pesanteur qui dure plusieurs heures après le repas de midi et elle rumine de temps en temps. ,
On lui explique que cette rumination est une mauvaise habitude qu’il
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