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Dugois, Influence de l'esprit sur le corps. Masson

382 Does ISOLEMENT ET PSYCHOTHÉRAPIE

Dans l'intérêt de leurs enfants les parents doivent éviter

les causes de débilitation, les excès, les intoxications qui agissent facilement sur les centres nerveux, en particulier l’intoxi-

cation par lalcool, cause si fréquente d’accidents graves chez

les adultes et chez leurs enfants.

L'état physique et moral des parents au moment de la conception retentit sur le caractère, sur la santé de l'enfant qui

naîtra, on a noté plusieurs fois dans cet ordre d'idées que des

enfants conçus pendant que le père était ivre, naissaient idiots ou épileptiques.

L’hygiène de la femme enceinte sera particulièrement surveillée, les traumatismes, les fatigues, les émotions morales, lesintoxicationsde la mère, retentissent au moins indirectement sur le fœtus, parfois même directement. Récemment Nicloux”' a montré par des analyses chimiques précises, que l'alcool passait en nature de la mère au fœtus.

Nous ne parlons jusqu'à présent que de parents exempts de tares nerveuses, les règles de l'hygiène seront encore plus strictes quand l’un des deux sera un névropathe.

Le P' Dejerine insiste sur «la gravité croissante des névroses à travers les générations, à mesure que l’hérédité s’accumule,

du fait de mariages consanguins entre névropathes hérédi- (aires. »

L'influence héréditaire des maladies nerveuses est aujourd'hui universellement admise et on sait aussi que de toutes

les causes de nervosisme c’est la plus fréquente : « Plus cette imprégnation héréditaire sera grande, dit encore notre maître, plus facilement agiront toutes les causes banales telles que les chagrins, les fatigues, les veilles*... »

Mais laissons cette question de l’hérédité, pour nous attacher à l'hygiène des prédisposés aux névroses, en insistant sur l'hygiène de l'esprit que l’on pourrait appeler psychothérapie préventive.

Influence de léducation. — L'éducation de l'enfant, la manière dont il est élevé, jouentun rôle capital dans le développement des troubles nerveux. Les impressions de l'enfance

1. Niccoux. Recherches expérimentales sur l'élimination de l’alcool dans l’organisme. Détermination d’un alcoolisme congénital. Doin. Thèse, Paris, 1900. 2. DEJERINE. L’hérédilé dans les maladies du Système nerveux, Paris, 1886.

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persistent longtemps sinon toujours et Feuchtersleben a pu dire : « Ce sont toujours les images Les plus fortement gravées dans l’âme qui font la joie ou la douleur de la vie. »

L'éducation commence presque à la naissance, son rôle comme moyen de combattre l’hystérie est admis par tous les médecins”. « C'est par les moyens éducatifs, agissant sur le caractère de l'enfant que l’hystérie, qui est surtout une affection mentale, devra être combatiue en premier lieu ; on devra lutter dès les premiers symplômes de la maladie et même chercher à prévenir celle-ci chez les sujets prédisposés.

« On fortifiera le corps de l'enfant par une bonne hygiène, on s’efforcera de développer sa raison et son intelligence et on s’opposera à tout ce qui peut exalter prématurément sa sensibilité nerveuse. C’est dire que les exercices du corps, l'hydrothérapie, ete., devront ètre recommandés, que les lectures

.romanesques devront être proscrites et surtout qu'on évitera

avant tout de « gàter » l'enfant ou de céder à ses caprices. »

« Si les enfants ne sont pas habitués à se maîtriser, si l’on ne se refuse pas à accomplir leurs moindres désirs, si on leur permet de se livrer à un chagrin désespéré au sujet d’un jouet brisé, si l’on craint de recourir à la verge lorsque à la moindre déception ou au moindre refus ils s’abandonnent à des éclats immodérés de désespoir et de colère, qu’ils lrépignent du pied ou se roulent à terre, alors ils sont fort sujets à devenir hystériques par la suite. Car ce ne sont pas les conditions extérieures, mais la manière dont l'individu réagit

contre ces conditions qui entrainent l’hystérie. Que l’on habitue

les enfants à s'appliquer au travail, à être consciencieux, à se maîtriser, que l’on défende aux filles qui commencent à grandir, de faire pendant toute la journée de la tapisserie et de s'occuper d’autres objets qui leur permettent de s’abandonner à leurs pensées et à leurs rèveries, qu'on les préserve des mauvaises lectures qui exaltent leur imagination et l’on aura ainsi

pris les meilleures mesures pour écarter le danger de lhvs-

térie ?. »

- 4. Voir d’Espine et Picor, Manuel des maladies de l’enfance, p. 494. Cité.par QUEYRAT.

2, NIEMEYER, Éléments de pathol. int. el de thérap., trad. Cornil, t. If, p. 353. Cité par Queyrat. |

Les enfants prédisposés aux névroses vivront de préférence à la campagne, les exercices physiques tiendront une grande place dans leur existence, ils seront aguerris contre les émotions, les frayeurs, qui sont des causes si fréquentes d'accidents nerveux. rs

L'intelligence des parents et des éducateurs doit savoir discerner dans toutes les exigences sociales, dans nos coutumes, dans nos usages, ceux auxquels 1ls peuvent sans inconvénient soumettre les enfants et ceux auxquels ils doivent les soustraire. Les deuils prolongés, par exemple, peuvent avoir une longue répercussion sur le caractère des enfants. Il est bon d’atténuer la sévérité des deuils chez les enfants déjà enclins à la tristesse, 1l ne peut qu'être nuisible d'entretenir et d’augmenter leur chagrin par le cortège artificiel du deuil.

Les soins hygiéniques, les précautions prophylactiques redoubleront au moment de la puberté, époque si délicate chez les filles et aussi chez les garçons, et pendant laquelle apparaissent souvent les premiers signes de névrose. |

L'hygiène des enfants de nerveux se rapproche en quelque sorte de celle des enfants de tuberculeux, les soins ne leur éviteront pas toujours la maladie à laquelle ils sont héréditairement prédisposés, mais les résultats obtenus sont assez remarquables dans les deux cas pour mériter l'attention des médecins. |

Choix d’une carrière. — 11 faudra tenir compte dans une large part de la prédisposition au nervosisme, pour orienter la vie d’un enfant, pour lui conseiller une carrière.

S'il s’agit d'un garçon, on évitera de le diriger vers une profession qui exige des examens et des concours nombreux et difficiles, on lui épargnera les veilles prolongées, les inquiétudes, les angoisses des épreuves et Les échecs qui abattent toujours quelque peu les mieux trempés pour la lutte, et peuvent conduire les autres à la neurasthénie.

« Le travail cérébral exagéré, dit Dejerine', les chagrins, les soucis, les inquiétudes de toute espèce, la vie contraire au but que l’on se propose, telles en sont de beaucoup les causes

1. DEJERINE, L'hérédilé dans les maladies du syslème nerveux. Asselin, 1886, p. 168. | on

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