‹ Isolement et psychothérapieChapitre 139 sur 198 · RENTE · texte numérisé non relu

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Les raisons qui ont empêché de compléter la guérison de cette malade sont celles que nous venons de dire, mais aussi ses craintes de rentrer au domicile conjugal où elle est battue et très malheureuse. Ces craintes et ces conditions d'existence qu'aucun argument ne pouvait malheureusement supprimer étaient un gros élément d’insuccès et donnent des doutes sur la durée de l'amélioration que nous avons obtenue.

Neurasthénie datant de cinq ans.

douleurs de jambes. Accidents hystériques anciens. Guérison.

23 ans, entrée le 27 novembre, sortie le 24 décembre. Antécédents héréditaires et familiaux. — Père bien portant. Mère

bien portante. Trois frères en bonne santé. | Antécédents personnels. — Elle eut une bonne santé pendant sa jeunesse,

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Céphalée, lassitude générale,

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Elle fut réglée pour la première fois à l’âge de 15 ans et l’a toujours été irrégulièrement depuis.

Dans ces dernières années, elle a eu plusieurs fois des crises de nerfs, . elle a éprouvé la sensation de boule et elle est sujette à des palpitations,

Début des accidents actuels.—1l y a 5 ans, la malade devint anémique.

Elle éprouva à cette époque, c’est-à-dire vers 18 ans, des maux de tête, de la fatigue générale, de la faiblesse des jambes.

Ces troubles s’accentuaient par périodes et étaient parfois assez forts pour obliger la malade à garder le lit pendant quelques jours et même parfois une semaine.

Elle est reçue à la salle Pinel le 27 novembre.

Examen. — La malade est incapable d'exercer ses fonctions de femme de chambre, elle se plaint de forts maux de tête, de lassitude générale, de douleurs de jambes, de malaises. Elle a perdu l'appétit.

La sensibilité cutanée est à peu près intacte sur toute la surface du corps.

Nous notons cependant unehyperesthésie assez accentuée du cuirchevelu.

Il existe encore de l’hyperesthésie au-dessous du sein gauche et dans les régions ovariennes.

Les urines sont normales.

La malade est soumise à l'isolement, au régime lacté, au traitement psychothérapique.

Elle prend rapidement 4 litres de lait par jour, et atteint 5 litres de lait.

Nous lui donnons de la viande crue dès le début du traitement.

La malade est confiante, accessible au raisonnement et facile à persuader.

Les malaises, la sensation de fatigue disparaissent assez rapidement par le traitement.

Les maux de tête sont un peu plus tenaces, mais finissent cependant par disparaitre.

Vers le 20 décembre, la malade peut être considérée comme guérie. Elle nous quitte le 24 décembre pour aller en convalescence à la maison du Vésinet.

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O8BsERvATION XLVI

Accès de neurasthénie à la suite de chagrins et de préoccupations. — Guérison en un mois.

26 ans, entrée {er février, sortie 2 mars.

Antécédents héréditaires. — Rien de particulier à noter.

Antécédents personnels. — Cette jeune fille a toujours été en bonne santé.

Elle a eu seulement une crise légère d’appendicite qui n’a pas nécessité : d'intervention chirurgicale.

Pendant 7 ans, elle a rempli les fonctions d'infirmière dans la salle d’incurables d’un hôpital. Elle a fait preuve près de ces malades d’un grand dévoûment et d’une grande bonté, et après 7 ans, on lui donna en récompense le grade de première fille. Cette nommination fut pour elle une cause de malheurs; elle fut envoyée à son grand regret dans un autre service où elle eût de la peine à s’habituer et déplut, dit-elle, rapidement à sa nouvelle surveillante. Très timide, très émotive, elle fut l’objet de reprimandes sévères, de menaces, de paroles désobligeantes devant les malades.

Ajoutons que depuis deux ans elle est orpheline et doit s'occuper de ses

frères et sœurs dont elle est l’ainée.

La vie ne lui sembla plus possible, elle demanda au directeur de lhôpital. de reprendre ses fonctions de simple infirmière dans son ancien service, mais cela lui fut refusé. Elle écrivit alors à l’administration centrale, demandant à être envoyée dans un hôpital de maladies contagieuses.

Son caractère changea complètement, elle devint profondément triste et refusa de manger.

Dans la crainte d’une tentative de suicide, le directeur réclama son admission à la salle Pinel.

Elle y fut reçue au début de février.

Examen. — La malade est amaigrie, triste, le visage préoccupé, elle est timide, craintive et parle à peine.

Elle n’a jamais eu de crises, jamais d’accidents nerveux.

Depuis ses ennuis elle a des cauchemars, des sensations d’étouffement, de la courbature générale et elle a perdu l'appétit.

Elle n’a pas de troubles de la sensibilité cutanée.

La sensibilité de la cornée est normale.

Elle n’a pas de rétrécissement du champ visuel.

Les réflexes rotuliens sont un peu forts.

Les réflexes plantaires et pharyngien font défaut.

Les urines sont normales.

Elle est soumise au traitement habituel.

Peu à peu nous gagnons la confiance de cette malade et elle nous raconte ses ennuis.

Elle ne désire qu'une chose, c’est de reprendre son ancien grade et de retourner soigner les incurables.

Le directeur promet d’accorder à notre malade ce qu’elle demande, quand elle sera guérie.

Elle reprend confiance, elle s’alimente mieux, le sommeil redevient meilleur, la courbature disparait après quelques jours.

Au bout d’un mois de traitement, elle peut être considérée comme guérie.

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À sa guérison une déception l’attendait, Îe directeur affirma qu'il lui était impossible de la remettre dans son ancien poste et elle’ fut envoyée dans un autre hôpital. Elle supporta ce contre-temps beaucoup mieux que nous n’aurions cru, et partit avec de bonnes résolutions pour son nouveau service.

Elle nous a envoyé depuis de ses nouvelles : sa santé, son état moral restaient bons.

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Neurasthénie datant de huit ans, consécutive à une maladie et à des chagrins d'intérieur. — Gastropathie datant de cinq ans. Asthénie extrême. — Troubles neurasthéniques multiples. Guérison.

81 ans, entrée le 4 février, sortie le 19 mars.

Antécédents héréditaires. — Père est bien portant. Mère est atteinte de neurasthénie.

Antécédents personnels. — Elle a eu la fièvre scarlatine à 11 ans.

Elle eut ses premières règles à 14 ans et a toujours été bien réglée depuis.

Elle s’est mariée à 17 ans.

Elle a eu à 22 ans un garçon qui est mort à l’âge de 6 mois d'accidents méningés.

À 23 ans, Île a fait une fausse couche suivie de péritonite.

Elle fut malheureuse en ménage et toujours préoccupée, son mari étant épileptique.

Début des accidents actuels. — À l’âge de 23 ans, à la suite de la fausse couche et des accidents péritonéaux, la malade commença à éprouver des symptômes de neurasthénie.

Elle eut de la céphalée en casque, des douleurs de reins, de la faiblesse des jambes. |

À 26 ans, elle ressentit des douleurs d'estomac, elle éprouva de la pesanteur pendant les digestions et elle eut des renvois acides deux ou trois heures après les repas. Elle suivit une série de régimes spéciaux et pendant longtemps ne s’alimenta qu'avec du lait.

A 29 ans, elle eut en outre de la métrite et de la salpingite et fut mise à un traitement contre ces nouveaux phénomènes.

Dans les premiers jours de janvier 1903, la faiblesse de la malade augmenta dans de grandes proportions, elle devint à peine capable €! faire

quelques pas dans sa chambre en s’appuyant péniblement aux meubles. Les maux de tête existaient d’une facon continue.

Elle avait des palpitations, des douleurs sous le sein gauche, de l’insomnie.

Cet état ne fit que s’aggraver pendant le mois de janvier, et le 4 février la malade fut amenée à la consultation de la Salpêtrière.

Elle est reçue à la salle Pinel.

Examen. —La malade se présente à nous dans un état d’asthénie intense, il lui est impossible de marcher ; elle prétend pouvoir à peine se tenir debout. |

Elle a des maux de tête qui ont persisté depuis le début de la maladie.

Elle souffre beaucoup de son estomac et ne peut se nourrir que de lait.

Elle a de l’insomnie, des palpitations et une zone d’hyperesthésie assez accentuée sous le sein gauche.

Elle accuse des douleurs de reins.

Les urines sont normales.

Son caractère est très impressionnable, elle est craintive, hésitante et très émotive.

Elle fut immédiatement soumise au régime lacté, à l'isolement et à la psychothérapie. |

Elle se montre confiante, accepte facilement les arguments que nous lui faisons valoir et les affirmations qu'on lui donne.

Elle fut nourrie d’abord uniquement au lait, puis au lait et à la viande crue.

Au moment de son départ, elle était à peu près à l'alimentation ordi-

paire et digérait parfaitement.

Après un repos complet nous avons commencé des exercices progressifs d’assouplissement des membres inférieurs, puis de marche, qui, pénibles au début, devinrent peu à peu plus faciles. La rééducation fit des progrès rapides et 10 jours avant son départ, la malade, qui à son entrée ne pouvait marcher, put descendre régulièrement au jardin.

La céphalée disparut et quand elle quitta la Salpêtrière elle ne se plaignait que d’un peu de faiblesse des jambes.

La malade nous a quitté le 19 mars complètement guérie.

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