BouvEeRET, De la neurasthénie
5. Deserine. Le traitement des psycho-névroses, etc., loco cilato, 15 décembre 4902. Revue neurologique. Voir aussi Thèse de ManTo, loc. ci. Paris, 1899.
avantages multiples. Ces avantages existent pour la famille de la malade en supprimant la contagion indiscutable de la névrose, pour ses sœurs si elle est jeune fille, pour ses enfants si elle est mère. Dans bien des familles la présence d’une hystérique est non seulement un danger par la contagion de l'exemple, mais un véritable fléau qui pendant des mois et des années, paralyse ou absorbe toute l’activité des siens.
« Il n’est rien de plus curieux et à la fois de plus triste et de plus digne de pitié, que cette association entre la malade et son égoisme d'un côté et la personne bien portante et son dévouement exagéré de l’autre... La patiente souffre de la colonne vertébrale, on la presse de se reposer. Elle ne peut pas lire, celle qui s’est constituée sa garde-malade lui fait la lecture. La lumière lui fait mal aux yeux, sa mère s’enferme avec elle toute la journée dans une chambre obscure. On craint un courant d’air, immédiatement portes et fenêtres sont fermées"! »
Dans les milieux aisés la situation peut être plus ou moins supportable; dans des ménages d'ouvriers un cas semblable amène rapidement la gène et même la misère, nous en avons vu de nombreux exemples.
Weir Mitchell?, dans un style imagé, considère ces malades comme des « vampires ». «Il est nécessaire de rompre les vieilles habitudes et d’éloigner les patientes de ceux qui se sont faits les esclaves volontaires de leurs caprices. »
Et cependant la famille est le plus souvent hostile à l’isolement que propose le médecin, les résistances des parents sont souvent aussi difficiles, si ce n’est davantage, à vaincre que
celles des malades. Ils se sont persuadés que la satisfaction de
tous les caprices de leurs enfants est réellement indispensable à leur santé, et que nulle part ils ne trouveront les soins multiples et délicats qu’exige leur maladie.
En dehors de tous les autres arguments que peut faire valoir le médecin pour faire accepter l'isolement, il est une raison qui décide assez souvent les parents, c’est la crainte de la contagion. Plusieurs fois, nous l'avons noté, la famille s'est