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OBsBRvATION XLIX Neurasthénie occasionnée par du surmenage consécutif à une
grossesse. — Céphalée, asthénie, rachialgie, fatigue des jambes, anorexie. — Accidents hystériques surajoutés. — Guérison.
29 ans, entrée le 25 février, sortie le 31 mars.
Antécédents héréditaires et familiaux. — Père et mère bien
portants. | La malade a des frères et des sœurs qui sont en bonne santé. Antécédents personnels. — Elle n’eut aucune maladie pendant son
enfance. ” F,
Réglée à 14 ans, elle s’est mariée à 23 ans, et a eu 3 enfants qui on vécu tous les trois et sont bien portants.
Début des accidents actuels. — La maladie actuelle a commencé il y a un an, en février 1902, la malade était à ce moment enceinte depuis 35 ou 4 mois. Elle eut des sensations de fatigue, de faiblesse, puis d’énervement. Des maux de tête en casque apparurent et durèrent 2 ou 3 mois.
La grossesse se termina sans autre incident et l’accouchement eut lieu normalement.
Elle nourrit elle-même son enfant pendant un mois, puis elle reprit son métier pénible de femme de ménage, travaillant de 6 heures du matin à 4 heures du soir. Elle était obligée de se lever le matin à 5 heures et de se coucher à 10 ou 11 heures du soir. Son sommeil était dérangé par le retour de son mari, qui exerce la profession de garçon de café et ne rentre qu’à 2 heures du matin.
Un mois plus tard, la malade a une crise pendant son travail. Elle éprouve une douleur dans la région du cœur et tombe à terre sans toutefois perdre connaissance. Elle a la sensation d’étouffer et réclame de l’air; elle n’a de mouvements convulsifs ni du tronc ni des membres.
Elle eut deux autres crises semblables, le soir du même jour en sé couchant. |
Elle garda le lit pendant quelques jours, puis reprit son travail.
Depuis ce moment une douleur assez vive à persisté dans la région SOUSmammaire gauche.
La céphalée reparut plus forte, siégeant surtout sur le sommet de la tête. Le passage du peigne devint très douloureux, à tel point que la malade restait plusieurs jours sans oser se peigner.
Quinze jours plus tard, elle eut pour la première fois la sensation d’une boule située au creux de l’estomac, remontant à la gorge, l’étouffant et l’'empêchant de manger.
Elle continue cependant à faire ses ménages, cirant les parquets, travaillant beaucoup.
Au début de novembre 1902, elle eut 2 ou 3 crises semblables aux pré-
cédentes, mais moins fortes.
Les crises ne se sont pas reproduites depuis, mais elle a éprouvé très souvent des faiblesses subites, des demi-syncopes.
Depuis 3 mois elle a perdu l'appétit, elle ne se nourrit que de lait. Elle a de l’insomnie, de la faiblesse des jambes, des douleurs sur le trajet de la colonne vertébrale, en particulier au niveau des reins.
Tous ces phénomènes s’exagèrent au moment des règles.
La malade est admise Le 25 février 1903.
Examen. — Elle se plaint de céphalée, et des troubles que nous venons d’énumérer. Elle est triste, asthénique, préoccupée.
Les réflexes rotuliens sont un peu exagérés.
Les réflexes plantaires sont faibles.
La sensibilité plantaire est très diminuée.
Il n’y a pas de rétrécissement du champ visuel.
Le réflexe pharyngien est conservé. ‘
La sensibilité cutanée est à peu près normale.
Les urines sont normales.
La malade est soumise au traitement habituel.
Le 20 mars, les maux de tête ont presque complètement disparu, les digestions sont bonnes, l’appétit revient, la malade se nourrit de lait, de pain, de viande crue et de purées. Les forces reviennent, l’état de dépression si marqué à l'entrée, n'existe plus.
A la fin de mars, la guérison est complète, la malade est gaie, son
visage a perdu son aspect jaunâtre, il est coloré, les traits ne sont plus
tirés. La céphalée, l’hyperesthésie du cuir chevelu, les douleurs de reins
sont guéries ; l’appétit est bon, la malade prend l’alimentation ordinaire. Elle part très heureuse pour faire un séjour à la campagne.
Poids : 26 février: . . 43kgr »
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Il faut distinguer dans les troubles présentés par cette malade deux éléments. Des troubles neurasthéniques occasionnés par le surmenage consécutif à une grossesse et caractérisés par la
céphalée, la fatigue des jambes, les douleurs de reins, l’insom-
nie, l'asthénie. L'autre élément caractérisé par la sensation de boule, les sensations soudaines de faiblesse appartient à l’hystérie. Les deux éléments ont disparu par l'isolement et la psychothérapie.
Neurasthénie très grave datant de dix ans. — Gastropathie datant de la même époque. — Grande AROLQEAHATE
31 ans, entrée le 1er décembre 1902, sortie en juin 1903.
Amtécédents héréditaires. — Père 68 ans, est bien portant. Mère est morte à 65 ans d’inanition, vraisemblablement d’un cancer de l’estomac. La malade a une sœur âgée de 44 ans qui a été atteinte de neuras-
thénie grave pendant 9 ans.
Antécédents personnels. — La malade a eu des convulsions à l’âge -
de 6 mois, puis a été atteinte de coqueluche et de rougeole.
Elle fut réglée à 12 ans. Elle a été anémique pendant son adolescence et aurait eu une diarrhée persistante à 16 ans.
Début des accidents actuels. — À l'âge de 19 ans, elle soigne pendant plusieurs mois sa mère gravement malade, elle souffre moralement beaucoup, craignant de la perdre et se surmène physiquement.
Elle commence à cette époque à avoir des digestions pénibles et à vomir, elle a des régurgitations acides et son sommeil est troublé par des cauchemars.
Le médecin lui ordonne des vins médicamentaux et des pilules de fer.
À 21 ans, elle se marie, pendant la première année qui suit son mariage elle souffre seulement à de rares périodes de l’estomac, elle ne vomit plus mais elle a parfois des accès de tristesse sans cause.
A 22 ans, en mars 1894, les digestions deviennent plus pénibles: elle se sent très fatiguée, souffre dans les reins, dans les bras, dans les jambes et se plaint parfois de céphalée. Depuis cette époque elle a toujours eu des palpitations.
De nombreux médicaments lui sont ordonnés contre ces troubles.
En mai 1894, elle fait un séjour à la campagne sans être améliorée, elle pense toujours à sa maladie d’estomac, ne prend que du lait et reste continuellement triste.
Une bronchite grippale très s deux mois.
A la suite de cette grippe, elle a une asthénie extrême, traitée sans succès par la Kola, les vins fortifiants, les glycéro-phosphates, etc. Les digestions sont de plus en plus pénibles et la malade ne peut prendre qu'un litre de lait par jour. Elle éprouve une douleur transfixiante allant du creux épigastrique à la région dorsale, elle a eu des renvois acides, des matières fécales noires, mais jamais de vomissements sanglants.
En 1895, elle souffre un peu moins mais ne peut dépasser un litre de lait comme alimentation. |
Elle a des signes de métrite et subit un curetage.
Elle suit sans résultat le régime Kneïipp pendant 3 mois.
Un médecin consulté à Paris fait le diagnostic de gastropathie nerveuse, mais la malade est incrédule et n’éprouve aucune amélioration du traitement qu’il ordonne.
. En août 1895 elle devient enceinte; le nervosisme s’accentue pendant le début de sa grossesse, elle ne vomit pas mais elle a du ptyalisme.
Pendant le déntr mois de sa grossesse sa santé devient meilleure. Elle accouche normalement le 1er mai 1896 d’une fille qui a toujours été bien portante. Elle est trop maigre et trop faible pour pouvoir allaiter ellemême son enfant.
Pendant les jours qui suivent l’accouchement elle peut supporter l’alimentation carnée, mais est bientôt obligée de se remettre au régime lacté.
Elle a deux hémorragies importantes dans les semaines qui suivent son accouchement, puis une congestion pulmonaire.
Elle est incommodée ensuite par des sueurs abondantes qui sont arrêtées par l’atropine.
Ce n’est que trois mois après l’ accouchement que la malade peut se lever pour la première fois.
En août 1896, elle vient consulter à la Salpêtrière, refuse de rester dans cet hôpital et continue à mener chez elle une existence misérable, elle garde le lit et ne peut passer que deux heures par jour sur une chaise longue,
En juillet 1897, elle entre à la Salpêtrière et y fait un séjour de six mois. Elle pesait à son arrivée 35 kilogrammes, on l’oblige à s’alimenter et elle pesait à sa sortie 48 kilogrammes. Elle reste cependant très asthénique, se lève peu, est toujours triste et quitte l’hôpital convaincue que malgré une amélioration passagère elle a une affection incurable de l’estomac.
De retour chez elle, l'amélioration se maintient pendant deux mois, elle s’alimente un peu, mais l’asthénie et les douleurs d’estomac repa-
ér ï
use l’oblige à garder le lit pendant
raissent très marquées, elle maigrit et ne prend plus de nourriture solide. Son état est aussi grave qu'avant son entrée à la Salpêtrière, elle éprouve des étouffements, une sensation de constriction à la gorge, elle a de petits évanouissements, son poids n’est plus que de 35 kilogrammes, elle est tourmentée d'idées de suicide. |
En août 1899, elle revient dans le service de la clinique de la Salpêtrière, elle y reste 5 semaines, ne s’alimente pas et vomit quand on veut la forcer à s’alimenter.
Elle passe dans le service du Pr Dejerine où elle est isolée, son état est alarmant, elle est dans un état de cachexie prononcée. Peu à peuelle parvient à prendre 3 litres et demi de lait par jour, elle reste 8 mois en traitement : à son départ elle pèse 53 kilogrammes et peut marcher une demi-heure par jour, mais elle ne s’alimente qu'avec du lait.
En mai 1900, après un séjour à la campagne elle atteint le poids de 55ker, 500.
En octobre 1900, nouvelle rechute, augmentation des douleurs et des palpitations.
Elle fait deux autres séjours à la Salpêtrière 1901 et 1902, mais à ces époques M. Dejerine est absent, le service d'isolement est un peu désorganisé et la malade rentre chez elle sans avoir éprouvé d’amélioration sensible.
Elle est très démoralisée, pleure chaque jour et a des crises de désespoir, bien qu’elle s te un peu mieux qu'autrefois, son asthénie a fait des progrès, elle ne peut s’asseoir dans son lit.
Elle revient dans cet état le 1er décembre 1902 à la salle Pinel.
Examen. — Nous ne trouvons pas de stigmates d’hystérie. La malade est une neurasthénique, elle souffre beaucoup de l’estomac même en ne s’alimentant qu'avec du lait, elle est très asthénique, elle a des douleurs de reins, de la lassitude générale, elle est découragée et pense continuellement à sa maladie.
Les urines sont normales.
Elle est soumise au traitement habituel.
Le 25 décembre, la malade a fait peu de progrès, elle prend 3 litres de lait par jour et un ou deux œufs, mais elle souffre toujours et reste convaincue qu’elle a une affection incurable de l’estomac.
Nous la changeons de lit et faisons un isolement très sévère avec séances de psychothérapie matin et soir.
La longue durée de la maladie, les insuccès de nombreuses thérapeutiques antérieures rendent la psychothérapie particulièrement difficile. Nous arrivons cependant après bien des entretiens à persuader à la malade que son estomac est absolument sain. F*
Nous augmentons régulièrement la quantité de nourriture ; nous obligeons la malade malgré bien des résistances à travailler chaque jour dans son lit, en variant et prolongeant peu à peu ses travaux.
Le 15 janvier, elle arrive à prendre d'une façon continue 4 litres et demi . de lait par jour ; puis à la fin du mois 3 litres et demi de lait, 200 grammes de viande crue et deux œufs chaque jour.
A la fin de février, elle prend 3 litres de lait, un bifteck, 200 grammes de viande crue et un œuf. Elle lit et écrit matin et soir et fait du crochet dans son lit, nous surveillons ces travaux et lui traçons sa tâche chaque soir pour le lendemain.
En mars, elle ajoute à son régime de la purée de pomme de terre.
Au commencement de mars, nous l’obligeons à se lever et à faire pus jour des exercices de marche.
En avril, on DESQUUE des séances de massage des membres et de l'abdomen, la malade s’en montre assez satisfaite.
Nous quittons la Salpêtrière le 1er mai, la malade est encore asthénique, nous ne pouvons là considérer comme entièrement guérie, mais nous avons fait un grand pas: elle est convaincue que son estomac n’est pas malade. Jamais depuis 9 ans elle ne s’est aussi bien alimentée, jamais elle n’a été capable de faire autant d'exercices, en effet elle se lève 4 h. 45 dans la matinée et 3 h. 30 dans l'après-midi. Sur ce temps elle en passe un tiers environ à marcher.
Son poids dépasse également très notablement ( ce qu'il a jamais atteint DEA la durée de sa maladie.
Poids: 2 décembre. . . . . . 50kgr, 500 à, — CO EE Le EU o1 500 47 2e HER tes DC J2 »