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ne faut pas prendre, elle s’en déshabituera comme des vomissements par
l'exercice et par la volonté. Elle ne souffre après ses repas que précisément parce qu’elle laisse prendre une mauvaise voie aux aliments, etc. (arguments amplifiés, variés et répétés 2 fois par jour).
Le 21 décembre la malade est guérie, elle conserve seulement un peu de lourdeur d’estomac après les repas.
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La malade sort le 24 décembre pour aller au Vésinet.
Nous l'avons revue plusieurs fois depuis son retour de convalescence. Elle ne vomit plus mais conserve une certaine crainte des aliments, elle évite les ragoüts, les sauces, etc., se nourrit surtout de lait, d’œufs et de viande crue. Elle ne peut arriver à croire qu’elle peut manger de tout.
Cette observation de vomissements quotidiens datant de 10 ans est un bel exemple de ce qu'on peut obtenir par l'isolement ét la psychothérapie. La malade en avait pris son partiet vivait tant bien que mal, ne supposant même pas qu'elle pût être améliorée. L'origine en avait été le chagrin causé par la mortde sa mère et probablement l'impression causée par l'intolérance gastrique qui avait occasionné la mort de cette dernière. Quant à l’ictère, il était évidemment d'ordre émotif.
Nous avons souvent revu cette malade depuis sa sortie de la salle Pinel, elle exerce toujours sa profession d’infirmière. Sa santé est restée excellente. | ;
OBsErvaTION XX XVII
Vomissements survenant après chaque repas.
Grande émotivité et grande irritabilité. — Guérison.
Chlorose.
Céphalée.
18 ans, entrée le 29 octobre, sortie le 10 décembre. Antécédents héréditaires et familiaux. — Père 48 ans, souffre de crises d'asthme depuis 20 ans. Mère bien portante. La malade a eu 6 frères et sœurs, 3 sont morts en bas âge. Line sœur
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est morte de tuberculose à à 11 ans. Restent un frère âgé de 24 ans qui est
souvent malade et un autre de 1% ans qui est bien portant.
Antécédents personnels. — La malade a eu la rougeole à l’âge de 2 ou 3 ans. Elle a eu la varicelle à 11 ans. |
Elle fut réglée à 11 ans et demi et sa santé fut bonne jusqu’à 14 ans.
Début des accidents actuels. — À lâge de 14% ans, la malade devient chlorotique, ses règles n'apparaissent plus que très faiblement, tous les 2 ou 3 mois, depuis ce moment elle a des pertes blanches.
En même temps que la chlorose sont apparus des vomissements survenant par périodes. La malade avait 5 ou 6 de ces périodes par an et chacune durait un mois, pendant ce temps elle vomissait aussitôt après chaque repas.
Son caractère s’est profondément modifié, elle est devenue irritable, émotive, pleure ou se met en colère pour le HO le plus futile.
La CHI S s’'aggrava en mars 1902, la malade devint très pâle, les lèvres étaient complètement incolores, la peau prit une teinte verdâtre.
En juin 1902, à la suite d’un traitement elle s’améliora et ses couleurs revinrent momentanément.
En septembre 1902, la chlorose de nouveau s’accentua, la malade se plaignit de palpitations, elle avait des vomissements à Chaque repas, elle maigrit de 16 livres en l’espace d’un mois et se CérAUa A à entrer à la Salpêtrière.
Elle fut reçue le 29 octobre à la salle Pinel.
Examen. — État chlorotique très accentué.
Bruit de rouet dans les jugulaires.
Souffle extra-cardiaque.
La malade se plaint de céphalées fréquentes. à
Elle ne tousse jamais, cependant à l’auscultation on trouve que le murmure vésiculaire est diminué au sommet du poumon gauche.
Il existe de lhypoesthésie dans tout le côté gauche du corps.
On trouve de l’hyperesthésie dans la région de l'ovaire gauche et sous le sein gauche.
Le réflexe pharyngien manque, le champ visuel est rétréci.
Les réflexes plantaires sont exagérés, les réflexes rotuliens sont nor- THAT TEE à 5
La sensibilité de la cornée est normale.
Le réflexe à la Iumière est normal.
Les urines sont normales.
La malade est soumise à l'isolement, au régime lacté et à la psychothérapie pour ses vomissements el ses ne nerveux... «
Le 12 novembre, la malade n’a pas vomi depuis son nb. elle prend aujourd'hui 4 litres de lait. On lui donne en outre 10 catistaittiiel de protoxolate de fer.
A partir du 15 novembre on lui donne 20 centigrammes de protoxolate defer.
Le 30 novembre, la malade va très bien, la peau et les muqueuses se recolorent, elle ne vomit jamais et ses troubles nerveux se sont dissipés.
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Elle quitte l'hôpital Ie 10 décembre en très bonne santé, ayant la peau et les muqueuses très bien colorées ; elle semble guérie de la chlorose, de ses vomissements et de ses troubles nerveux.
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Dans celte observation nous avons guéri la chlorose par les moyens habituels, repos, lait et fer, mais les vomissements et l’état nerveux ont été guéris par l'isolement et la psychothérapie. Indépendants de la chlorose, où provoqués par elle, ils ont disparu bien avant que celle-ci ne fût améliorée.
PHOBIES — CÉPHALÉES — NEURASTHÉNIES
OBSERvVATION X XX VIIL
Phobies de la station debout et de la marche. — Rétrécissement du champ visuel, perte des réflexes pharyngien, cornéen, plantaires. — Guérison.
52 ans, entrée le 17 décembre, sortie le 14 janvier.
Antécédents personnels, — La malade a été bien portante dans son enfance.
Elle eut ses premières règles à 14 ans et fut bien réglée depuis.
Début des troubles nerveux. — Vers l’âge de 25 ans, la malade a eu
des hallucinations, elle entendait des voix, elle était persuadée qu’un
sorcier cherchait à lui nuire.
Elle avait des phobies, craignait d’être empoisonnée, ne pouvait dormir sans lumière, elle avait parfois de petites crises nerveuses caractérisées par des grincements de dents.
À 30 ans, puis à 33 ans elle eut des attaquesde rhumatisme articulaire.
À 40 ans elle fit une chute sur le verglas, elle put cependant rentrer seule chez elle ; elle alla ensuite pendant quelques jours à l’hôpital, mais elle n’y fut pas gardée.
Depuis cette époque, c'est-à-dire depuis 12 ans, elle boite toujours de la jambe gauche et se fatigue beaucoup à la suite d’une marche un peu prolongée.
Quelque temps avant son entrée à la Salpêtrière, Les phobies ont augmenté d’une façon très importante, la malade est incapable de marcher seule, elle arrive avec peine à se tenir debout sans appui.
Elle est amenée à la consultation dans une petite voiture et elle entre à la salle Pinel le 17 décembre.
Examen. — En outre des phobies de la station debout et de la marche, elle présente :
Du rétrécissement du champ visuel.
La perte du réflexe cornéen.
La perte des réflexes plantaires.
La perte du réflexe pharyngien.
De l'hypoesthésie cutanée.
Les réflexes rotuliens sont normaux.
Elle dit avoir de temps à autre des hallucinations auditives.
Il n'existe rien d’anormal dans les articulations des membres inférieurs.
Les urines sont normales.
La malade est mise à l'isolement, au régime lacté ; on lui fait chaque jour des séances de psychothérapie et de rééducation des mouvements des jambes. On l’oblige ensuite à marcher, d’abord en s'appuyant, puis seule. Au début, les mouvements sont difficiles, les membres inférieurs sont raides. Nous lui faisons faire des exercices d’assouplissement : se mettre à genoux, s’asseoir sur les talons, se baisser, se relever au commandement, etc.
Peu à peu les troubles de la marche s’atténuent, les mouvements qui étaient d’abord presque impossible deviennent plus souples, plus étendus et la malade commence à marcher seule. Les progrès sont dès lors rapides et elle nous quitte le 14 janvier, guérie de ses phobies et marchant très bien.
Vertiges. — Agoraphobie. — Céphalée. — Perte d’appétit. — Insomnie. — Hypoesthésie droite. — Accidents causés en grande partie par le surmenage. — Guérison.
30 ans, entrée le 9 janvier, sortie le 25 février.
Antécédents héréditaires et familiaux. — Mère morte d’un cancer du sein, à l’âge de 49 ans. Père mort à 72 ans de maladie de cœur.
La malade a une sœur bien portante.
Antécédents personnels. — Elle a eu une bronchite à l’âge de 6 ans et depuis elle a presque toujours toussé chaque hiver jusqu’il y a un an.
Elle aurait eu des convulsions à l’âge de 6 ans (une dizaine en l’espace de 2 mois).
Elle eut ses premières règles à l’âge de 12 ans et a toujours été bien réglée.
A l’âge de 2% ans, elle eut des ganglions dans l’aisselle qui ont suppuré pendant six mois.
Début des troubles nerveux. — Il y a deux ans, la malade commença à avoir de la céphalée survenant aussitôt après les repas. Elle éprouvait des bouffées de chaleur, sa face devenait rouge, elle souffrait de l’estomac et redoutait, dit-elle, d’avoir des crises de nerfs.
En août 1902, elle éprouva des vertiges, des sensations de secousse dans la tête. Ces vertiges se répétérent assez fréquemment. Elle en eut un jour dans la rue de très violents et fut obligée d’entrer dans une pharmacie, présentant en même temps un tremblement intense, claquant même des dents. Elle fut reconduite chez elle, où elle continua à ressentir une douleur dans la nuque avec sensation d'attraction en arrière et crainte de
Camus ET PAGNIEz. 29
tomber à la renverse. Elle éprouva à la suite la sensation de boule, elle perdit connaissance une fois, pendant 10 minutes, en suffoquant et en agitant les bras et les jambes.
Elle fit un séjour d’un mois à la campagne, puis de 15 jours au bord de
la mer et revint améliorée. |
A son retour à Paris, elle se plaignait de douleurs sous le sein gauche et craignait d’avoir une maladie de cœur et d’en mourir.
Les vertiges continuèrent, elle avait la phobie de sortir dans la rue; en même temps apparaissaient des douleurs de reins.
Parfois elle était agitée de petites crises de tremblement POTTER sans perte de connaissance et sans chute sur le sol.
Elle suivit plusieurs traitements sans aucun résultat, elle était toujours surexcitée et craintive, elle souffrait de la tête et travaillait avec beaucoup de peine. Son travail en outre lasurmenait et la tenait occupée de 6 heures du matin à 11 heures du soir, elle prenait ses repas très irrégulièrement à 1 heure, à 2 heures et 3 heutes de l’après-midi, irrégularité nécessitée par les livraisons qu’elle devait faire en ville.
Elle perdit l’appétit, était obligée de prendre de l’opium pour dormir et avait des cauchemars.
Elle entre, le 9 janvier 1903, à la salle Pinel pour tous les troubles que nous venons d’énumérer.
Examen. — Il existe une zone d’hyperesthésie sur le cuir chevelu au sommet de la tête et une autre à la nuque.
Elle a de l’hypoesthésie du côté droit.
De l’hyperesthésie sous le sein gauche et sur le trajet de la colonne vertébrale.
Le réflexe pharyngien fait défaut.
Les réflexes plantaires sont presque nuls.
Les urines sont normales.
Elle est soumise à l'isolement, au régime lacté, au traitement psychothérapique. On lui démontre par le raisonnement d’abord, par de courts exercices de marche(étant accompagnée) ensuite, que les vertiges sont purement imaginaires. Ces séances de marche ont lieu d’abord dans la salle, puis dans la cour. Les progrès s’accentuant et la disparition des vertiges semblant définitive, la malade s’habitue à la fin du RER EnRS à traverser des places publiques en dehors de lhôpital.
A la sortie Le 25 février, la céphalée a disparu, l’hyperesthésie du cuir chevelu également, la sensibilité cutanée, le champ visuel sont normaux.
Il subsiste un peu d’hyperesthésie sous le sein gauche, mais la malade n’y porte plus son attention.
Elle peut traverser des places tant sans frayeur et sans vertige.
Elle a bon appétit, est devenue gaie et affirme qu pue n’a jamais été aussi bien depuis 4 à 5 ans.
Poids : 9 janvier. . . 51ker »