‹ Isolement et psychothérapieChapitre 150 sur 198 · SE WE · texte numérisé non relu

SE WE

De lg D ei

Lun, ARS VEPTT IS 40 + Cm a PORT ne lrbihe de A dr CAT he i" " r 4 * à a :

les plus fréquentes ; et parmi ces dernières on doit, Je le répète, incriminer avant tout les excès de travail intellectuel, le travail cérébral doublé d'inquiétude. »

S'il s’agit d’une fille nerveuse, on lui défendra formellement cette vie d'examens qui risque d'ébranler bien fortement son système nerveux pour un résultat souvent médiocre.

Nous avons eu à traiter à la Salpètrière plusieurs institutrices, les unes pour des accidents neurasthéniques très carac-

* térisés, les autres pour un mélange de symptômes appar-

tenant les uns à l'hystérie, les autres à la neurasthénie. Il nous semble indéniable que si les institutrices payent un lourd tribut aux névroses, il faut en accuser les années de travail exagéré, les émotions des concours, la surcharge intellectuelle. Mais ne devons-nous en rechercher les causes que dans ce surmenage intellectuel? Nous ne le croyons pas ; à côté du travail exagéré non récompensé par Le succès désiré, il y a aussi la déception qui suit le succès obtenu. Bien des jeunes filles font la triste expérience que les brevets n'apportent qu'une satisfaction passagère; l'existence d’institutrice est souvent loin d’être enviable, car le surmenage de l’enseignement fait assez souvent suite au surmenage de la préparation aux examens. Et puis il y a parfois en outre, les ennuis, les tracasseries des supérieurs, les rivalités de leurs égales. L'instruction a développé chez elles des désirs, des ambitions, des rêves, et elle ne leur à pas donné les moyens de les réaliser, ce sont ces déceptions que l'on trouve à l’origine de bien des cas de névrose chezles institutrices (Voir observation XX XHIL, p. 312).

Causes de nervosisme. — Lectures. — On écartera donc des candidats aux névroses les excitations fortes et prolongées ; leur travail, leur sommeil, leurs plaisirs mêmes seront réglés rigoureusement. Ils n’useront que fort peu des théâtres, des soirées, ils n’abuseront pas de la musique, surtout de celle qui donne des excitations intenses et détermine ensuite une dépression marquée. On ne saurait trop insister dans le même ordre d'idées sur l'influence des lectures: la plupart des jeunes gens à système nerveux hyperexcitable vivent réellement les livres qu’its lisent, ils en abusent, se passionnent et ces lectures sont pour eux une source d’épuisement. Les livres immoraux ont été considérés, et à Juste titre, comme

CAMUS ET PAGNIEZ. 25

des dangers sociaux; la littérature des poètes déprimants, des pseudo-philosophes pessimistes, et de ces romanciers, véritables semeurs de névroses, qui. font l'apologie du désespoir et du suicide, n’est pas moms néfaste.

L'écrivain qui dans un moment de spleen ou simplement dans la recherche d’un effet, d’un succès littéraire, se complait dans des raffinements de psychologie morbide, oublie que les émotions à peine soulevées dans son esprit blasé par

le métier, seront centuplées chez d’autres, exciteront des sys- :

tèmes nerveux jusqu à la souffrance et qu'il n’est pas indifférent d'ébranler ainsi des organismes déjà malades. Les causes d’accablement, d'émotions pénibles sont assez nombreuses

dans l’existence de chaque jour; il ne peut qu'être nuisible à

bien des gens d’en chercher de fictives dans les livres.

De plus l'effet de cette littérature de doute, de scepticisme, de pessimisme, est désastreux chez les neurasthéniques. qui par leur maladie sont déjà voués aux incertitudes, aux hésitations et chez lesquels les motifs d'action manquent de force.

Les prédisposés aux névroses doivênt done savoir choisir leurs lectures ; ils doivent savoir aussi dans le même ordre d'idées surveiller leurs pensées, ne pas s’abandonner au cours de toutes leurs représentations mentales, beaucoup d’entre elles souvent répétées peuvent avoir une action mauvaise.

Cette hygiène cérébrale même chez les sujets normaux n’est

jas moins importante que l'hygiène des autres fonctions. — P ;

Metchnikoff ! voit la source de nos maux dans la « désharmonie » de nos organes, or nous n'avons que bien peu d’action sur la constitution de ces derniers et nous n’entrevoyons guère comment nous pourrons agir dans l'avenir sur leur morphologie, tandis que l'expérience nous apprend que nous pouvons beaucoup sur nos désharmonies morales qui ne sont pas les moindres causes de nos maux. |

Mariage. — Une question qui à juste titre a été très discutée, c'est le mariage des gens nerveux; les auteurs anciens considéraient le mariage comme un bon remède dans l’hystérie ; l'opinion depuis Briquet a changé sur ce point, le

4. Mercanixkorr, Essais de philosophie oplimiste. Masson, 1903.

mariage est aujourd’hui rarement conseillé dans les névroses ; un point sur lequel tous les neuropathologistes sont d'accord, c'est que le mariage entre deux jeunes gens atteints l’un et l’autre de manifestations nerveuses est contre-indiqué; un autre point sur lequel on discute peu c’est que le mariage est impossible quand l’un des jeunes gens (surtout s’il s’agit de l’homme) est atteint de troubles graves.

Il est important que ces questions relatives à la santé soient discutées longtemps à l’avanec par le médecin de la famille ; il arrive que ce sont les dernières dont on parle, elles peuvent ôtre alors une cause de rupture et nous avons eu plusieurs exemples d'accidents nerveux graves survenus à la suite de ces « mariages manqués » pour raisons de santé.

Les formes légères d’hystérie et de neurasthénie peuvent être influencées favorablement par le mariage, il procure parfois une vie plus calme, plus exempte d'inquiétude, plus heureuse ; il crée des obligations, des affections nouvelles, et comme l’a dit Briquet, « le vrai remède à l’hystérie, c’est le bonheur ». |

Malheureusement on peut dire du mariage exactement l’inverse, et il n’est pas rare d'observer des accidents nerveux graves survenus à la suite d’une mauvaise union. Bien des jeunes femmes dont la santé pour le présent et pour l'avenir se trouve compromise, ne peuvent en accuser qu’un mari brutal ou indélicat.

Souvent aussi la neurasthénie apparaît chez l’homme qui au lieu de trouver dans son ménage le repos et le réconfort dus à son travail n’y rencontre que des préoccupations multiples. À Direction de la vie. — Philosoplies. — Traditions. — Reliqions. — Force des idées. — La vie des prédisposés aux névroses sera simplifiée, elle sera réglée à l’avance et les inquiétudes en seront le plus possible écartées.

Une manière de simplifier la vie c’est d'adopter une règle fixe, des principes directeurs bien précis, capables de répondre aux principales circonstances. L'homme s’évite ainsi bien des doutes, bien des hésitations, sources de fatigue cérébrale. Ces

Page 1