‹ Isolement et psychothérapieChapitre 15 sur 198 · Id., p · texte numérisé non relu

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esprils impurs du corps des malades par des conjurations. Cette méthode est encore celle que l’on suit de nos jours” ».

« Vespasien, prince nouveau et en quelque sorte improvisé, manquait encore, dit Suétone, de ce majestueux prestige qui appartient au souverain pouvoir: il ne se fit pas attendre. Deux hommes du peuple, l’un aveugle, l’autre boiteux, se présentèrent devant son tribunal, le priant de les guérir sur l'assurance que Sérapis leur avait donnée pendant leur sommeil que l’un recouvrerait la vue si l'empereur voulait imprégner ses yeux de salive et que l’autre se tiendrait ferme sur ses jambes s’il daignait le toucher du pied. Vespasien n'augurant aucun succès d'une telle cure n'osait pas même l'essayer. Ses amis l’encouragèrent. Il fit donc l’une et l’autre expérience devant le peuple assemblé et réussit”. » C'est le médecin malgné lui et débutant, comme il convient, dans la pratique de son art par des miracles. [l n'y manque que les coups de bâton. Hadrien guérit aussi un aveugle de naissance en Pannonie par la vertu de son contact. *

Pyrrhus, roi des Épirotes, au rapport de Plutarque et de Pline, guérissait les affections de rate en pressant doucement

le flanc gauche de son pied droit*. .

Au xr° siècle les rois d'Angleterre et de France prétendirent jouir du pouvoir miraculeux de guérir le goitre et les écrouelles par le simple attouchement. Édouard le Confesseur dont tous les historiens vantent la piété exerça le premier cet art nouveau. Bientôt les souverains de France s’arrogèrent le même pouvoir et Philippe [°' se rendit déjà célèbre par sa grande habileté à guérir les goitres”*.

Eu dehors des rois, le pouvoir curateur a été réclamé de tous temps par des hommes qui, ou bien se considéraient comme saints, ou se croyaient en possession de connaissances rares et mystérieuses quand ils n'étaient pas beaucoup plus simplement des imposteurs® et dont la liste commence

1. Josepx, Antiq. jud., lib. VIII, c. 2, p. 419, cité par SPRENGEL.

2. SUÉTONE, Les douze Césars. Vespasien, VIT, trad. La Harpe. Garnier, éd. 1893, p. 416. |

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