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OBSERVATIONS 339 Poids: 27 janvier. : 51 »
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OBsERvATION XL
Angoisse. — Sensations d’étouffement. — Phobies. — Sensations pénibles multiples. — Troubles sensitifs. — Guérison.
33 ans, entrée le 24 novembre, sortie le 14 décembre,
Antécèdents héréditaires. — Père bien portant. Mère bien portante. Antécédents personnels. — Elle eut une bonne santé pendant son enfance.
Elle fut réglée à 13 ans.
Elle se maria à 19 ans et eut, à l’âge de 20 ans, un fils âgé maintenant de 13 ans, qui d’après les renseignements qu’elle donne semble être atteint
de chorée.
Début des troubles nerveux. — Depuis l’âge de 29 ans la malade a remarqué que son Caractère se modifiait, qu'elle était plus nerveuse, plus impressionnable.
À 31 ans elle eut des chagrins de famille, des pertes d'argent et pendant une période de 3 mois eut chaque jour, 2,3 et même 4 crises de nerfs. Chaque crise se terminait par des larmes.
Elle fit deux séjours de deux mois à la campagne, son état s’améliora, mais elle resta cependant très émotive, souffrant d’angoisses à la moindre contrariété, à la moindre difficulté.
Les sentiments affectifs disparurent pour sa famille et ses amis et ne persistèrent que pour son mari et pour son fils.
Depuis le mois de juillet, c’est-à-dire il y a 3 mois, son état s’aggrava de nouveau, sans qu’elle puisse en préciser exactement la cause.
Chaque jour, vers trois heures de l’après-midi, apparaissait une sensation de gène à la gorge, en même temps qu’un sentiment d’angoisse qui se développait jusqu’à la tombée de la nuit et atteignait son maximum au moment où la malade se couchait. Au début de son sommeil elle avait plusieurs réveils brusques avec sensation de chute.
La gêne qu’elle éprouvait à la gorge lui donnait l'illusion d’une boule qui remontait et ne pouvait sortir et l’étouffait.
Elle ressentait également des douleurs à la nuque et dans les épaules. Elle souffrait de sensation de froid, de fourmillements, d’engourdissement dans la main et dans le pied gauche. Des palpitations violentes lui firent croire qu’elle était atteinte de maladie de cœur.
Toutes ces sensations s’accompagnèrent bientôt de phobies. Vers 3
heures de l'après-midi, elle était prise d'angoisse, ne pouvait rester chez elle et obligeait son mari à sortir avec elle, tant pour avoir plus d'air que pour fuir sa maison.
Elle vint à la consultation de la Salpêtrière le 24 novembre et fut recue à la salle Pinel.
Exàmen.— Elle se plaint de tous les troubles que nous venons de mentionner. Sensations d’étouffement, angoisses, palpitations, phobies, etc.
On constate une légère hyperesthésie du côté gauche.
Un peu d’hypoesthésie dans le membre inférieur droit. z
De l’hyperesthésie du cuir chevelu.
Le réflexe rotulien gauche est un peu exagéré. Le réflexe rotulien droit est plutôt affaibli. |
Les réflexes achilléens sont normaux.
Les urines sont normales.
La malade est soumise à l'isolement, au régime lacté, au traitement psychothérapique.
Elle prend jusqu’à 5 litres de lait par jour.
Les douleurs constrictives de la gorge disparaissent en 3 jours.
Les autres sensations pénibles, les phobies disparaissent peu à peu, ses sentiments affectifs reviennent pour sa famille ; le sommeil redevient régulier. (
Avant son entrée, la malade pleurait avec facilité pour des motifs très futiles, alors qu’elle restait indifférente à des événements qui auraient dû l’affecter. Sa sensiblerie maladive disparaît, sa sensibilité morale redevient normale.
Son caractère est plus gai.
Au début de décembre elle se déclare débarrassée de tous ses troubles, et peut être considérée comme guérie.
Poids : 24 novembre. . . . 45 kilogrammes.
| 2 décembre: : - 46 “2
10 — ET Dec APE —
Elle nous quitte le 14 décembre. Elle a écrit depuis son départ pour |
donner de très bonnes nouvelles de sa santé et pour prier le Pr Dejerine de recevoir dans son service deux de ses amies atteints de la même ma-
ladie qu’elle.
Ciphalée datant de 4 mois consécutive à une grande frayeur. Insomnie. — Perte d’appétit. — Tristesse. — Découragement. —
Guérison.
81 ans, entrée le 7 janvier, sortie Le 9 février.
Antécédents héréditaires et familiaux.— Son père, âgé de 63 ans, est
bien portant, il a eu l’an dernier une paralysie d’un bras. Mère âgée de 54 ans, bien portante.
La malade a un frère bien portant, et une sœur bien portante, mais impressionnable et émotive.
Antécédents personnels. — La malade a eu une bonne santé pendant sa jeunesse. Elle a été réglée à 17 ans et depuis cette époque l’a été régulièrement toutes Les trois semaines.
Elle a eu plusieurs crises de nerfs entre l’âge de 12 ans et l'âge de 15 ans. À 18 ans elle a eu une gastralgie qui a duré 3 à 4 mois.
Début des accidents actuels. — En septembre 1902, cette jeune femme était dans le train de Paris à Bruxelles en compagnie de son mari et de ses deux enfants.
L’ainé de ses enfants, âgé de 5 ans, essayait de regarder par la portière et se suspendait en glissant ses doigts dans la coulisse de la vitre, tout à coup, le train allant à une grande vitesse, la portière s'ouvre grande et l’enfant reste suspendu au-dessus de la voie ferrée. Son père a le temps de le saisir sans qu’il ait aucun mal. La mère a éprouvé une frayeur violente et, arrivée à Bruxelles, rien ne peut la distraire: au bout de quelques jours elle commence à souffrir de la tête, surtout au sommet du crâne où la pression devient douloureuse.
Depuis ce moment la malade continue à souffrir de la tête, elle est toujours triste, ne s'intéresse plus à rien, elle perd la mémoire, dit-elle, et u’a plus d’appétit.
Elle va passer un mois à la campagne sans obtenir aucune amélioration.
Elle suit un traitement, prend des douches sans aucun résultat.
Elle perd complètement le sommeil et passe ses nuits à se promener dans son appartement.
Elle entre salle Pinel le 7 janvier.
Examen. — La malade est extrêmement triste et découragée, elle souffre beaucoup de la tête, elle n’a pas dormi depuis plusieurs nuits et de plus elle est persuadée qu ‘elle ne guérira jamais.
Il existe de l’hyperesthésie marquée du cuir chevelu au sommet de la tête.
Le champ visuel est rétréci. Le réflexe pharyngien est diminué. Nous trouvons encore une zone d’hyperesthésie au creux épigastrique.
Les réflexes rotuliens et plantaires sont normaux.
Les urines sont normales.
La malade est mise à l’isolement et au régime lacté.
Elle est intelligente et docile, mais au début du traitement manque. de confiance. Après quelques conversations, l'espérance et la confiance reviennent peu à peu. Nous lui démontrons que tous les troubles dont elle se plaint sont la conséquence de sa frayeur, tous les médicaments en pareil cas sont inutiles, mais un grand calme, un grand repos sont nécessaires, et elle ne peut les trouver chez elle, occupée qu’elle est de tous les soins du ménage. |
Nous parlons ensuite de l’accident de son enfant, nous l’habituons à y penser sans émotion, etc.
Le 10 janvier, la malade prend 4 litres de lait, elle éprouve de la répugnance à le prendre et nous lui donnons de la viande crue en diminuant le lait.
Le 11 janvier, elle souffre moins de la tête et peut dormir.
Le 13 janvier, la céphalée a disparu.
Le 25 janvier, il n’existe plus qu’un peu Les esthésie du cuir chevelu, réveillée seulement par la pee ainsi qu'un peu d'hyperesthésie du creux épigastrique.
La malade est redevenue gaie et dort bien.
Le 9 février elle quitte la salle Pinel complètement rétablie, et ne souffrant plus de la tête.
Poids: 9 janvier. . . . 46kgr »
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Cette observation est encore un bel exemple de troubles graves provoqués par une émotion morale. La malade était une prédisposée, elle avait eu des crises nerveuses dans sa Jeunesse et des troubles gastriques très vraisemblablement de même nature. L’isolement et la psychothérapie l'ont sun rapidement et complètement.
OBsERvATION XLII
Céphalée datant de 16 mois, consécutive à du surmenage dans des conditions anti-hygiéniques. — Douleurs dans les globes oculaires. — Pas de stigmates. — Guérison en quinze jours.
21 ans, entrée le 24 octobre 1902, sortie le 20 novembre.
Antécédents héréditaires et familiaux. — Père mort d'affection pulmonaire après avoir toussé pendant 2 ans: tuberculose probable. Mère bien portante, mais très nerveuse.
La malade a deux sœurs de 3% et 28 ans, bien portantes mais ayant également un tempérament très nerveux.
Antécédents personnels. — Jusqu'à l’âge de 14 ans elle était souvent souffrante, se plaignait souvent de l’estomac.
Elle fut réglée à 13 ans et demi et depuis elle a eu ses règles normalement chaque mois.
Depuis l’âge de 14 ans jusqu’à 18 ans, elle vécut à la campagne et sa santé fut très bonne.
Début des accidents actuels. — A l’âge de 19 ans et demi elle entre comme dactylographe dans un magasin. Elle fut obligée de travailler depuis 8 heures et demie du matin jusqu'à 7 heures du soir dans une pièce sans fenêtre, éclairée toute la journée par le gaz.
Après 8 mois de cette vie pénible et anti-hygiénique (en octobre 1901), : la malade commenca à souffrir de la tête; la céphalée était générale mais avait son maximum au niveau de la nuque. Néanmoins elle continue à travailler dans les mêmes conditions jusqu’en mars 1902. A cette époque la céphalée est devenue très intense, la malade ne peut plus continuer son travail, elle va à la campagne où elle reste jusqu’au 5 octobre 1902. Elle prend des douches, quelques médicaments et peu à peu les maux de tète deviennent moins violents.
En juin, à la suite d’une discussion un peu vive, elle a une crise de nerfs avec suffocation, cris inarticulés et crise de larmes.
En août et en septembre, elle a de nouveau deux crises de nerfs.
Pendant ces crises la malade ne perd pas complètement connaissance, cependant la dernière est plus violente que ies autres et l’on est obligé de la coucher.
Elle revient à Paris en octobre 1902, les maux de tête, malgré ce long séjour à la campagne, existent toujours et la malade s’en préoccupe beaucoup, craignant de ne plus pouvoir travailler.
Très inquiète sur son état elle vient consulter à la Salpêtrière et elle. est reçue salle Pinel. Ft
Examen. — La malade se plaint de maux de tête qui depuis environ 2 mois, reviennent tous les jours à heure fixe, à onze heures du matin et durent de 3 à 5 heures. |
Il existe sur le sommet de la tête une zone d’hyperesthésie qui rend douloureux le passage du peigne.
La malade souffre également des globes oculaires. Ces douleurs existent depuis plusieurs années et se sont exagérées par période, rendant le travail et l'attention très pénible.
La sensibilité est normale sur toute la surface du corps : il n’existe pas de zone d’hyperesthésie ni dans la région des ovaires, ni sous les seins, ni au niveau du rachis. (
Les réflexes rotuliens sont exagérés ainsi que le réflexe pharyngien. Les réflexes plantaires sont très vifs surtout du côté gauche.
Au cœur l’auscultation dénote un léger souffle extra-cardiaque.
L'examen des poumons montre que le sommet du poumon droit est nettement induré, mais à l’heure actuelle la malade ne tousse, ni ne crache : les signes d’induration doivent se rapporter à des lésions pulmonaires (maintenant probablement cicatrisées) survenues il y a deux ans et n’ayant donné lieu à des symptômes que pendant deux mois.
La malade a bon appétit, elle digère bien, son état général est bon ; il n’y a pas d’albumine dans l'urine.
Elle est traitée dès son entrée par l'isolement, la psychothérapie, le régime lacté.
Pendant les premiers jours qui suivent son entrée, la céphalée augmente
et elle a de l’insomnie, ce qui rend la psychothérapie un peu difficile. Mais peu à peu la malade est convaincue de la nature purement nerveuse de sa céphalée, elle a confiance et reprend courage.
Vers le 5e jour la céphalée commence à diminuer et le sommeil revient.
La malade reste à l'isolement et ne prend que du lait (4 litres) pendant 12 jours.
Le 13° jour nous lui permettons une visite de sa mère; on lui ouvre
ses rideaux pendant une heure et elle est remise peu à peu à l’alimenta-
tion ordinaire.
Il lui reste une préoccupation au sujet de ses yeux; nous prions M. Rochon-Duvigneau de bien vouloir les examiner; à l’occasion de cet examen elle a une émotion et une légère crise de larmes, mais M. Rochon- DPuvigneau lui ayant affirmé que ses yeux étaient sains, elle est complètement rassurée.
Bientôt elle est capable de faire des travaux fins d’aiguille sans aucune fatigue des yeux et sans céphalée. Cette dernière a disparu complètement 15 jours après l’entrée de la malade.
La zone d’hyperesthésie du cuir chevelu disparaît à peu près en même temps.
La malade sort guérie le 20 novembre.
Poids : 27 octobre... . . 48kgr »
6 novembre... . 49 500
13 — PR à 1 »
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Nous avons reçu deux mois plus tard une lettre de la malade. Dans cette lettre où elle nous exprime à nouveau sa reconnaissance, elle dit qu’elle est restée guérie et qu’elle remplit les fonctions de téléphoniste à la ville de Paris.
OBsERvATION XLIII
Asthénie excessive,consécutive à de la grippe et à du rhumatisme. — Hémi-hypoesthésie gauche. — Hyperesthésie du cuir chevelu et de la région sous-mammaire gauche.
47 ans, entrée le 27 décembre, sortie le 14 février.
Antécédents héréditaires et familiaux.— Père mort à 50 ans de congestion cérébrale. Mère morte à 63 ans, a eu des manifestations rhumatismales.
La malade a perdu un frère de tuberculose pulmonaire à lPâge de 21 ans. Elle a 4 sœurs, l’une est très nerveuse, les trois autres sont bien portantes. |
Antécédents personnels. — A l’âge de 9 ans, elle a eu pendant 6 mois des accès de fièvre intermittente.
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Elle eut ses premières règles à 13 ans et a toujours été bien réglée depuis.
Entre 15 et 16 ans, elle a été atteinte de chlorose.
À l’âge de 16 ans, la malade a une première crise de nerfs.
A l’âge de 27 ans, elle a une fièvre typhoïde qui dure deux mois.
À 28 ans, la malade a de nouveau des crises de nerfs à la suite de chagrins.
\ À l’âge de 30 ans, elle perd son frère : la douleur de sa mort et les fatigues occasionnées par les soins qu’elle a donnés à son frère semblent avoir été la cause de douleurs d'estomac dont elle se plaint à cette époque.
À 35 ans, elle a une violente insolation, elle reste sans connaissance pendant quelques heures et, à la suite de cet accident, elle souffre jour et nuit de céphalée pendant 18 mois.
Les maux d'estomac qui duraient depuis 5 ans disparaissent, dit-elle, complètement après l’insolation.
A l’âge de 38 ans, alors que la céphalée vient de cesser, la malade ressent une douleur sous le sein gauche dans la région apéxienne. Cette douleur qui consiste surtout en une sensation agaçante, énervante, est exagérée, dit-elle, par toute fatigue, et disparaît par le repos des vacances.
Depuis l’année 1889 la malade a de la bronchite chaque année. Elle continue à souffrir de la région sous-mammaire gauche.
En février 1902, elle a une bronchite aiguë très sérieuse.
En août 1902, elle a des douleurs rhumatismales (sans fièvre) dans le genou gauche et dans l'épaule gauche.
La malade s’alite et ne se relève plus jusqu'à son entrée à la Salpêtrière.
Le genou reste gonflé et douloureux pendant deux mois, et cette manifestation articulaire s'accompagne d’une phlébite de la cuisse.
Le 1e septembre, le médecin constate une double congestion pulmonaire.
En octobre, elle est assez gravement malade à la suite d’une intoxication par la belladone absorbée par erreur.
Depuis le mois d'août la malade a une asthénie profonde, ne peut ni lire ni écrire, ne peut appliquer son attention à aucun travail.
En novembre, son état s'aggrave, elle a des palpitations et des alternatives d’énervement et d’abattement profond.
En décembre, à la suite d’une discussion fatigante, elle ressent une douleur, qui persiste depuis, sur le sommet de la tête.
Elle entre à la salle Pinel le 27 décembre.
Examen. — La malade a une asthénie des plus prononcées, il fui est impossible d'écrire ou de lire, elle ne peut parler ni entendre parler sans fatigue.
Elle à sur le sommet de La tête une plaque d’hyperesthésie très vive et une autre semblable dans la région sous-mammaire gauche.
Il existe une légère hypoesthésie de tout le côté gauche.
Cet examen est fait très rapidement, la malade s’y prêtant avec beaucoup de peine.
Les urines sont normales.
La malade est soumise aussitôt à l’isolement, au régime lacté et à la psychothérapie.
Son attention est difficile à provoquer, les conversations doivent avec elle être très courtes, car elle ressent rapidement, dit-elle, une forte douleur dans le côté dès qu’on l’oblige à maintenir son attention.
Pendant les jours qui suivent son entrée elle a des crises de dépression, et manque absolument de confiance dans le traitement ; elle dort mal, se désespère, veut aller dans une maison de santé, elle tre beaucoup de l’idée d’être à Phôpital.
Le 13 janvier, une malade délirante ayant fait du bruit dans la salle, elle est prise de craintes et veut rentrer chez elle ; nous ne la faisons consentir à rester qu'à grand’peine.
Le 15 janvier, une amie qu'elle a pu faire prévenir en cachette vient pour l’emmener et c’est encore avec difficulté que M. Dejerine lui persuade de continuer le traitement.
Le 17 janvier, il existe une amélioration notable, l’hyperesthésie du cuir chevelu à complètement disparu et la plaque d’hyperesthésie sousmammaire à diminué d'intensité.
Le 20 janvier, la malade lit 5 minutes. | |
Le 21 janvier, la malade lit 10 minutes, puis peu à peu nous la faisons écrire, d’abord en copiant, puis spontanément.
Elle tient à ce que chaque jour nous lui tracions sa tâche, n’ayant pas encore la volonté de se guider elle-même.
Le 30 janvier, elle est arrivée presque sans fatigue à lire le matin une heure et demie, le soir une heure et demie, et à écrire spontanément une demi-heure matin et soir. LE
Le 31 janvier, la malade commence à se lever, nous lui faisons faire chaque jour des exercices de marche.
Le 2 février, la sensibilité est normale sur toute la surface du COrps.
Les réflexes rotuliens et plantaires sont diminués, les pupilles réagissent normalement.
Elle n’a plus que quelques sensations désagréables sous le sein gauche et quelques palpitations.
Pendant les jours qui précèdent son départ, l’idée d’être livrée à ellemême lui donne un peu d’insomnie et d’énervement.
Elle nous quitte Le 14 février en excellent état de santé.
Poids : 2 janvier. . . 90 kilogrammes 6." LR 91 — DAS TEE 008 — Le TENTIer LUE 1292 —
Nous avons employé chez cette malade nos procédés psychothérapiques habituels : raisonnement sur la genèse des accidents ; rééducation lente et progressive de la volonté, exer-. cices de lecture, d'écriture, de marche. Nous avons aussi fait
+ ÉROPRE
prendre à la malade le soir en s’endormant et le matin au réveil, des résolutions pour la journée du lendemain, suivant le vieux procédé d'éducation employé dans la plupart des familles. Elle nous a affirmé que plusieurs fois ce procédé lui a réussi.
Nous avons eu depuis son départ des nouvelles de cette malade, la guérison s’est maintenue".
OgsEervarTion XLIV
Neurasthénie datant de trois ans, consécutive à des chagrins multiples, à des difficultés conjugales et à du surmenage.
43 ans, entrée le 29 octobre, sortie le 25 novembre.
Antécèdents héréditaires. — Père mort à 61 ans d’apoplexie, était alcoolique. Mère morte à 60 ans d’une maladie de cœur (ancienne rhumatisante).
La malade a un frère rhumatisant.
Antécédents personnels. — Elle a eu la fougeole à à l’âge de deux ans, la fièvre typhoïde à l’âge de 12 ans.
Elle fut réglée à 14 ans, mais pendant ces premières règles elle eut une peur violente qui les fit cesser et elle affirme qu’elle ne les a pas eues depuis, jusqu’à l’âge de 26 ans. Elle eut à la suite de cette frayeur une perte de connaissance et de l’ictère. Elle a été sujette depuis à des épistaxis probablement supplémentaires de ses règles. ; |
La malade s’est mariée vers l’âge de 26 ans, ses règles ont été régulières
* depuis son mariage.
Elle a eu 7 enfants, 4 sont morts de rougeole et de broncho-pneumonie, les 3 autres sont bien portants.
Début des accidents actuels. — Il y a trois ans, elle perdit une petite fille. Elle s'était beaucoup surmenée pendant la maladie de cette enfant et elle eut un grand chagrin de sa mort. Elle avait à la même époque des difficultés avec son mari qui voulait divorcer. Enfin elle fit une perte d'argent importante. Cette série de malheurs l’accablèrent, elle perdit l’appétit, eut des maux de tête fréquents, et des troubles de la vue.
Elle avait des douleurs dans la région sous-mammaire gauche; et éprouvait la sensation d’une boule qui remontait à la gorge et l’étouffait.
Elle fut soignée dans un hôpital pendant 4 semaines, et put reprendre
son travail pendant trois mois. Puis elle fut soignée sans être améliorée
dans un autre hôpital.
1. Tout récemment cependant (un an après sa sortie de la Salpêtrière) nous apprenons indirectement que cette malade garde le lit et qu’elle aurait, nous dit-on, des troubles semblables à ceux qu’elle’a déjà présentés. Nous ne savons s’il s’agit d’une rechute ou de troubles d’un autre ordre.
Elle entre le 29 octobre à la salle Pinel.
Examen. — La malade se plaint de perte d’appétit, de céphalée tenace, de troubles de la vue consistant en points noirs apparaissant devant les yeux.
Elle à encore de l’insomnie.
Elle a de la courbature générale.
Elle éprouve des sensations d’étouffement.
La sensibilité cutanée paraît normale.
La palpation de l'abdomen est douloureuse.
Les régions sous-mammaires présentent un peu d’hyperesthésie.
Les réflexes tendineux sont normaux.
Le réflexe cornéen est normal.
Les urines sont normales.
La malade est soumise au traitement habituel.
Elle est peu intelligente, entêtée, et peu confiante, la psychothérapie est difficile à pratiquer avec elle.
Elle nous quitte, non guérie mais améliorée le 26 novembre pour aller au Vésinet.
Poids : 29 octobre. . . . 41Kkgr500 cs 6 novembre. . . 42 »